La prévention des risques des chauffeurs de poids lourds

Les chauffeurs de camions poids lourds (ou camionneurs) sont exposés à de nombreux risques professionnels lors du transport routier de marchandises : accidents de la route, ceux liés à la manutention lors du chargement et déchargement du véhicule, du bâchage et débâchage, ou à la chute à la descente de la cabine, troubles dorsolombaires dus aux vibrations et à la station assise prolongée, affections psychosomatiques liées au stress des contraintes de temps, de sécurité et de possibilité de vols, impact des inhalations d’hydrocarbures…

La prévention des risques des chauffeurs de poids lourds

Les chauffeurs de camions poids lourds (ou camionneurs) sont exposés à de nombreux risques professionnels lors du transport routier de marchandises : accidents de la route, ceux liés à la manutention lors du chargement et déchargement du véhicule, du bâchage et débâchage, ou à la chute à la descente de la cabine, troubles dorsolombaires dus aux vibrations et à la station assise prolongée, affections psychosomatiques liées au stress des contraintes de temps, de sécurité et de possibilité de vols, impact des inhalations d’hydrocarbures…
Le transport de marchandises dangereuses par route (TMD) est le mode de transport le plus exposé aux graves accidents, avec des conséquences dangereuses suite au déversement, à l’explosion, à l’incendie ou à un nuage toxique, qui peuvent entraîner des dommages humains au chauffeur et au public (traumatismes liés au blast, brûlures, asphyxie), et des dégâts matériels aux infrastructures et à l’environnement (pollution du sol et / ou des eaux). Les conditions de travail (horaires décalés, nocturnes, éloignement du domicile…) aggravent les facteurs de risque inhérents à la conduite avec une mauvaise hygiène de vie, notamment alimentaire, qui favorise l’apparition de certaines maladies (obésité, diabète, hypertension…), avec des risques cardiovasculaires majorés.
L’entretien régulier des camions, le choix de véhicules avec tous les équipements de sécurité et un poste de conduite ergonomique , une bonne organisation des rythmes de travail et planification des transports, le respect des protocoles de sécurité, une formation des conducteurs à la position de conduite et aux bons gestes et postures de manutention, des examens médicaux périodiques de dépistage des troubles fréquents, l’attention portée sur l’alimentation, la consommation d'alcool, de psychotropes, sont des mesures de prévention des nombreux facteurs socioprofessionnels incriminés dans l’apparition des accidents du travail et maladies professionnelles des conducteurs de poids lourds.

Les principaux risques professionnels des chauffeurs de poids lourds

Le transport routier de marchandises comporte un immense parc de véhicules poids lourds, avec des risques lors de leur circulation et des dangers à chaque rupture de charge lors des livraisons de marchandises. Les accidents de travail des camionneurs ont lieu assez souvent lors des opérations de chargement et de déchargement, quand le camion est à l’arrêt.
Il y a plusieurs types de situation professionnelle : salarié d’une entreprise privée, ou artisan/gérant d'une entreprise individuelle.
Le véhicule poids lourd est un camion de PTAC supérieur à 3,5 tonnes destiné au transport de marchandises, sous forme solide ou liquide (camions citernes) : il peut s’agir d’un véhicule isolé ou avec remorque pouvant aller jusqu'à 44 tonnes pour un convoi exceptionnel, équipé ou non de dispositifs intégrés de déchargement (bras télescopique, hayon hydraulique…).
Le transport peut concerner de nombreux produits dangereux (TMD), pétroliers, chimiques …, qui sont inflammables, toxiques, explosifs, corrosifs (par exemple : essence, propane, soude, nitrate d'ammonium...) ou radioactifs.
Le transport peut s’effectuer sur de courtes distances (chauffeur-livreur régional) ou longues distances (transport national ou international).
Le métier de chauffeur de poids lourd a des ambiances de travail contraignantes :
- contraintes de la circulation routière,
- contraintes de longue position assise,
- contraintes de port de charges,
- contraintes de relation avec la clientèle, liées à la qualité de service,
- contraintes d’horaires de travail atypiques,
- contraintes de charge mentale, liée au respect des délais, à la responsabilité de la sécurité du transport des marchandises,
- contraintes de déplacement, d’éloignement du domicile et d’isolement.
Ces contraintes génèrent des risques physiques et psychologiques : le métier de conducteur de poids lourd à un haut niveau d’exigence posturale et de stress avec des pathologies conséquentes, dont des maladies qui touchent particulièrement cette profession : troubles musculo-squelettiques, cardio-vasculaires, gastro-intestinaux.
  • Les risques physiques des chauffeurs de poids lourds
    Les affections de l'appareil locomoteur (troubles musculo-squelettiques), les maladies cardiovasculaires (infarctus…), les affections digestives (gastrites …) sont fréquentes chez les conducteurs de poids lourds et peuvent mener pour certaines d’entre elles à une inaptitude professionnelle. Les chutes de plain-pied ou de hauteur, les accidents de la route et aux quais de transbordement sont à l’origine de nombreux traumatismes.
    - Les affections de l’appareil locomoteur
    Les dorsalgies, cervicalgies, cruralgies, sciatiques par hernie discale et les douleurs articulaires aux épaules, genoux et chevilles, l’engourdissement des jambes, sont liées à la station assise prolongée, aux vibrations produites par le véhicule tout au long de la durée de conduite. La posture statique et les mauvais réglages du siège ou du positionnement des commandes, du volant ou des pédales, l'insuffisance de suspension du siège ou du véhicule lui-même, l'état du revêtement routier, les ralentisseurs, sont néfastes principalement pour le rachis. Les risques de troubles vertébraux par les vibrations, entrainant des trépidations et des secousses ressenties dans la cabine, sont provoqués par les forces compressives et de cisaillement répétées principalement aux jonctions dorsolombaires et lombo-sacrées, et ce risque est majoré chez les camionneurs qui restent assis pendant longtemps sur leur siège.
    Il faut y ajouter les efforts de manipulation manuelle lors des opérations de chargement et de déchargement (élingage et arrimage des charges…).
    - Les chutes
    Elles concernent les accidents de plain-pied, de hauteur ou les chutes de colis ou d’objets non fixés. Les chutes à la descente de la cabine du camion sont fréquentes du fait de l'engourdissement des membres inférieurs et/ou de la glissance du marchepied ou de la chaussée ; de même chute de hauteur depuis l’échelle d’accès sur citernes, sur bennes ou sur équipements spécifiques.
    Les lésions sont le plus souvent cutanées et/ou ostéoarticulaires : la foulure, l'entorse, les contusions, plaies cutanées et hémorragies, la fracture des membres inférieurs ou supérieurs sont les lésions les plus courantes.
    Des calages et arrimages des colis mal assurés ou défectueux, une charge mal répartie et mal équilibrée, des objets non fixés, entrainent une chute ou une projection en cas de freinage brusque, et des traumatismes lors du basculement de la charge manutentionnée, comme l’écrasement des membres, les coincements des pieds et des mains, des contusions et hématomes, …
    - Les accidents de la route
    Les causes sont diverses : mauvais état du véhicule, faute de conduite du conducteur ou d'un tiers, mauvais état des routes, météo défavorable (pluie, neige, verglas, vent, brouillard...).
    L’activité de conduite d’un poids lourd est intrinsèquement dangereuse, du fait des énergies cinétiques élevées mises en œuvre (fonction de la masse et de la vitesse au carré), générant potentiellement des accidents plus graves qu’avec un véhicule léger.
    L’accident de la route d’un camion, avec ses conséquences de blessures sérieuses voire de décès, a des origines multifactorielles :
    • Environnement (connaissance et état des itinéraires, travaux, météo,..)
    • Véhicules (adaptés, aménagés, équipés, entretenus, ...)
    • Organisation (horaire, préparation de la tournée, ...)
    • Conducteur (respect des règles, fatigue, vigilance, capacités à la conduite, résistance à la sollicitation visuelle permanente ...).
    Les facteurs qui altèrent la vigilance, en entraînant une diminution des capacités de perception et d’analyse, une augmentation de la somnolence diurne, ceux qui diminuent les capacités de concentration, d’attention sont parmi les plus déterminants.
    Les exigences d’efficacité et de ponctualité peuvent interférer avec les contraintes de la circulation routière (embouteillages, Code de la Route..) et générer des situations stressantes causant des accidents.
    - Les risques aux quais de transbordement
    Les quais de transbordement sont des lieux de travail dangereux, et beaucoup d’accidents survenus aux chauffeurs y trouvent leur origine dans de multiples situations : par exemple :
    • Lors des manœuvres de mise à quai du camion en marche arrière, les chauffeurs mettent en péril le personnel qui évolue à pieds autour de l’engin, dont les autres chauffeurs descendus de leur cabine et se trouvant dans le même espace de travail.
    • Des chutes de plain-pied peuvent se produire sur le quai (quais glissants du fait des traces d’hydrocarbures ou déchets végétaux etc.) ou lorsqu'un chauffeur décide de sauter du quai ou de sa cabine.
    • Des accidents de circulation entre chauffeurs à pied et chariots de manutention : le trafic de chariots est souvent intense au quai de chargement. Un quai mal conçu, des vitesses excessives dues à la précipitation, des palettes stockées au mauvais endroit peuvent restreindre la visibilité et entraîner des heurts.
    • L'effondrement des béquilles, le basculement de la remorque sont également des dangers pour la sécurité des camionneurs à proximité.
    • etc…

    - Les risques des aides à la manutention et des accessoires de levage
    Si l’utilisation d’aides mécaniques à la manutention et d'accessoires de levage pour les opérations de chargement ou de déchargement (transpalette, grue de levage, hayon hydraulique, …) diminuent l’intensité des efforts physiques et facilitent et accélèrent grandement les manutentions en réduisant les activités pénibles, ces opérations ne sont toutefois pas sans risques : les risques de blessures dues à un effort excessif subsistent, et le fait de tirer, de pousser et de manipuler un chariot, une transpalette, une grue… présente certains dangers, tels que : les doigts et les mains qui peuvent être coincés ; les orteils qui peuvent être écrasés ; les pieds ou les jambes qui peuvent être heurtés par la chute de la charge mal positionnée ; la mise en tension de l’élingue qui peut entrainer le coincement ou la lacération des mains et des bras …,
    - Les maladies cardio-vasculaires
    Les facteurs de risque cardio-vasculaire sont importants chez les camionneurs : certains sont liés à la sédentarité du poste de travail entrainant souvent un surpoids, d’autres sont liés au stress généré par les conditions de circulation et de sécurité, d’autres au rythme de travail (horaires variables, travail de nuit..) générant une perturbation de l’alimentation.
    L’hypertension, l’hyperglycémie, l’hyperlipidémie ont une forte prévalence chez les camionneurs, avec leurs effets sur la plus grande probabilité d’apparitions notamment d’infarctus.
    - Les maladies gastro-intestinales
    De nombreux troubles digestifs sont causés par les conditions de travail des camionneurs : gastrites, colopathies, dyspepsie, ulcères. La mauvaise hygiène alimentaire crée par les déplacements et par des heures de repas perturbées par des horaires décalés en sont souvent la cause.

  • Les risques psychologiques des chauffeurs de poids lourds
    - Les rythmes de vie imposés par le travail du conducteur de poids lourd, le travail de nuit, les longs déplacements hors domicile, la forte amplitude des horaires de travail, génèrent une perturbation de la vie sociale et familiale. L’isolement psychique ressenti par le camionneur pendant les grands voyages est soumis à une variabilité personnelle importante : l’éloignement peut ainsi entrainer des comportements risqués, non prohibés ou tempérés par le groupe de travail ou la proximité familiale : vitesse excessive, excès alimentaires, consommation d’alcool et de psychotropes, comportements individuels inappropriés…
    La violence liée au vol de marchandises lors de l'arrêt des camions sur les parkings, aux passagers clandestins, constitue aussi un risque croissant. - Le bruit de la circulation urbaine représente souvent une gêne pour le bien-être au travail et de plus, compromet la sécurité du camionneur, car les effets extra-auditifs concernent en particulier le psychisme (concentration, nervosité, agressivité, etc.).
    - Toutes les contraintes cumulées de la profession, de circulation routière, de rythme de travail, de violence externe peuvent mener à un état de stress permanent : les troubles engendrés peuvent conduire à des symptômes d’anxiété, des symptômes dépressifs pouvant mener à une dépendance vis à vis de l’alcool ou de tranquillisants, des troubles névrotiques (phobie de la conduite…), des troubles du sommeil.

  • Les risques chimiques des chauffeurs de poids lourds
    Les camionneurs, notamment ceux qui travaillent en zone urbaine ou en galerie souterraine (tunnels…), sont exposés aux fumées d’échappement et autres polluants, avec des risques de toxicité d'autant plus significatifs que la durée d'exposition est longue et répétée.
    La livraison de carburants, le remplissage des réservoirs ou des citernes exposent aux émanations de vapeurs d’essence ou de gasoil aux stations-services et aux dépôts, notamment aux vapeurs toxiques de benzène.
    Les citernistes sont particulièrement concernés par une exposition respiratoire et cutanée quotidienne (éclaboussures, souillures des vêtements…), moins lorsqu’il s’agit d’un chargement des camions- citernes par branchement de flexibles hermétiques que lorsqu’il s’agit d’un chargement en dôme, c'est-à-dire par le dessus.
    Les gaz d'échappement des moteurs diesel et essence, la pollution atmosphérique urbaine (monoxyde de carbone CO, oxydes d’azote NO et NO2, benzopyrène, …), sont responsables, par inhalation, d’irritations des yeux et de la gorge, de maux de tête, d’atteintes des voies respiratoires et d’allergies (rhinites, asthme).
    Les hydrocarbures aromatiques polycycliques HAP, dont le benzène et le benzopyrène, qui sont le résultat de la combustion incomplète des carburants, sont des composés cancérigènes : bien que le taux d'exposition aux gaz d'échappement des camionneurs soit inférieur aux normes des valeurs limites d'exposition professionnelle, des risques de cancer du poumon induits ne sont pas à exclure pour des expositions constantes, surtout en cas de tabagisme associé.
    Par ailleurs, les accidents de transports d’hydrocarbures liquides ou gazeux, de produits chimiques dangereux peuvent survenir et il y a une grande diversité des sources du risque (défaillance du mode de transport, du confinement, erreur humaine ...). Le transport de marchandises dangereuses (TMD) par route est un mode de transport très exposé aux accidents graves, notamment dus au renversement du véhicule : les fuites et les déversements de produits à risques tels les matières toxiques, corrosives, inflammables, radioactives qui en résultent sont particulièrement dangereuses pour le conducteur, le public et l’environnement : intoxication ou asphyxie par inhalation, brulures cutanées par projection ou contact, explosion et incendie, pollution des eaux et des sols.
    Le roulage des camions transportant des matières pulvérulentes issues des carrières, des cimenteries, des travaux souterrains…sont sources d’émissions de poussières de particules minérales solides en suspension dans l’air, et, par temps sec, ensoleillé et/ou venté, ce phénomène est accentué. La chute des matériaux depuis l’engin de chargement pour l’expédition dans le camion est aussi une source d’envol de poussières d’autant plus que les matériaux manipulés sont alors fins et secs.
    Lorsque des particules de poussière irritantes se logent dans le nez, elles peuvent causer une rhinite allergique ou une inflammation de la muqueuse nasale.
    Certaines particules très fines réussissent à traverser la cavité nasale et à s'attaquer à la trachée et aux poumons, ou elles engendrent une inflammation des muqueuses de la trachée (trachéite) ou des bronches (bronchite), mais surtout parviennent à atteindre les alvéoles pulmonaires, et s’y accumuler et l'inhalation répétée et excessive de poussière peut causer une pneumopathie.
    Enfin, le nettoyage avec des jets à haute pression du véhicule entraine des risques cutanés et de projection oculaire avec les produits décapants et nettoyants.

Les mesures de prévention des risques des chauffeurs de poids lourds

Pour diminuer les risques professionnels des chauffeurs de poids lourds, il faut prendre une série de mesures préventives, ayant trait à la prévention organisationnelle (préparation des trajets, temps de pause…), technique (entretien du véhicule, aides à la manutention) et psychologique (hygiène de vie, comportement sur la route…), ainsi qu’à prévention individuelle (équipements de protection) et à la formation et à la surveillance médicale. Compte tenu de la fréquence et de la gravité des dangers du métier de camionneur, il convient d’évaluer tous leurs risques professionnels dans l’entreprise et de rédiger obligatoirement le Document Unique de Sécurité en appréciant à la fois l’environnement matériel et technique (véhicules, organisation…) et l’efficacité des moyens de prévention existants et de leur utilisation.
La retranscription de cet état des lieux dans le Document Unique doit conduire à l’élaboration d’un plan de prévention pour mieux prévenir les risques identifiés, y compris pour les aspects psychologiques qui existent dans ce métier et sont parfois négligés, de manière aussi à ce que les salariés puissent être informés.
  • La prévention des risques routiers
    Prévenir le risque routier, c’est prendre en compte la formation des conducteurs, l’organisation des déplacements, et l’état des véhicules. Le conducteur doit être titulaire d’un permis Poids Lourd C ou E et avoir un diplôme professionnel ou avoir suivi une formation initiale minimum obligatoire (FIMO) avec une carte de qualification et/ou avoir une attestation de formation continue obligatoire de sécurité (FCOS) de moins de 5 ans. De plus, pour les TMD, il est nécessaire de disposer d’un certificat de formation au transport matières dangereuses ADR. Cette formation de base s'adresse aux conducteurs n'ayant jamais reçu une formation spécifique aux transports de marchandises dangereuses. Elle peut être complétée par des formations de spécialisation selon les besoins de l'entreprise. Mais l’obtention préalable de la formation de base est indispensable pour permettre l’acquisition d’une spécialisation : citernes, citernes gaz, produits pétroliers, GPL...
    Le conducteur doit avoir les aptitudes physiques requises pour la conduite des camions poids lourds et respecter une hygiène de vie compatible avec la conduite, notamment ne pas prendre de produits altérant la vigilance, alcool ou psychotropes, avec rappel fréquent des exigences et des sanctions du Code de la Route.
    Le risque routier doit être évalué, en prenant en compte de nombreux facteurs de risque dont certains sont soumis aux multiples aléas de la conduite (évènements météorologiques, travaux, embouteillages, panne mécanique, déviation, …)
    C’est ainsi qu’il faut préparer au mieux les voyages :
    - Gérer et planifier les déplacements par la préparation de l’itinéraire en incluant des temps de pause, la prise en compte de la fatigue lors de la conduite de nuit ;
    - Anticiper les éventuelles difficultés de circulation et établir une procédure de gestion en cas de retards ou d’imprévus ;
    - Prendre en compte l’état des routes et les conditions météorologiques ;
    - Respecter les temps de conduite et de repos ;
    - Interdire l'utilisation du téléphone au volant.
    Le temps de travail des chauffeurs poids lourds est soumis à une réglementation et est obligatoirement enregistré par un chronotachygraphe. Enfin, il convient d’équiper les véhicules de tous les équipements de sécurité (ceintures de sécurité et airbags, écran/paroi entre le conducteur et la charge transportée, système antipatinage et antiblocage de roues, assistance au freinage d'urgence, dispositifs de sécurisation du chargement, équipement de visualisation supprimant les angles morts, limiteurs et régulateurs de vitesse, indicateur de gabarit, témoin de surcharge du véhicule etc.) et des systèmes d’assistance à la conduite et réaliser l'entretien du véhicule régulièrement (mécanique, pneumatique, électronique de bord).
    Suivant leur poids les véhicules doivent aussi être équipés d’un dispositif ralentisseur (freinage d’endurance).

  • Les mesures préventives organisationnelles
    - La planification préalable du voyage
    La bonne préparation et organisation du voyage sont des gages de sécurité des opérations ultérieures.
    La première des mesures de prévention passe par une réflexion en amont : itinéraires à suivre, possibilités de stationnement du camion au départ et à l’arrivée en fonction du gabarit du véhicule et des contraintes de l’aménagement urbain, repérage des accès, types de véhicule, de moyens de manutention, temps de voyage et durée des opérations…
    Le chargement doit prévoir un ordre de groupage des lots qui tient compte du circuit des livraisons.
    Des solutions télématiques de gestion pour le transport par poids lourds existent, avec des technologies de navigation permettant de voyager sur des itinéraires adaptés aux poids lourds, tenant compte des restrictions de poids et de taille des véhicules, et de celles liées au transport de matières dangereuses, avec calcul de l’heure estimée d'arrivée, une géolocalisation …
    - Le protocole de sécurité
    Les relations, non formalisées, entre chauffeur-livreur et entreprise destinataire sont souvent source de dysfonctionnements et beaucoup d’accidents surviennent véhicule à l’arrêt, au siège de l’entreprise d’accueil, au cours d’opérations de chargement et de déchargement.
    L’arrêté du 26/04/96 prévoit l’élaboration d’un document écrit appelé « Protocole de sécurité », obligatoire dès qu’une entreprise de transport fait pénétrer un véhicule dans une entreprise d’accueil (quelle que soit sa taille) en vue d’une opération de chargement ou de déchargement, quels que soient le type de marchandises, le tonnage et la nature de l’intervention du transporteur.
    Le protocole de sécurité comprend toutes les indications et informations utiles à l’évaluation des risques générés par l’opération et les mesures de prévention et de sécurité qui sont mises en place et qui doivent être observées. Il doit être tenu à la disposition des membres du CHSCT. Il comporte des informations sur :
    - l’entreprise d’accueil (modalités d’accès, de stationnement, mode opératoire, engins utilisés, moyen de secours...),
    - le transporteur (nature de la marchandise, engins utilisés, règles de transport...). Il est donc à adapter à chaque situation.
    En application des principes généraux de prévention, ce document est mis à disposition des chauffeurs bien évidemment mais également de l’inspecteur du travail. L’absence d’un tel document en cas d’accident ou non est passible de sanctions pénales.
    - Le conseiller à la sécurité
    Toute entreprise dont l’activité comporte le transport de matières dangereuses par route doit nommer un conseiller à la sécurité qui doit recevoir une formation appropriée, suivre de stages de formation sanctionnés par un examen agréé. Il doit être titulaire d’un certificat de qualification professionnelle valable pour le transport par route, obtenu après réussite d’un examen écrit, valable 5 ans.
    Le conseiller a pour mission de promouvoir dans l’entreprise toute action de nature à faciliter l’exécution des déplacements de marchandises dangereuses et à aider la prévention des risques pour les personnes, les biens ou l’environnement.
    - Les documents et l’identification du transport de matières dangereuses
    Des documents sont obligatoires et exigibles en cas de contrôle, pour assurer un transport de matières dangereuses. Il s'agit entre autres du bordereau de suivi de la matière indiquant la quantité transportée, d'où vient le chargement et où il va, ainsi que les coordonnées du destinataire et de l'affréteur, ou encore de la fiche de consignes d'urgence.
    Par ailleurs, la réglementation impose que chaque chargement soit clairement identifié par des plaques orange réfléchissantes affichant :
    • le Code Danger : il permet de connaître les caractéristiques détaillées de la matière. Pour les hydrocarbures, la classe 1 désigne les « Matières et objets explosibles », la classe 2 les « Gaz comprimés, liquéfiés ou dissous sous pression », la classe 3 les « Matières liquides inflammables ».
    • le Code Matière, permettant de désigner les caractéristiques physiques de la matière transportée, numéro à 4 chiffres. Il permet aux services d’incendie et de secours de connaitre précisément le produit en cause.
    • le Pictogramme représentant le danger principal présenté par la matière : des panneaux de couleur orange, disposés à l'avant et à l'arrière du véhicule, avec le numéro du haut qui est le code de danger, et le numéro du bas est le code matière.

  • Les mesures préventives techniques

    - L’utilisation des aides techniques adaptées à la manutention ou de systèmes de bâchage/débâchage rapide permet de réduire les activités pénibles de manutention manuelle, mais il faut toujours veiller à ce que les équipements utilisés soient conformes aux normes en vigueur, contrôlés périodiquement, adaptés à la charge qu’ils doivent soulever, aux sols, aux dénivelés.
    - Un poste de conduite ergonomique
    Fournir aux chauffeurs de poids lourds un siège anti vibratile avec une suspension oléopneumatique, une grande gamme d'ajustements possibles permet l'adoption de postures au volant qui réduisent les contraintes subies par l'appareil locomoteur.
    Le choix des véhicules à poste de conduite le plus ergonomique s’impose donc, mais cela n’est pas suffisant pour limiter les troubles musculo-squelettiques si une formation et une sensibilisation particulières à la bonne position de conduite (position du siège, du volant, des pieds et des mains) et à la manipulation des réglages (siège, commandes, volant, rétroviseurs…) ne sont pas faites.
    - Une bonne accessibilité de la cabine avec un marchepied antidérapant, une main courante, une poignée permet de prévenir les chutes. - Des équipements pour le nettoyage d'une fuite ou d'un déversement accidentel
    Il existe des kits d’intervention rapide qui doivent être remis au conducteur avec des consignes écrites concernant les mesures à prendre pour faire face à des fuites ou déversements.
    Ces kits contiennent des absorbants utilisables sur revêtements routiers (pour huiles, hydrocarbures, produits aqueux ...), des tapis et boudins absorbeurs, lunettes et de gants de protection, pelle, sacs pour déchets.
    - Des équipements de sécurité
    Le camion doit être équipé d’un extincteur, d’une trousse de secours, d’un gilet rétro réfléchissant de haute visibilité et d’un triangle de signalisation, de cales.
    Il y a des prescriptions techniques de sécurité spécialisées obligatoires pour les camions-citernes (deux extincteurs, coupe-batterie, …). Le branchement par flexibles hermétiques avec système de récupération de vapeurs s’impose en remplacement du bras de chargement en dôme beaucoup plus polluant.
    - Une gestion correcte du parc de véhicules
    Maintenir les véhicules dans un bon état de fonctionnement (carnet de maintenance), planifier les contrôles périodiques (révision, contrôle technique). Pour les TMD, des modalités de contrôle des véhicules consistent en une visite annuelle auprès d’organismes agréés. Le but est de vérifier le respect des normes réglementaires des véhicules (normes de construction, équipements de sécurité…).

  • Les mesures préventives individuelles
    - Les équipements de protection individuelle comportent des combinaisons de travail, des gants de manutention, des chaussures de sécurité antidérapantes, une ceinture lombaire éventuellement pour prévenir les lombalgies, un masque anti-poussières FFP2 lors d’un fort empoussièrement occasionnel en sortie de cabine (travaux publics, souterrains, carrières, ….).
    - Les règles d'hygiène de vie liées à la conduite
    Les graves incidences des accidents du travail et de la route dues à l’alcoolisme qui se rencontrent dans le métier de camionneur, ainsi que celles causées par d’autres comportements addictifs (drogues telles que le cannabis, la cocaïne, les amphétamines, les médicaments psychotropes…) doivent amener l’employeur à insérer un véritable « règlement alcool et produits illicites » dans le règlement intérieur et de le faire connaître avec des rappels fréquents : interdiction formelle pour tous les salariés en mission pour la sécurité et la discipline, visites médicales «à la demande de l’employeur» dès que des signes d’alcoolisme ou autre addiction apparaissent, possibilité de licenciement pour faute grave.

  • Les mesures de formation
    - Il convient de mettre en place des mesures de formation à la prévention des risques liés à l’activité physique (PRAP) au sein des entreprises de transport. La formation Gestes et Postures ou PRAP est un des moyens de lutter contre tous les troubles musculo-squelettiques (TMS), tels que lombalgies, tendinites… qui affectent si souvent les chauffeurs-livreurs. Cela permet de limiter les risques liés à la manutention d’objets et au transport de charges, dus à des efforts excessifs ou trop répétitifs ou à des positions articulaires inadéquates, en appliquant les principes de base de sécurité physique et d’économie d’effort. La formation aux réglages du poste de conduite participe aussi à la prévention des TMS.
    - La formation de sauveteur secouriste du travail permet de former certains chauffeurs et les recycler régulièrement afin qu'ils connaissent les gestes qui sauvent en cas d'accident : rôle du premier témoin, appel aux services de secours d'urgence extérieurs, dispositions initiales concourant à la sauvegarde de la victime, ....
    - Au-delà de s’assurer que le conducteur possède un permis en cours de validité (contrôle lors de l’embauche et contrôle périodique), il est utile de permettre l’acquisition de nouvelles compétences de conduite (formations à la conduite sur routes enneigées, en montagne…, ).
    - La formation aux règles concernant l'hygiène alimentaire permet d'aboutir à une restauration plus équilibrée et d'atténuer les risques de troubles digestifs et de surpoids.

  • La surveillance médicale
    Une visite médicale annuelle permet de vérifier la compatibilité de l'état de santé avec les exigences de la conduite d’un véhicule poids lourd, dont la fonction visuelle, la prise de médicaments...
    Un certain nombre de salariés doivent bénéficier, après évaluation de l’état de santé, d'une surveillance médicale renforcée (travail de nuit…) : radiographie du rachis lombaire au cas par cas pour les salariés exposés aux vibrations, examen sanguin dont Gamma GT (dépistage d’alcoolisme), … Une visite médicale d'aptitude pour le permis de conduire organisée par la préfecture de police auprès d’un médecin agréé doit être passée tous les 5 ans jusqu'à 60 ans puis tous les deux ans.



Juin 2013