Les prestataires de services de prévention des risques professionnels.


Les prestataires de services de prévention des risques professionnels.
Le marché français des services externalisés de santé au travail,
de conseils, audits et formation en prévention des risques professionnels, est vaste et en croissance : il représente annuellement environ 1400 millions d’euros en 2009 et est en augmentation d’environ 3% à 5 %
par an selon les fluctuations de la conjoncture économique,
grâce à de puissants moteurs de développement


Le marché français des services externalisés de santé au travail, de conseils, audits et formation en prévention des risques professionnels, est vaste et en croissance : il représente annuellement environ 1400 millions d’euros en 2009 et est en augmentation d’environ 3% à 5 % par an selon les fluctuations de la conjoncture économique, grâce à de puissants moteurs de développement :

  • liés au renforcement constant des normes et réglementations, imposant aux entreprises un effort permanent d'analyse et d'organisation en matière d’Hygiène
    et Sécurité,
  • alimentés par des facteurs sociaux et environnementaux déterminants.

Ce marché est très fragmenté et compte plusieurs milliers d’acteurs de toute taille, depuis le consultant ou formateur individuel jusqu’au grand groupe à l’offre très large, ce qui rend cette estimation du marché largement approximative. Leurs domaines d’intervention et de compétences sont très variés : technicien et ingénieur en Hygiène Sécurité Environnement (HSE), médecin, hygiéniste, psychologue du travail, ergonome, métrologue...

On distingue  essentiellement trois segments dans les services marchands en prévention des risques professionnels :

  • Les activités de médecine du travail, représentant environ 600 millions d’euros,
  • Les activités de conseil HSE, représentant environ 300 millions d’euros,
  • Les activités de formation HSE, hors formation longue diplômante, représentant environ 500 millions d’euros (soit 5% du marché total français de la formation professionnelle continue).

Cette répartition par activités n’est qu’un ordre de grandeur car elle est fort difficile à quantifier, ces prestataires de services proposant souvent plusieurs de ces types d’offre.

A elles seules, les contributions annuelles des entreprises aux Services Interentreprises de Santé au Travail (SIST) représentent 1 milliard d’euros environ.

Les moteurs du marché des services de prévention des risques professionnels

La santé au travail, via son infrastructure de médecine du travail des Services de la Santé au Travail, existe depuis longtemps sous la forme de services externalisés inter-entreprise, auxquelles adhèrent les petites et moyennes entreprises avec le devoir de participer au financement de ses dépenses de fonctionnement, proportionnellement au nombre des salariés.
Au delà de ces services de médecine préventive rendus obligatoire par le législateur, la mise en place des actions préventives par les entreprises est motivée par des enjeux d’importance croissante, tendance qui s’accentue au fur et à mesure que le contexte social et réglementaire se complexifie, à la fois pour des raisons sociologiques, psychologiques, économiques et juridiques :

  • Pour satisfaire la réglementation en vigueur et par le souci d’éviter les sanctions financières et les conséquences pénales, notamment en ce qui concerne les accidents du travail. La responsabilité pénale de l’employeur est de plus en plus recherchée. Les sanctions pénales dues au non-respect de la législation du travail en matière d’hygiène et sécurité sont devenues à la fois plus fréquentes et plus lourdes au cours de la dernière décennie, en particulier du fait de l'obligation de résultat qui incombe au chef d'entreprise en matière d'évaluation et de prévention des risques professionnels dans son entreprise.

  • Du fait de la demande croissante d’amélioration des conditions de travail et de diminution des risques professionnels ou environnementaux. Aujourd’hui, beaucoup de mouvements sociaux revendiquent l'amélioration des conditions de travail et de la sécurité, et ce thème rencontre une adhésion très forte des médias et de la population.

  • De la prise de conscience par des entreprises de plus en plus nombreuses de l’intérêt que les actions préventives peuvent avoir sur le plan économique, social et médiatique. Notre société a une aversion accrue aux risques, et, lorsqu’il s’agit de risques professionnels, la dénonciation des entrepreneurs privilégiant le profit à la sécurité est un thème porteur et ravageur pour l'image de l'entreprise, dont les parts de marché peuvent souffrir, surtout pour les produits destinés au grand public.

  • De l’usage accru de multiples substances chimiques, radioactives …  et/ou de procédés ayant tendance à accroître les dangers potentiels. La multiplication des produits chimiques utilisés et la complexification des procédés industriels nécessitent vraiment une vigilance accrue quant aux risques cancérogène ou allergène qu’ils induisent. Par exemple, les nombreux risques que présentent les composés organiques volatils (COV) ont conduit à de nombreuses réglementations, aboutissant à un ensemble complexe de mesures pour répondre aux normes (valeurs limites d’exposition professionnelle).
  • De la demande sociale de plus en plus forte de prendre en compte des problèmes de souffrance psychologique au travail : au fur et à mesure de la croissance de la tertiarisation de l’économie, les taches intellectuelles et relationnelles deviennent primordiales dans beaucoup d’entreprises ou les risques liés au stress tendent à supplanter ceux liés à la pénibilité physique.

  • Du fait des nouvelles incitations législatives en faveur de la formation professionnelle continue, traduisant une volonté manifeste et croissante des pouvoirs publics de diminuer la fréquence et la gravité des accidents du travail et des maladies professionnelles par le biais de la formation à la l’hygiène et la sécurité (droit individuel à la formation DIF et congé individuel de formation CIF)

Depuis mettre en place une politique globale, volontariste et dynamique de prévention des risques jusqu’à se satisfaire principalement du respect des obligations réglementaires, l’intervention de prestataires de services externes à l’entreprise s’impose de plus en plus, car les évolutions des normes ou de la législation en matière d’environnement, d’hygiène et de sécurité sont si nombreuses et rapides qu’elles nécessitent une veille réglementaire et une adaptation constante qui risque d’entrainer l’obsolescence rapide des connaissances et des compétences du personnel interne qui n’aurait pas la disponibilité de s’y consacrer pleinement, ce qui est le cas d’une grande partie des entreprises. La nécessité de disposer d’experts afin de ne pas fragiliser la sécurité du travail et de respecter les règlements entraîne alors une décision de recours à des prestataires extérieurs, faute de compétences internes actualisées ou inexistantes : ceux-ci disposent de méthodologies éprouvées, de techniques de communication expérimentées, de plus leurs couts d’intervention sont bien cernés …
L’élaboration et la rédaction du Document Unique de Sécurité (transposition, par écrit, de l'évaluation des risques, imposée à tout employeur par le Code du Travail), la formation pratique et appropriée à la sécurité que tout chef d'établissement est tenu d'organiser au bénéfice des travailleurs qu'il embauche ou de ceux qui changent de poste de travail ou de technique, sont des exemples qui alimentent le marché du conseil et de la formation : outils de prévention des risques professionnels, ce sont aussi des éléments de protection juridique, car en cas d’accident grave du travail, la qualification en circonstance aggravante ou en faute inexcusable de l’employeur en cas  de poursuites judiciaires, ne peut pas être retenue puisque l’employeur a fait l’effort de solliciter et de financer des actions préventives.

A la demande croissante des Directions des entreprises, s’ajoute celle des CHSCT, qui elle aussi se renforce : le fondement du recours à l’expertise demandée par le CHSCT est de corriger l'asymétrie des moyens dont dispose l’employeur avec ceux des représentants du personnel, en permettant à ces derniers de s’appuyer sur des conseils extérieurs indépendants de l’entreprise en matière d'analyse du travail. Le recours à une expertise par le CHSCT peut aussi bien concerner les risques physiques (chimiques, radiologiques, biologiques, électriques, mécaniques…), que les risques psychologiques (stress managérial, organisation pathogène…). Or, ce dernier champ d'intervention se développe beaucoup dans un monde du travail ou les fonctions mentales sont de plus en plus sollicitées et en raison des exigences accrues à la fois de productivité, de qualité, de flexibilité, de rapidité qui dicte des réponses/réactions " en temps réel " et font croitre les risques psychologiques en fréquence et en gravité inexorablement. Dans un climat généralement tendu et passionnel, seule une expertise extérieure est alors susceptible de créer des espaces de dialogue pour favoriser la compréhension et trouver des aménagements acceptables, notamment pour le diagnostic approfondi qui demande des compétences particulières et des garanties d’impartialité.

La typologie des offres du marché des services de prévention des risques professionnels

  • La médecine préventive du travail

Si le nombre de ses salariés est suffisant pour justifier l’emploi d’un médecin du travail à plein temps, une entreprise doit créer un service interne médical d’entreprise autonome (obligatoire si effectif supérieur à 2200 salariés). Dans le cas contraire, elle doit adhérer à un service inter-entreprise, organisme à but non lucratif,  avec le devoir de participer au financement de ses dépenses de fonctionnement proportionnellement au nombre des salariés.

Actuellement, le dispositif opérationnel de médecine préventive des Services Interentreprises de la Santé au Travail (SIST) représente environ 4600 médecins du travail en équivalent temps plein assistés par autant de secrétaires médicales dans environ 350 Services de la Santé au Travail  pour 13 millions de salariés des secteurs industriels et tertiaires, soit 2800 salariés par médecin.

Le médecin du travail a une mission large qui concerne la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles : prévention primaire, à laquelle il devrait consacrer le tiers de son temps, qui a pour but d’éviter la survenance d'accident ou de maladie, et prévention secondaire qui a pour but de dépister les maladies professionnelles au cours des visites médicales.

Les services de santé au travail exercent la surveillance médicale des salariés en relation avec leurs postes de travail : le médecin du travail procède à des examens médicaux pour s'assurer de l'aptitude de chacun à son poste de travail (visite d’embauche, visites périodiques et visite de reprise suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle). Un dossier médical est  établi par le médecin du travail pour permettre le suivi individuel de chaque salarié et la traçabilité des expositions professionnelles auxquelles il a été soumis  (fiches d’exposition aux produits chimiques dangereux ou aux rayonnements ionisants).

Pour ce faire, le médecin du travail visite régulièrement les divers lieux de travail et analyse sur place les risques et conditions de travail propres à certains postes et fait effectuer, à la charge de l'entreprise, les prélèvements et les mesures qu'il estime nécessaires.

Au delà de la médecine préventive, le rôle des Services de la Santé au Travail s’est étendu vers une approche de conseil et de formation pour prévenir les risques professionnels, en s'appuyant sur des équipes pluridisciplinaires, réunissant des compétences aussi bien techniques que médicales, où les ergonomes, les ingénieurs de sécurité, les psychologues, les toxicologues, les techniciens en métrologie ajoutent leurs connaissances les unes aux autres pour former une prévention aussi efficace que possible.

Le Centre Interservices de Santé et de Médecine du travail en Entreprise (CISME) regroupe les services interentreprises de santé au travail.

  • Les cabinets de conseil

Le recours à un cabinet de conseil externe est souvent indispensable, en particulier pour les petites et moyennes entreprises, car il dispose de compétences, de méthodes, de techniques de communication expérimentées que n’ont pas les ressources internes. Il veille à la cohérence des méthodologies utilisées, au recours aux meilleures pratiques de sécurité, au respect des évolutions réglementaires, contribue à l’élaboration de la documentation, avec comme objectif la prévention de tous les risques professionnels potentiels de l’entreprise, ou seulement la résolution de problèmes ponctuels, par exemple suite à un grave accident du travail pour en analyser les causes et proposer des mesures de prévention afin d’éviter qu’il ne se reproduise.

Le marché est très fragmenté : à coté de quelques grands groupes ayant un large catalogue, de très nombreux concurrents spécialisés avec expertise focalisée possèdent globalement une forte part de marché.

    • Les conseils et audits HSE

Parmi leurs vocations :

Identifier et évaluer les risques, aider les entreprises dans les démarches de mise en conformité de leurs équipements, de leurs installations ou de leurs procédés de fabrication, au regard des réglementations en vigueur, analyser les causes des accidents et proposer des mesures de prévention.

Animer des groupes sur des cas concrets d’accidents survenus dans l’entreprise pour identifier les bonnes pratiques qui auraient pu les éviter pour permettre à chacun des membres du groupe de travail d’être sensibilisé personnellement à la sécurité, de prendre conscience, exemples à l’appui, des conséquences résultant de l’absence de mesures de prévention adéquates.

Proposer un accompagnement méthodologique et une animation experte et soutenue pour organiser un système de management de la sécurité et santé au travail (SMSST).

Construire d’une démarche de retour d’expérience appliquée à un système sociotechnique, prenant autant en compte les aspects techniques, que les aspects humains et organisationnels, pour mettre en pratique les transferts de savoirs et  renforcer les comportements performants en matière de sécurité du travail et de prévention des risques professionnels.

    • Les Conseils en psychologie du travail

Ils offrent aux entreprises un diagnostic et des outils afin de prévenir et de diminuer les problèmes de santé psychologique au sein de leurs équipes de travail, d’identifier les facteurs de stress et d’en abaisser la fréquence et l’intensité, tout en augmentant l'efficacité de l'organisation.
Ils peuvent aussi proposer des procédures d'accompagnement et de prise en charge psychologique des victimes de violence externe, afin de limiter les conséquences psychologiques des agressions, dans les secteurs ou elles sont fréquentes (contacts avec le public).

    • Les Cabinets de Conseils et Bureaux d’études en Ergonomie du poste de travail

Ils proposent leur assistance à la conception, l’audit de l’ergonomie des postes de travail, offrent des approches psycho-ergonomique des difficultés rencontrées par les opérateurs.

Les prestations des cabinets de conseils concernent en particulier la réalisation de diagnostics : analyse du contexte et des besoins liés à l'ergonomie des postes de travail, de l'environnement, de l’organisation et de tous les éléments susceptibles d'affecter la qualité des opérations (perception, confort de leur milieu, facteurs d'ambiance, usage des équipements, sécurité, etc.).

    • Les Cabinets de métrologie

Ils réalisent des études techniques de mesures des ambiances physiques (acoustique, thermique, éclairage, ventilation), chimiques, biologiques et radiologiques.
Ces professionnels de la métrologie sont des partenaires nécessaires pour bâtir un dispositif efficace de contrôle du respect des valeurs limites d’exposition avec une métrologie adaptée à la nuisance à mesurer et mise à disposition de tous les appareils de métrologie permettant de réaliser des mesures sur les sites de travail : sonomètre, dosimètre de bruit, luxmètre, appareils de prélèvement chimique, des analyses de vibrations, métrologies atmosphériques adaptées aux polluants industriels et biologiques.

  • La formation professionnelle continue HSE

La formation professionnelle continue HSE est dispensée par une multitude d'organismes aux statuts variés publics, parapublic ou privés.
Si les actions de formation HSE peuvent être réalisées par les employeurs, avec l’appui de leur service interne de formation dans les très grandes entreprises, elles sont le plus souvent achetées auprès de prestataires externes : beaucoup réalisent leurs prestations de formation qu’en tant qu’activité annexe, l’activité principale pouvant être l’audit, la certification ou le conseil, mais d’autres exercent la formation comme activité unique ou principale.
Selon le Code du Travail, tout chef d'établissement est tenu d'organiser une formation pratique et appropriée en matière de sécurité, au bénéfice des travailleurs qu'il embauche, de ceux qui changent de poste de travail ou de technique.
La formation à la sécurité a pour objet d'instruire le salarié des précautions à prendre pour assurer sa propre sécurité et, le cas échéant, celle des autres personnes occupées dans l'établissement.
Les formations obligatoires de tout salarié portent notamment sur les risques spécifiques (chimiques, biologiques, radiologiques) auxquels il est exposé, sur l'utilisation des outils ou des machines en sécurité, les équipements individuels de protection indispensables ... par le biais d'apports théoriques, d'exercices et de mises en application.
Durant la dernière décennie, l’offre de formation a bénéficié d’un marché en forte expansion, sous l’effet notamment de la création du DIF. La dynamique du secteur est principalement portée par le secteur privé et le nombre de prestataires privés à but lucratif s’est considérablement accru.

    • Les organismes publics et parapublics de formation professionnelle continue HSE

Les plus importants sont les GRETA, l'AFPA, les établissements relevant du ministère de l’Agriculture, les services de formation continue des Universités et le CNAM. Les associations ainsi que les organismes parapublics tels que les chambres de commerce (CCI) ou de métiers jouent également un rôle important.
Ces organismes sont surtout présents pour les formations longues et certifiantes, pour la qualification professionnelle des demandeurs d'emploi et  la préparation des diplômes et certificats professionnels, par exemple :

  • habilitations à la conduite d’engins CACES,
  • habilitations électriques,
  • habilitations au transport de matières dangereuses TMD,
  • formation SSIAP (Service de Sécurité Incendie et d'Assistance à Personnes)…
    • Les organismes privés de formation professionnelle continue HSE

Ils sont nombreux car, en France, toute personne physique ou morale peut exercer une activité de formation professionnelle continue. Ils réalisent les trois-quarts de l’activité de formation, dans tous les domaines et particulièrement pour les formations HSE courtes spécialisées des salariés des entreprises, par exemple :

      • formation Gestes et Postures pour la prévention des risques liés aux activités physiques (PRAP),
      • formation au travail en hauteur
      • formation des membres des CHSCT
      • formation évacuation, Sauveteur Secouriste du Travail
      • formation ATEX Atmosphères Explosives
      • formation sur les réglementations environnementales,
      • formation à la gestion des violences avec les techniques de «coping»,
      • formation aux règles d’hygiène et au port de protection individuelle...

La typologie des acteurs du marché des services de prévention des risques professionnels

  • Les médecins du travail

Les médecins du travail, assistés des infirmières du travail et des secrétaires médicales, représentent environ 10000 personnes en équivalents temps plein employés dans les SIST : 4600 médecins, 200 infirmières et 5200 secrétaires.

Le médecin du travail est un docteur en médecine qui a choisi de se spécialiser en pathologie professionnelle et hygiène industrielle. Il est titulaire d'un diplôme d'études spéciales (DES) de médecine du travail et a souvent suivi des formations complémentaires : en ergonomie, toxicologie, psycho-dynamique du travail, épidémiologie, radioprotection, toxicologie...Le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif et consiste à « éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail notamment en surveillant leurs conditions d'hygiène au travail, les risques de contagion et leur état de santé » (Code du travail - Article L. 4622-3). Le rôle du médecin du travail n'est donc pas de prescrire mais de veiller à ce que la santé des salariés ne se détériore pas du fait de leur activité professionnelle, notamment par des examens de métrologie clinique et des visites médicales. Exerçant une médecine préventive, le médecin du travail ne dispense pas de soins. Néanmoins, il peut procéder à des vaccinations sous certaines conditions et ordonner des examens complémentaires (auprès de spécialistes ou des contrôles sanguins) nécessaires à la détermination de l'aptitude ou au dépistage de certaines maladies.

Les infirmières qui exercent leur métier dans un service interentreprises sont peu nombreuses (contrairement à celles des services internes aux grandes entreprises qui ont en charge les premiers soins et participent aux enquêtes sur les accidents du travail) : elles ont pour mission l’écoute, la réalisation de certains examens comme les analyses d’urine, de la vision, de l’audition, spiromètrie…Dans les services interentreprises de santé au travail, une secrétaire médicale  assiste chaque médecin du travail dans ses activités (article R. 4623-56 du code du travail).

  • Les formateurs HSE

Les formateurs HSE ont des statuts variés : salariés à temps plein ou à temps partiel d’un cabinet de formation privé ou d’un organisme public, indépendants en portage salarial ou indépendants en statut libéral. Dans le cas des formateurs indépendants, leur légitimité vient souvent de leur expérience professionnelle, de leur réseau de contacts, et de leurs compétences et innovations pédagogiques, indépendamment de leur diplôme universitaire.

  • Les Intervenants en Prévention des Risques Professionnels (IPRP)

Un IPRP (Intervenant en Prévention des Risques Professionnels) est une personne, physique ou morale, dotée de compétences techniques, organisationnelles ou médicales (hors médecine du travail) dont la mission consiste à participer à la prévention des risques professionnels et à l’amélioration des conditions de travail, en complément de l’action conduite par le médecin du travail
Sous la dénomination d’IPRP se retrouvent différents métiers (ingénieur HSE, psychologue du travail, technicien en métrologie…) ainsi qu'un certain nombre de spécialisations.
La qualité d’IPRP nécessite une habilitation reposant sur trois organismes de prévention :

    • L’Agence Nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT)
    • La caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CARSAT)
    • L’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP)

Les IPRP des prestataires de services, donc hors ceux internes aux grandes entreprises, sont soit des salariés dans des Services Interentreprises de Santé au Travail (SIST) ou dans les cabinets de conseil, soit des consultants indépendants. On dénombre environ 3000 IPRP externes habilités dont 600 dans les SIST (sur les 4000 au total, qui n’exercent pas tous à temps plein).

  • Les Ingénieurs et techniciens HSE

Le rôle de l’ingénieur HSE (Hygiène Sécurité Environnement) est  de définir la politique, le plan et le système de management de sécurité au travail, d’identifier, d’évaluer et de maîtriser tous les risques professionnels, de veiller au respect des normes de sécurité, de respect de l’environnement et d’hygiène, notamment dans le cas de fabrication à partir de matières dangereuses ou polluantes. L’ingénieur HSE propose des mesures pour éviter les risques professionnels. L’ingénieur HSE analyse les incidents et accidents de travail qui ont eu lieu au sein de l’établissement, pour déterminer leurs causes et améliorer les actions de prévention des risques.

Hors l’entreprise industrielle, ce métier s'exerce au sein de sociétés de services de conseils, de bureaux d'études et d'ingénierie.

L’ingénieur HSE est diplômé d’une école d’ingénieurs ou d’un 3è cycle spécialisé en Gestion des risques industriels ou Gestion de l’environnement. Pour devenir technicien HSE, il convient d’avoir un diplôme Bac +2 DUT HSE ou un BTS, qui permet éventuellement d’accéder à un emploi d’ingénieur HSE après une expérience de plusieurs années au sein des services de gestion des risques ou de production.

  • Les ergonomes

L'ergonome a pour mission la recherche de la meilleure adaptation de l'outil, ou la machine, à l'homme.
L'ergonome contribue à concevoir et à améliorer des environnements ou des postes de travail afin d'assurer la production dans les meilleures conditions possibles, avec le maximum de confort, de sécurité et d'efficacité, pour réduire au maximum la fatigue physique et nerveuse.
Face en particulier à l’augmentation des troubles musculo-squelettiques (TMS), l’ergonome est de plus en plus sollicité pour aménager les ateliers ou bureaux, les postes de travail, l’organisation de la chaîne de production, le choix des outils, machines ou équipements utilisés.
L’ergonome a un profil pluridisciplinaire, puisque, outre ses connaissances en techniques industrielles et organisation et du travail, il doit utiliser une approche globale utilisant psychologie et physiologie du travail.
En dehors du statut de salarié dans une grande entreprise, l'ergonome peut travailler seul en tant que libéral, ou dans des cabinets de consultants. Le CICF-SNCE (syndicat des cabinets conseil en ergonomie) regroupe les cabinets conseil en ergonomie.
L’ergonome a le plus souvent une formation universitaire de 3e cycle de DESS d'ergonomie ou une formation d'ingénieur. Une formation d'ergonome est aussi dispensée par le CNAM.
La Self (Société d'Ergonomie de Langue Française) a mis en place l'ARTEE (Association pour la Reconnaissance du Titre d'Ergonome Européen en Exercice) qui délivre un Titre d'Ergonome Européen, qualification attribuée aux ergonomes qui atteste d'une formation, d'une expérience et d'une pratique professionnelle effectives.

  • Les psychologues du travail

Dans un monde du travail ou les fonctions mentales sont de plus en plus sollicitées, la prévention du stress et des atteintes à la santé mentale liées au travail relève de mesures techniques et organisationnelles, principalement dans le domaine du management, pour lesquelles les compétences des cabinets de psychologues du travail sont mises en œuvre.

La Direction d’une entreprise ou le CHSCT peuvent proposer de faire effectuer une enquête de psycho-dynamique du travail auprès du personnel pour étudier les raisons de la souffrance générée par le travail : avoir une démarche d’analyse des symptômes, repérer les déterminants pour remonter aux causes organisationnelles, mise en évidence des situations qui dépassent les capacités d’adaptation des individus, recherche objective des facteurs auquel est associé, de façon significative et importante, un certain nombre de problèmes de santé mentale.
Le psychologue du travail doit être titulaire d’une licence de psychologie et d'un Master de psychologie du travail.

  • Les métrologues

La métrologie relative à la santé et à la sécurité du travail se rapporte aux activités qui résultent d'exigences réglementaires (valeurs limites et moyennes d’exposition) concernant les mesures des rejets de polluants atmosphériques, les mesures liées au bruit, à l’éclairage ou la ventilation des locaux, aux vibrations des machines, aux radiations ionisantes…. Les techniciens en métrologie disposent d’un DUT/BTS en mesures physiques.

Avril 2011

 



Ce Dossier vous intéresse ?

Vous êtes à la recherche d'un fournisseur pour 'conseils' ou souhaitez mettre en place une activité dans ce domaine : saisissez votre email et cliquez sur 'OK':

 
Envoyer à ami