LES PRINCIPAUX RISQUES PROFESSIONNELS


La totalité des risques possibles rencontrés dans les établissements industriels, commerciaux, administratifs, dans les infrastructures routières, portuaires … ou dans les moyens de transport et les chantiers, est bien difficile à établir tant les situations sont diverses ; il en est de même pour les mesures de prévention ou de maîtrise des dangers afférents. Toutefois, on peut dresser un panorama général des situations à risques fréquemment rencontrées...


LES PRINCIPAUX RISQUES PROFESSIONNELS

La totalité des risques possibles rencontrés dans les établissements industriels, commerciaux, administratifs, dans les infrastructures routières, portuaires … ou dans les moyens de transport et les chantiers, est bien difficile à établir tant les situations sont diverses ; il en est de même pour les mesures de prévention ou de maîtrise des dangers afférents.

Toutefois, on peut dresser un panorama général des situations à risques fréquemment rencontrées, ce qui permet d’établir une check-list des bonnes questions à se poser et, par suite, des bonnes pratiques de prévention à mettre en œuvre, en privilégiant toujours la prévention collective par rapport aux protections individuelles.

Le recensement des risques professionnels dans une entreprise et leur évaluation est loin de n’avoir qu’un intérêt pédagogique : c'est une exigence inscrite dans le Code du Travail et le décret du 05/11/01 et les articles nouveaux R 301-1 et 263-1-1 établissent la nécessité pour l'employeur de transcrire ces risques et les moyens de prévention dans un "Document Unique de Sécurité".

Identifier tous les dangers existant dans l'entreprise impose de connaître les différents risques auxquels les travailleurs sont susceptibles d’être exposés : risques liés aux équipements de travail (machines et outils, véhicules …), aux substances toxiques présentes (produits chimiques, biologiques…), aux méthodes de travail (travail en hauteur, gestes répétitifs…), à l’énergie utilisée (électrique, air comprimé, hydraulique, nucléaire …), ou à l'organisation du travail (travail de nuit, à l’extérieur, isolé…). Cette identification peut ne pas être exhaustive si l’on procède seulement de façon théorique et l’analyse des accidents et incidents du travail et des déclarations de maladie professionnelles dans l’entreprise apporte une contribution complémentaire précieuse pour mieux apprécier tous les risques.

CLASSIFICATION DES RISQUES

Les risques peuvent être classés selon qu’ils sont :

  • mécaniques : heurts par les parties mobiles en mouvement des machines, écrasement par des chutes d’objets ou des véhicules, coupures et perforations par les outils de travail, projections de particules solides (copeaux de métal, de bois, de roche) ou de matière incandescente, contraintes posturales et visuelles et gestes répétitifs …
  • physiques : vibrations produites par les engins, niveau sonore trop élevé, température trop forte ou trop basse, intempéries pour les travaux extérieurs (humidité, vent…), niveau d'éclairement, qualité de l’air sur le lieu de travail (poussières …), courant électrique, incendie et explosion …
  • chimiques : exposition à des substances chimiques par inhalation, ingestion ou contact cutané, produits gazeux, liquides ou solides, cancérigènes, mutagènes, toxiques, corrosifs, irritants, allergisants…
  • biologiques : exposition à des agents infectieux (bactériens, parasitaires, viraux, fongiques) et allergisants par piqûre, morsure, inhalation, voie cutanéo-muqueuse …
  • radiologiques : existence de radiations ionisantes et radioéléments, de rayonnements laser, de radiations UV et IR, rayonnements électromagnétiques divers…
  • psychologiques : agression physique ou verbale sur le lieu de travail par un client /élève/patient, harcèlement moral ou sexuel par un supérieur hiérarchique, stress managérial, charges mentales excessives (travail permanent sur écran …) …

QUELQUES STATISTIQUES

  • Le nombre d’accidents du travail a considérablement régressé depuis 30 ans, dont les décès de l’ordre de 40%, mais représentent encore environ 700 000 accidents en France avec 600 morts.

La fréquence des accidents avec arrêt est supérieure à la moyenne pour les tranches d’âge inférieures à 30 ans. En ce qui concerne les lésions professionnelles, on assiste à un déplacement des secteurs les plus à risque vers ceux où l’on retrouve beaucoup de jeunes travailleurs qui sont moins formés, moins expérimentés. Toutefois, la gravité des accidents augmente sensiblement et régulièrement avec l’âge (baisse de la faculté de récupération de l’organisme).

Le risque des travailleurs étrangers et intérimaires, aussi bien en gravité qu’en fréquence, est très supérieur à celui des autres travailleurs (difficultés d’adaptation, main-d’oeuvre souvent peu qualifiée et peu formée). Il y a une corrélation qui existe entre la précarisation du statut d’emploi et les accidents du travail : les salariés sous contrat temporaire sont trois fois plus accidentés que les salariés sous contrat à durée indéterminée. Les intérimaires ont presque deux fois plus de risques que les autres personnes salariées de subir un accident du travail et de plus, généralement plus grave.

On observe aussi que les problèmes de souffrance psychologique au travail apparaissent de plus en plus fréquents : à mesure de la tertiarisation de l’économie d’une part, et de la meilleure prise en compte de la pénibilité physique du travail par les progrès de la mécanisation d’ autre part, des contraintes psychologiques se substituent progressivement aux astreintes physiques traditionnelles.

Par ailleurs, le développement de l’externalisation des taches par les grandes entreprises génère une diffusion des risques dans les nombreuses PME sous-traitantes : celles-ci n’ont pas les mêmes structures HSE et la même présence des instances représentatives du personnel pour organiser une prévention adaptée. Dans les grandes entreprises industrielles, l’exposition au risque est très fréquente mais les mesures de prévention sont efficaces et relativement respectées, alors que dans les PME, le risque est plus diffus mais parfois mal connu ou négligé et les mesures de prévention peuvent être insuffisantes.

  • Quant aux maladies professionnelles indemnisables, les statistiques disponibles pour 2008 (Données CNAMTS) indiquent que 45000 maladies professionnelles ont fait l’objet d’une déclaration, dont la moitié environ a entraîné une incapacité permanente et 10% d’entre elles le décès (surtout par cancer).

Les maladies professionnelles, elles, sont en augmentation constante ces dernières années à cause à la fois de l'élargissement de la liste des maladies reconnues, de la multiplication des signalements due à une meilleure information des médecins et des salariés, de l’intensification des charges de travail dans de nombreux secteurs industriels ou tertiaires.
Les troubles musculo-squelettiques (maladies péri articulaires des poignets, épaules, coudes et genoux, lombalgies …) représentent environ 70% des maladies professionnelles reconnues, puis viennent les affections liées à l’amiante liées à des expositions anciennes.

En fait, plusieurs éléments conduisent à une sous-déclaration des maladies professionnelles :

- la difficulté de l'établissement du lien entre exposition à un risque et maladie, particulièrement pour les cancers : les raisons peuvent être méconnues et non rapportées à leur cause réelle.

- Entre le moment où apparait une pathologie d'origine professionnelle et celle de l’exposition au risque, de nombreuses années peuvent s’être écoulées et le lien n’est pas fait ou n’est plus démontrable.

- La perspective d’un reclassement jugé dégradant ou d’un licenciement pour inaptitude, même bien indemnisé, pousse les victimes à ne pas déclarer leur infirmité si celle-ci est assez peu handicapante (début de surdité par exemple, ou maladies cutanées).

  • En ce qui concerne le siège de la lésion, les accidents touchant les mains, les pieds et les yeux sont plus fréquents que graves, alors qu’au contraire les accidents touchant la tête et les « localisations multiples » sont plus graves que fréquents. La répartition des sièges des lésions est très différente suivant les branches d’activité ou suivant l’élément matériel qui est à l’origine de l’accident.

SIEGE DES LESIONS (Source : CNAM)

MAINS : 25%

MEMBRES INFERIEURS (Hors pieds) : 19%

TRONC : 21%

MEMBRES SUPERIEURS : 12%

TETE : 4%

PIEDS : 6%

YEUX : 3%

En ce qui concerne le type de lésion, les troubles musculo-squelettiques (TMS) représente le premier problème de santé au travail en France, et les conséquences néfastes du stress au travail sont en forte progression, ainsi que les réactions asthmatiques et allergiques et les pertes auditives.
En ce qui concerne les secteurs d’activité, le secteur de la construction reste le plus accidentogène : c’est dans le bâtiment et les travaux publics (BTP) qu’on constate le plus d’accidents graves et que les taux de fréquence et de gravité sont les plus élevés.
En ce qui concerne les causes, les manutentions manuelles représentent la majorité des raisons d’accident (un tiers) avec arrêt. Les véhicules sont toujours la première cause identifiable de décès. Source : INRS
Le risque d’accident grave, souvent coûteux, se multiplie considérablement quand le travail implique le contact avec des outils ou objets perforants, coupants, lourds, chauds ou avec des machines ou des substances (potentiellement) dangereuses, ou encore lorsque l’exercice de la profession exige de prendre des positions, notamment en surélévation, qui peuvent engendrer des chutes.

La caisse nationale d'assurance maladie a proposé dans sa fiche de déclaration les éléments descriptifs suivants :

  • Accident de travail : élément matériel en cause
    • Accident par chariot automoteur
    • Appareil de levage et de manutention (chariot)
    • Appareil de levage, amarrage, préhensionAccident de la circulation
    • Accident par conduite d'engin
    • Agression
    • Atmosphère contrôlée
    • Bris de verre
    • Chute de la charge
    • Chute de cheval
    • Chute de hauteur
    • Chute de plain-pied
    • Chute avec dénivellation
    • Corps étranger et lésion oculaire (projection de corps étrangers dans les yeux)
    • Risque cutané
    • Risque toxique respiratoire
    • Traumatisme par animal
    • Traumatisme par arme et/ou explosif
    • Traumatisme par chute d'objet
      • Objet en cours de manipulation
      • Objet en cours de transport manuel
      • Objet en mouvement accidentel
    • Traumatisme par machines
  • Accident de travail : nature des lésions
    • Amputation
    • Brûlure, brûlure par caustique, brûlure thermique
    • Contusion
    • Ecrasement
    • Electrocution
    • Entorse
    • Fracture
    • Fêlure
    • Gerçures
    • Intoxication au CO2
    • Intoxication au SO2
    • Lumbago
    • Luxation
    • Noyade
    • Piqûre d'insectes
    • Piqûre de végétaux
    • Piqûre de serpent
    • Piqûre septique
    • Plaie
    • Plaie par outils
  • Accident de travail : siège de la lésion
    • Tête (yeux exceptés)
    • Yeux
    • Membre supérieur (mains exceptées)
    • Main
    • Tronc
    • Membre inférieur (pieds exceptés)
    • Pied
    • Localisations multiples
    • Sièges internes
Cette classification permet des études comparatives lorsque les renseignements fournis sont fiables.