La prévention des risques professionnels dans les services à la personne.


Les études sur les accidents du travail de la Caisse Nationale
d’Assurance Maladie montrent une sinistralité importante
dans le secteur des services à la personne, un indice de fréquence
des accidents du travail supérieur à la moyenne.


Les études sur les accidents du travail de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie montrent une sinistralité importante dans le secteur des services à la personne, un indice de fréquence des accidents du travail supérieur à la moyenne.
Les particuliers sont de plus en plus nombreux à faire appel aux prestations des services à la personne, les avantages fiscaux associés gonflant la demande solvable : activités de ménage, d’entretien de jardin, de garde d’enfants, de soutien scolaire, d’assistance informatique et d’accompagnement des personnes âgées, malades, ou handicapées. Environ 2 ménages sur 3 y recourent au moins de temps en temps, et l’emploi s’accroit fortement dans ce secteur (3 millions de salariés).
L’une des particularités des professionnels des services à la personne, salariés le plus souvent par un organisme agréé, provient du fait que leur travail s’exerce au domicile du client.
Si les taches sont de nature apparemment banale, aux compétences supposées innées,
il convient pourtant de respecter un minimum de règles et de précautions pour permettre une prestation s’effectuant avec un maximum de sécurité.
Les bonnes pratiques en matière de prévention des risques professionnels incombent aux responsables des organismes agréés « Services à la Personne », qui doivent
prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de leurs
travailleurs. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

Les situations à risques

Les risques principaux dépendent évidemment du lieu d’exercice de l’activité (intérieur ou extérieur) et du type d’activité qui sont les suivantes :

- En rapport avec l’hygiène et le confort du logement : entretien de la maison et travaux ménagers ; Petits travaux de jardinage et de bricolage ; Préparation de repas et livraison de courses à domicile.
- En rapport avec des soins à la personne : Garde d’enfants ; Assistance aux personnes âgées ou  handicapées (y compris promenades, transports, soins esthétiques actes de la vie courante); Garde-malade (à l’exclusion des soins)
- En rapport avec une activité pédagogique ou administrative : Soutien scolaire ; Assistance informatique ; Assistance administrative (courrier, factures, déclarations fiscales …) ;



    • Pour un travail à l’intérieur du logement :

• risques liés à l’état du logement : mauvais état des installations électriques ou de chauffage au gaz, humidité, mauvaise aération, encombrement, existence d’obstacles, exigüité et/ou  mauvais éclairage, sols en mauvais état (inégal ou glissant), existence d’escaliers ou de dénivelés.

- Conséquences : entorses, fractures, électrisation, inhalation de gaz.

• risques liés au manque ou au mauvais fonctionnement de matériel : absence d’escabeau, de table à repasser…, appareils ménagers (aspirateur, four et plaques de cuisson, fer à repasser, …) vétustes et dangereux, prises électriques défectueuses, fils dénudés, raccordement de gaz non conforme.

- Conséquences : traumatismes des chutes de hauteur, brûlures, coupures, électrisation, asphyxie

• risques liés aux produits d’entretien : déconditionnement (bouteilles alimentaires utilisées pour contenir des produits de nettoyage …), absence d’étiquetage, mélanges intempestifs, mauvais lieu de stockage  …       

- Conséquences : intoxications, brûlures par produit caustique ou corrosif (yeux, peau) ou inflammables, dermatoses irritatives des mains, atteintes et allergies respiratoires

• risques liés à des animaux domestiques : chien agressif, parasites ...

- Conséquences : morsures, griffures, plaies infectées, allergies (poils, plumes), toxoplasmose, ornithose

    • Pour un travail à l’extérieur du logement
• risques liés aux machines mal entretenues ou outils inadaptés (tondeuse, taille-haie …)
• risques liés à l’absence d’équipements de protection (gants, chaussures, lunettes…)

- Conséquences : coupures (mains, bras, jambes, tête), perforations (pieds), entorses, infections (tétanos,…), projections de particules dans les yeux


    • Pour un travail avec une personne
• Risques liés aux moyens : absence de matériel adapté au niveau d’autonomie de la personne (fauteuil, lit, barres de sécurité, aides techniques à la manipulation...), absence de mise à jour des vaccins

- Conséquences : lombalgie, hernie, contamination respiratoire ou cutanée avec une personne malade (notamment affections rhino-pharyngées et bronchiques, grippe, gastroentérite, hépatite …)

• Risques psychologiques, aggravés du fait de l’isolement du travailleur seul en activité : mauvaises relations et manque de considération de la part de la personne aidée ou de son entourage, agressions physiques ou verbales ou comportements inappropriés, situations imprévues (chute, malaise, délire, perte de conscience, …)

- Conséquences : psychiques (stress, anxiété, dépression),  somatiques (digestives, cardio-vasculaires)

La prévention des principaux risques

La visite préalable est indispensable pour identifier les risques et s’assurer de l’adéquation entre les compétences de l’intervenant et l’activité qui lui est proposée :

- évaluer l’état du logement particulièrement sur les points suivants : vérification des outils et matériel utilisés, vérification de la conformité de l’installation électrique et de gaz, recensement des produits d’entretien et phytosanitaires en identifiant leur lieu de stockage, l’état de leur étiquetage et de leur emballage.
- évaluer l’autonomie physique et psychique de la personne aidée.

En fonction de l’analyse des risques qui en résulte et du type d’activité :

- Donner les consignes de sécurité pour le salarié
- Fournir des vêtements de travail appropriés (blouse, combinaison …) et des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés aux dangers rencontrés (gants, lunettes, casquette, chaussures de sécurité)
- Aménagement des conditions de manutention (aides techniques) et des pièces (chambre...), détecteur de fumées

La formation est un des moyens de prévention important auquel il faut recourir pour diminuer la fréquence des accidents du travail dans les services à la personne :

- Formation à la manutention manuelle et à l’utilisation des aides techniques
- Formation au maniement des outils de bricolage et des appareils électroménager
- Formation à la prévention des risques liés à l’activité physique (PRAP) : adopter les bons gestes et  postures
- Formation aux tâches nécessitant des travaux en hauteur (lavage des vitres, taille des arbres …)
- Formation au secourisme : conduite à tenir en cas d’accident, soins d’urgence (nettoyage et désinfection des plaies …), utilisation d’une trousse de secours, savoir alerter les services de secours.
- Formation à l’hygiène pour toute personne en contact avec des malades, des bébés et avec des animaux domestiques, notamment le lavage des mains et l’élimination des déchets souillés.
- Formation sur les dangers des produits : lecture des étiquettes des substances dangereuses, règles de manipulation des produits chimiques (ne pas transvaser dans un récipient à usage alimentaire, ne pas faire de mélanges de produits, en particulier un détartrant (acide) et un produit contenant de la Javel (base) avec risque de dégagement de chlore), respecter les modalités d’utilisation.

Le port obligatoire des équipements de protection, adapté au travail effectué, doit être sans cesse rappelé : gants de protection en se lavant les mains avant de les mettre et après les avoir retirés, vêtements de travail (blouse, combinaison …) propres, lunettes de sécurité, chaussures de protection éventuellement avec des semelles antidérapantes …

La protection du travailleur isolé, notamment vis-à-vis des risques psychologiques, passe par :

- Favoriser des réunions d’échanges entre l’employeur et le salarié pour identifier les problèmes et discuter des solutions à envisager avant qu’il ne soit trop tard
- Mettre en place des procédures de remontée d’informations
- Prévoir des procédures d’appels téléphoniques pour les situations d’urgence
- Définir clairement les tâches confiées, les limites du rôle et des responsabilités de chaque intervenant et l’en informer.

Novembre 2009

 

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Dossier INRS (2005)  TC 102 : Evaluation et prévention des risques chez les aides à domicile