La prévention des risques dans les métiers de la transformation du cuir

Les métiers de la transformation du cuir exposent leur travailleurs à des risques physiques et chimiques importants, du fait de l'utilisation d'outils et de machines coupantes et piquantes, de la présence de solvants contenus dans les teintures, les vernis et les colles (néoprène...), et de celle de poussières de cuir dans l'air des ateliers. Aux blessures par aiguilles, ciseaux ou couteaux..., s'ajoutent donc des risques liés à l'inhalation de nombreux produits pouvant être irritants ou allergisants et il existe une forte association entre l'exposition professionnelle aux poussières de cuir et l'apparition de cancer naso-sinusien. Par ailleurs, le travail manuel répétitif, les postures contraignantes génèrent de nombreux troubles musculo-squelettiques.

La prévention des risques dans les métiers de la transformation du cuir

L'industrie et l'artisanat de la transformation du cuir exposent ses travailleurs à des risques physiques et chimiques importants, du fait de l'utilisation d'outils et de machines coupantes et piquantes, de la présence de solvants contenus dans les teintures, les vernis et les colles (néoprène...), et de celle de poussières de cuir dans l'air des ateliers.
Aux blessures par aiguilles, ciseaux ou couteaux..., s'ajoutent donc des risques liés à l'inhalation de nombreux produits pouvant être irritants ou allergisants et il existe une forte association entre l'exposition professionnelle aux poussières de cuir et l'apparition de cancer naso-sinusien.
Par ailleurs, le travail manuel répétitif, les postures contraignantes génèrent de nombreux troubles musculo-squelettiques.
Enfin, le risque d'incendie est important compte tenu de la présence de nombreux produits inflammables.
Par des mesures de prévention appropriées, tels les équipements de manutention adaptés, la captation des poussières de cuir et des vapeurs de solvants au plus près de leur point d'émission, une ventilation efficace, une installation électrique et de protection incendie conformes aux normes, le port de gants et de masques, etc., on peut réduire les expositions et diminuer fortement les risques professionnels dans les ateliers de transformation du cuir.

Les principaux risques des métiers de la transformation du cuir

L'industrie et l'artisanat de la transformation du cuir comportent des activités diverses qui présentent toutes, à différents degrés de fréquence ou de gravité, les mêmes types de risques.

Ces activités consistent à assembler et à exécuter les finitions ou réparations nécessaires pour obtenir des produits finis à partir de cuir, c'est-à-dire de peau d'animal (bœuf, porc, chèvre, mouton) transformée lors du tannage en une matière imputrescible, souple, résistant à l'eau et assez imperméable : fabrication de chaussures et de vêtements ou d'accessoires (blousons, pantalons, ceintures, ...), ganterie, ameublement (sièges), sellerie (automobile, équitation), maroquinerie (sacs, valises, ...), cordonnerie.

Les cuirs peuvent être teints, graissés et vernis (teinture et finissage aniline, apprêt coloré..), pour leur donner différents coloris et davantage de souplesse et de solidité, avec des huiles ou des résines, ou recouverts d'un film polyuréthane.

La transformation du cuir utilise des techniques de coupe, d'assemblage, de piquage, de couture, de martelage, de clouage, de collage et de finition par polissage et ponçage, qui s'effectuent manuellement ou avec des outils et machines dangereux et utilisent des produits chimiques, comme la manipulation de la colle (en particulier dans le domaine de la maroquinerie et de la cordonnerie), ce qui constitue une source importante d'exposition aux solvants.
  • Les risques physiques des métiers de la transformation du cuir

La coupe du cuir peut s'effectuer au massicot, ou avec des emporte-pièces appliqués à l'aide d'une presse, à la main avec des ciseaux, au laser ou encore au jet d'eau haute pression dans laquelle sont ajoutés des abrasifs.

La confection consiste à assembler deux pièces de cuir, à l'aide de fil à coudre. La couture se fait mécaniquement par piquage sur machine à coudre, les coutures sont ouvertes et les rabats collés au pinceau, puis écrasés avec un marteau sur une plaque en marbre.

Pour les chaussures, le polissage et le ponçage des semelles se fait au moyen d'une polisseuse à bande.
Certaines machines travaillent à chaud, comme à la teinture et au marquage.

Les causes d'accidents avec ces machines sont nombreuses : blessures des mains par piqûre, coupure, brûlure, abrasion cutanée ou écrasement, projections de corps étrangers dans les yeux...

Ces métiers exigent d'effectuer, particulièrement au piquage et au martelage :
- des gestes fins et répétitifs et un travail à cadence rapide,
- des mouvements prolongés d'extension du poignet ou de préhension de la main avec vibrations dues au choc de l'outil percutant ou à l'utilisation du talon de la main en percussion directe,
- des contraintes posturales dues au travail assis avec position penchée du tronc et position rigide du cou et des épaules.

Il en résulte de fréquents troubles musculo-squelettiques, dont les plus fréquents sont le syndrome du canal carpien (compression du nerf médian du poignet responsable de fourmillements) et des cervicalgies et dorsalgies.

  • Les risques chimiques des métiers de la transformation du cuir

- Les risques chimiques des colles

La colle au néoprène ou chloroprène polymérisé solvanté, est très utilisée dans les industries de transformation du cuir, et ce polychloroprène, avec d'autres composants dissous dans un mélange de solvants qui doivent s'évaporer pour permettre la prise de la colle (toluène, xylène, acétone, butanone, colophane...), génèrent des Composés Organiques Volatils (COV) provoquant des troubles neurologiques (céphalées, vertiges, agitation ou somnolence, ...), des irritations pour les yeux et la peau et, aux fortes concentrations, des convulsions, des affections gastro-intestinales accompagnées de vomissements (Tableau n°84 des maladies professionnelles du Régime Général : Affections engendrées par les solvants organiques liquides à usage professionnel).

Cette dangerosité est accrue du fait de la grande volatilité des COV, c'est-à-dire que les vapeurs sont émises même à pression et température ordinaire de travail, et donc se répandent aisément sous forme gazeuse dans l'air ambiant des ateliers.

Des symptômes d'asthme à la colophane peuvent survenir suite à une sensibilisation respiratoire. (Tableau n°66 des maladies professionnelles du Régime Général : Rhinites et asthmes professionnels).

- Les risques liés aux poussières de cuir

Les opérations de polissage et le ponçage en particulier génèrent une quantité importante de poussières de cuir très fines et ces poussières de cuir sont aussi nocives que celles du bois et provoquent à la longue les mêmes types de cancer des sinus et des voies nasales (adénocarcinome de l'ethmoïde), qui, même s'ils sont rares et d'apparition tardive, ont été longtemps sous-estimés.

La fabrication et la réparation de chaussures sont considérées par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) comme cancérogène groupe 1 pour l'homme, c'est-à-dire comportant des expositions qui sont reconnues comme cancérogènes avérées.

  • Les risques d'incendie et d'explosion

Beaucoup de composés utilisés dans les ateliers de transformation du cuir sont inflammables, forment à certaines concentrations dans l'air un mélange explosible et ainsi présentent un risque important d'incendie et d'explosion lorsqu'ils sont exposés à la chaleur, aux étincelles, aux flammes, notamment à cause de l'accumulation au ras du sol de vapeurs inflammables plus lourdes que l'air.
  • Autres risques
D'autres risques ne sont pas spécifiques aux métiers des ateliers de transformation du cuir, mais communs à toute activité industrielle : chutes de plain pied sur sol glissant, inégal ou encombré, électrisation/électrocution par utilisation d'outillage défectueux ...
Les sources de bruits dues au fonctionnement des machines sont nombreuses : en dehors des atteintes au système auditif (déficit auditif, acouphènes...), le bruit ambiant excessif peut entraîner une gêne ou un stress vecteur de troubles du psychisme qui nuisent non seulement à la santé du travailleur mais aussi à la sécurité de son travail par baisse de vigilance et de dextérité ou de concentration.

Les mesures préventives des risques dans les métiers de la transformation du cuir

La prévention la plus efficace est la prévention primaire avec la mise en place de technologies qui permettent des actions sur les produits (suppression ou emploi de produits de substitution de moindre impact potentiel sur l'homme) et/ou des actions sur les procédés (emploi de matériels ou de machines supprimant ou limitant au maximum les impacts, par de très faibles rejets atmosphériques, par de bas niveaux sonores...).
Les moyens de prévention à mettre en œuvre pour pallier les risques professionnels dans les industries du cuir résident ensuite dans la prévention collective (ventilation efficace de l'atelier et aspiration à la source des poussières et vapeurs, stockage des produits chimiques et installation électrique et de protection incendie conformes aux normes, respect des règles générales d'hygiène...) qui diminue fortement les expositions et la fréquence ces accidents, puis dans la prévention individuelle (équipements de protection) qui en diminue nettement la gravité, enfin dans l'information et la formation à la sécurité des travailleurs.
Par ailleurs, une surveillance médicale renforcée est obligatoire pour les salariés exposés aux risques chimiques des industries du cuir.
- La suppression / substitution des produits les plus toxiques
La première étape consiste à repérer en particulier les agents chimiques cancérogènes ou dangereux dans le cadre de l'évaluation des risques du Document Unique de Sécurité (DUS). Les Fiches de Données de Sécurité (FDS), obligatoires pour tout produit chimique dangereux, comportent les renseignements relatifs à la toxicité des produits, donc notamment leur caractère cancérogène éventuel.
La suppression ou la substitution des produits cancérogènes ou dangereux est la mesure de prévention prioritaire qui s'impose à l'employeur. Des fiches d'aide à la substitution sont disponibles sur le site de l'INRS, et l'utilisation de colle en phase aqueuse peut être une solution ainsi que celle des produits les moins volatils (pression vapeur plus faible), mais la recherche de substituts peut être difficile dans certains cas.

- La ventilation générale et l'aspiration à la source des poussières et vapeurs
Il est indispensable de limiter dans les ateliers la quantité de poussières de cuir et de vapeurs de solvants, sans aucune recirculation de l'air pollué, c'est à dire avec évacuation hors du milieu de travail. Pour ce faire, un système de ventilation générale d'une part et locale d'autre part à l'aide de captation à la source des vapeurs doivent impérativement être mises en œuvre, ainsi qu'un procédé en système clos lorsque c'est techniquement possible (ce qui n'est pas néanmoins une protection absolue du fait des fuites éventuelles et des ouvertures des appareils) : il convient d'assurer une concentration dans l'atmosphère de l'atelier la plus basse possible et pour éviter en tout cas l'exposition des travailleurs à une concentration supérieure à celle des limites de sécurité (valeurs limites et moyennes d'exposition VLE et VME).
      • La ventilation générale repose sur une extraction et soufflage de l'air avec un système de collecte par des ventilateurs, avant son rejet à l'atmosphère après épuration dans des filtres : l'air est transporté dans le local par un ventilateur de soufflage et extrait du local par un ventilateur d'évacuation. L'extraction de l'air se fait grâce à un système de collecte par ces ventilateurs, des gaines de diffusion, et un réseau de conduits qui captent et concentrent les poussières et vapeurs jusqu'aux filtres et aux épurateurs qui permettent de nettoyer l'air, puis de l'évacuer à l'extérieur. Les composants aérauliques comme les ventilateurs, les conduits entre autres doivent être accessibles et faciles d'entretien et de nettoyage. En particulier, les réseaux s'encrassent rapidement avec de filtres hors d'usage, une évacuation des condensats obstruée...
      • La ventilation locale repose sur des systèmes de captage des vapeurs et poussières au plus près de leur point d'émission, avant leur dispersion dans le local : hottes d'aspiration au dessus des postes de collage, avec regroupement des postes exposés.
        La ventilation générale des ateliers doit être déterminée en fonction des aspirations locales pour ne pas perturber l'efficacité des captages à la source.

        Enfin, les récipients de colle doivent disposer d'un couvercle bien refermé après usage, ainsi que les bidons et autres conteneurs de produits chimiques.

      • avec surveillance régulière de l'atmosphère, pour vérifier l'efficacité des mesures d'aspiration par dosages atmosphériques. Ces analyses métrologiques sont confiées à des spécialistes de la sécurité au travail (hygiéniste, ingénieur sécurité). Les rapports d'analyses, d'intervention et de maintenance seront intégrés à la documentation de sécurité au travail de l'entreprise (Document Unique de Sécurité).
      • L'utilisation des solvants est soumise à la législation en vigueur sur les émissions de Composés Organiques Volatils (Directive 2004/42/CE) : en fonction de la surface de l'atelier et de la quantité de solvants utilisée, les ateliers de transformation du cuir doivent mettre en place d'un Schéma de Maîtrise des Emissions, un Plan de Gestion des Solvants ou le respect des Valeurs Limites d'Emissions.
- Un stockage des produits chimiques rigoureux
Le stockage de nombreux produits chimiques présente des risques tels que l'incendie, l'explosion, le risque de chute ou de renversement ou de détérioration d'emballage ... Toutes ces caractéristiques rendent nécessaire, outre les précautions lors de leur emploi, l'aménagement de locaux de stockage, avec des rayonnages métalliques, des planchers et des palettes normalisées.
La réduction des risques existants passe par une réflexion sur la structure du local, sur les modalités de rangement et sur les incompatibilités entre les produits. Des procédures de stockage non adaptées peuvent entraîner une fragilisation des emballages à l'origine de fuites ou de ruptures accidentelles, de pollution, de réactions dangereuses ou d'accidents ou induire une modification ou une dégradation des produits qui le rendent plus dangereux car ils peuvent libérer des vapeurs inflammables ou nocives.
L'empilement doit être stable et sa hauteur ne doit pas affecter l'intégrité des emballages.
Le stockage des bidons et autres sacs ou récipients, doit se faire dans un local ventilé par un système de ventilation mécanique, à l'abri de la chaleur et de l'humidité, et tous les conteneurs de produits chimiques doivent toujours être bien refermés et doivent disposer de bacs de rétention régulièrement vidés si nécessaire.
L'installation électrique du local de stockage est à réaliser avec du matériel utilisable en atmosphère explosible.
Une bonne tenue des sols des locaux de stockage est essentielle pour éviter l'accumulation des matières déversées.
L'interdiction de fumer dans les locaux doit être absolument respectée et signalée de manière apparente (de même que toutes les autres consignes de sécurité).
Il faut stocker les plus faibles quantités de produits possibles car le risque d'incident ou d'accident croît avec la durée et le volume de stockage.

- Une installation électrique conforme

L'incendie et/ou l'explosion peuvent provenir des équipements électriques, et en particulier, l'équipotentialité et la bonne mise à la terre de toutes les installations métalliques doivent être contrôlées, les prises défectueuses remplacées. Les étincelles, arcs et échauffements provoqués par les moteurs et appareillages électriques en fonctionnement peuvent aussi déclencher la catastrophe.
Il convient d'utiliser de l'appareillage électrique conçu pour atmosphères dangereuses afin de prévenir que le matériel, y compris l'éclairage, soit à l'origine d'un incendie ou d'une explosion.
La protection contre les contacts avec les masses mises accidentellement sous tension est obtenue par un dispositif de coupure automatique en cas de défaut d'isolement.
Dans les grandes installations, il est fortement recommandé de placer des explosimètres dans les zones de réception / manutention / stockage / expédition.
Dans le domaine des atmosphères explosives (Atex), des normes européennes fixent le cadre de travail des industriels et des installateurs. Depuis juin 2003, tout nouveau site de type Atex doit être équipé avec du matériel certifié, avec des enveloppes antidéflagrantes. Les autres installations doivent, depuis juin 2006, avoir été mises à niveau.

- L'utilisation de machines et équipements adaptés
      • Dispositifs de sécurité des machines :

        Toute machine doit porter les avertissements, signalisations et dispositifs d'alerte et d'arrêt d'urgence indispensables pour assurer la sécurité des travailleurs afin de supprimer ou réduire au minimum les risques de coupure, d'entraînement, d'écrasement, de cisaillement causés par les éléments exerçant une action directe sur la matière. Cette identification doit être réalisées par des pictogrammes et couleurs normalisées. Les éléments de travail doivent être disposés, protégés, commandés ou équipés de façon telle que les opérateurs ne puissent atteindre la zone dangereuse. En particulier, les machines à coudre doivent être conformes aux normes avec protection contre l'aiguille.

      • Dispositifs antibruit :

        Les machines et équipements doivent être conçues et fabriquées de façon à ce que les émissions sonores soient réduites au niveau le plus bas possible en application d'une directive européenne 2003/10/CE du 6 février 2003 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l'exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques liés au bruit.
        Par le choix ou l'achat de machines et par l'utilisation de procédés silencieux, les émissions sonores peuvent être maintenues à un bas niveau.
        Les machines bruyantes doivent être munies de capots insonorisants et pour réduire les bruits transmis par les sols et les structures, des blocs anti-vibrations peuvent être placés entre la machine et la surface d'appui.

      • L'ergonomie des postes et l'organisation du travail jouent aussi un rôle essentiel pour prévenir les troubles musculo-squelettiques : sièges réglables en hauteur, tapis antifatigue, alternance des postures assis/debout, diversification des tâches pour ne pas solliciter toujours les mêmes articulations.
- Le respect des règles d'hygiène
Une bonne tenue des sols des locaux par aspiration ou par un procédé à l'humide est essentielle pour éviter l'accumulation de déversements et de poussières sous ou autour des machines. Les déversements peuvent créer un danger de glissement et par conséquent doivent être nettoyés immédiatement.
Des mesures complémentaires d'hygiène des locaux doivent être mises en œuvre tel le nettoyage régulier des machines et des parois de l'atelier à l'aide d'un aspirateur industriel adapté avec un filtre absolu qui ne disperse ainsi pas les poussières dans l'air.
Des lavabos, postes de rinçage oculaire et des douches de sécurité doivent se trouver à proximité des postes de travail.
Celles-ci permettent les mesures d'hygiène générale : lavage des mains fréquent avec moyens adaptés, douche en fin de poste... En effet, le respect des règles d'hygiène s'étend aux comportements individuels : ne pas avoir les mains sales afin de ne pas ingérer par inadvertance un produit cancérogène ou toxique et ne pas manger sur le lieu de travail.
Le personnel doit avoir à sa disposition des vestiaires et des sanitaires correctement équipés et en nombre suffisant. Des vestiaires doubles doivent être mis à la disposition des travailleurs : l'entreposage des tenues de travail doit avoir lieu à l'abri de la poussière et des souillures (le rangement des tenues de ville et des tenues de travail doit être séparé).

- Des équipements de protection individuelle appropriés
Les équipements de protection individuelle sont nécessaires pour réduire le risque d'exposition non totalement éliminé par les mesures de protection collectives précédentes, ou lorsque les mesures de prévention technique ne suffisent pas dans le cas d'incidents : gants, vêtements de protection, masques respiratoires filtrants, lunettes de sécurité si il y a un risque de projection oculaire.
S'il y a possibilité de contact avec la main avec les substances chimiques utilisées lors des transvasements par exemple, il s'avère indispensable de porter des gants de protection adaptés à la tâche effectuée et au produit manipulé : il n'existe pas de gant de protection universel. Le type de gants conseillé, imperméables, à longues manchettes, pour éviter la pénétration des produits à l'intérieur, doit être adapté aux différents produits manipulés selon leur composition qui figure sur la Fiche de Sécurité (FDS). Pour éviter les blessures avec des pièces chaudes ou des parties mobiles des machines, le port des gants anti-brûlures ou anti-coupures sont recommandés. Des crèmes de protection cutanée peuvent compléter la prévention des risques des mains.
Il est recommandé aussi de porter des vêtements à manches longues et des combinaisons aux propriétés ininflammables, surtout lors des interventions près des surfaces chaudes, et des combinaisons jetables pour la manipulation de produits dangereux ou pour l'entretien.
Pour les opérations générant des poussières de cuir, le port de masque anti-poussières adapté de type FFP3 est recommandé et, en cas de nécessité (incidents techniques avec émanations...), des appareils de protection respiratoire adéquats doivent être fourni avec masque à cartouche doté d'un filtre adapté au produit.

- Une surveillance médicale renforcée
Généralement, il y a un long délai entre l'exposition et le diagnostic d'un cancer professionnel (en général au moins 10 ans et jusqu'à 50 ans) ce qui nécessite une traçabilité au travers de la rédaction d'une fiche d'exposition et d'une surveillance médicale régulière, à visée de dépistage, réalisées par le médecin du travail, pour les travailleurs très exposés aux poussières de cuir.
A sa sortie de l'entreprise, le travailleur ainsi exposé doit recevoir une attestation d'exposition qui lui permettra de continuer à se faire suivre médicalement. La reconnaissance d'un cancer professionnel est importante, car elle ouvre droit à une réparation intégrale du préjudice subi pendant l'arrêt de travail (indemnisation et gratuité des soins) et au-delà s'il y a des séquelles (capital ou rente d'incapacité).
Les modalités générales de la surveillance des travailleurs exposés à des agents chimiques cancérogènes, donc ceux des industries du cuir, sont précisées dans le Code du travail (décret n°2001-97 du 1er février 2001, décret n°2003-1254 du 23 décembre 2003 et n° 2004-725 du 22 juillet 2004) et (Article R. 4412-40 du Code du Travail) : fiche d'exposition aux produits CMR (Cancérogènes, Mutagènes et Reprotoxiques) et liste des salariés exposés aux produits chimiques dangereux.
      • Suivi médical et toxicologique régulier, au moins annuel. En cas d'anomalie, tout le personnel concerné doit bénéficier d'un examen médical (dosage des métabolites des solvants dans les urines...).
      • Fiche d'aptitude avec mention de l'absence de contre-indications médicales à l'exposition au risque après étude du poste de travail.
      • Le dossier médical doit stipuler la nature du travail effectué, la durée des périodes d'exposition et les résultats des examens médicaux. Ces informations sont indiquées dans l'attestation d'exposition et le dossier médical doit être conservé 40 ans après la cessation de l'exposition.
      • Suivi post professionnel (article D. 461-25 du code de la Sécurité sociale) : quand le salarié n'est plus exposé ou part à la retraite, ce suivi permet d'assurer pour les cancers professionnels qui se déclareraient après, une réparation du dommage subi.
- La formation et l'information du personnel
La formation, par un organisme agréé, sur les dangers des produits utilisés et sur les moyens de se protéger, est indispensable : par exemple, comprendre les étiquettes du contenant des produits, connaître l'attitude à adopter en cas de fuite ou de déversement accidentel, savoir utiliser les E.P.I adéquats, formation aux premiers secours et incendie, formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique).


Octobre 2011