La prévention des risques professionnels dans les papeteries


L’élaboration la transformation et le séchage de la pâte à papier
implique de travailler sur des machines dangereuses
avec des nuisances thermiques. Par ailleurs, la production du papier utilise des produits chimiques toxiques et entraine une exposition
des travailleurs des papeteries aux poussières de fibres de papier.
De plus, le risque d'incendie dans les papeteries,
par combustion vive ou latente, est important compte tenu
de la présence de nombreux produits inflammables...


L’élaboration de la pâte à papier, puis la transformation de la pâte et le séchage implique de travailler sur des machines dangereuses (pièces mécaniques en mouvement), avec des nuisances thermiques, pouvant provoquer des blessures corporelles graves, des brûlures sérieuses … Beaucoup de postes physiquement pénibles sont à l’origine de nombreux troubles musculo-squelettiques.

Par ailleurs, la production du papier utilise des produits chimiques toxiques (agents de blanchiment, adjuvants, formaldéhyde …) et entraine une exposition des travailleurs des papeteries aux poussières de fibres de papier : ces produits sont responsables d’allergies, d’irritations de la peau, des yeux et des voies respiratoires supérieures.

De plus, le risque d'incendie dans les papeteries, par combustion vive ou latente, est important compte tenu de la présence de nombreux produits inflammables.

Enfin, il faut prendre en compte les risques professionnels non spécifiques à cette industrie, liés aux manutentions, au bruit, à la possibilité des contacts avec des conducteurs électriques sous tension, … Par des mesures de prévention appropriées, on peut réduire toutes ces expositions et diminuer fortement les risques professionnels dans les industries papetières.

Les principaux risques dans les papeteries

Il y a de multiples sortes de risques dans l’industrie papetière, liés aux produits, aux procédés et aux machines utilisées : chimiques (respiratoires et cutanés), thermiques, mécaniques, incendies ou explosions.

  • Les risques chimiques causés par la toxicité des produits utilisés

Le papier est constitué de fibres de cellulose provenant de fibres végétales (essentiellement le bois, mais aussi d'autres matériaux cellulosiques, dont le papier à recycler), auxquelles on ajoute, pour obtenir des propriétés mécaniques, optiques ou de texture spécifiques à l’utilisation finale :

- des réactifs chimiques de blanchiment : peroxyde d'hydrogène, hydrosulfite ou hypochlorite de sodium, dioxyde de chlore…,
- des adjuvants : produits ignifuges et antiparasitaires (bactéricides, anti-mousses…), charges minérales comme le kaolin, talc, dioxyde de titane utilisé comme charge de pigment lors du couchage, des agents de rétention et de résistance à l’humidité (formaldéhyde), des colorants, colles, azurants optiques, …

Il existe un procédé de fabrication mécanique (pour papier journal, édition,…) et un procédé chimique (pour papier écriture, emballage…) au cours duquel les fibres de cellulose sont isolées au moyen de produits chimiques comme le bisulfite (acide) ou le sulfate (alcalin pour le papier kraft) pour dissoudre la lignine.

Des vapeurs de ces produits sont émises lors de l’ouverture des contenants et lors de l’élévation de température dans le process qui peut entraîner la libération de produits volatils potentiellement dangereux, ou des produits de décomposition thermique, dont la composition peut être différente des produits initiaux. Au dépotage, il y a des risques de projections et pendant les colorations, près des bains de colorants.

Des rejets atmosphériques toxiques de produits chlorés, soufrés ou ammoniacaux peuvent être issus d’un processus de fabrication avec défaut d’étanchéité ou surpression interne, de fuites de canalisation causées par la corrosion ou de vannes mal fermées, aux ouvertures des couvercles...

En particulier, la transformation du bois en pâte de papier par les procédés chimiques au bisulfite et au sulfate, libère des composés soufrés (sulfure de diméthyle, méthylmercaptan, hydrogène sulfuré, dioxyde de soufre) toxiques pour le système respiratoire.

L’exposition aux poussières de bois ou de fibres de papier en suspension dans l’air, produites par actions mécaniques (défibrage…) de fabrication du papier, est aussi préoccupante pour la santé des travailleurs des papeteries.

L’exposition des travailleurs des papeteries à ces poussières et composés gazeux irritants et/ou sensibilisants génère des risques de réactions allergiques (asthme, rhinites), de troubles respiratoires par inflammation de la muqueuse nasale et bronchique, d’irritation des muqueuses oculaires.

Le dioxyde de titane est susceptible de produire une inflammation pulmonaire chronique par inhalation et est classé comme cancérigène possible par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer).

Le formaldéhyde est un produit irritant et sensibilisant, générant des affections cutanées aiguës et chroniques et est responsable de symptômes respiratoires (asthme…). Le formaldéhyde est par ailleurs classé comme cancérogène avéré.

Le dioxyde de chlore gazeux, sous pression, peut être explosif.

L’exposition fréquente et prolongée aux poussières très fines du bois provoquent à la longue des cancers des sinus et des voies nasales (adénocarcinome de l'ethmoïde), qui, même s’ils sont rares et d’apparition tardive, ont été longtemps sous-estimés.

Le personnel d'entretien est de plus exposé aux risques cutanés caustiques des produits de nettoyage des machines (acide sulfurique, soude par exemple).

  • Les risques thermiques causés par les procédés de fabrication des papeteries

Le frottement des rondins de bois sur une meule ou par défibrage des copeaux entre les disques broyeurs d'un raffineur, provoquent une chaleur dépassent facilement les 100 degrés.

Par ailleurs, la production de papier nécessite une chaufferie, notamment pour la cuisson du bois dans les lessiveurs de la voie chimique et pour le séchage du papier pendant la fabrication de la feuille : séchage avec contact par conduction dans des cylindres sécheurs chauffés intérieurement par de la vapeur, ou sans contact par des procédés de convection avec une circulation d'air chaud dirigé vers la feuille, ou sécheurs utilisant les rayonnements infrarouges.

Ces opérations de défibrage, chauffage, séchage entrainent des risques élevés de brûlures par contact avec des éléments chauds non isolés des machines, des conduits de convoyage des vapeurs ou par rupture d’une conduite vapeur, ou en cas de fuite sur les appareils à pression avec jet de vapeur chaude.

Ces risques sont majorés lors des interventions sur des machines et des équipements chauds, notamment pendant les périodes de montage, réglage et maintenance.

  • Les risques mécaniques causés par les machines de fabrication du papier

Des risques mécaniques de happement et de coincement, d’écrasement des membres, de coupures existent, avec la possibilité que des parties du corps et/ou des vêtements soient entraînés par des machines en marche : entraînement dans le convoyeur alimentant les cuves de préparation de la pâte à papier, entre deux cylindres, coupures sur les bords de la toile, sur les rouleaux à angles vifs, plaies avec les cutters lors de la prise d’échantillons, …

  • Les risques d’incendie et d’explosion dans les papeteries

Beaucoup de produits utilisés dans les papeteries, en premier lieu les matières premières, présentent un risque important d’incendie et d’explosion lorsqu’ils sont exposés à la chaleur, aux étincelles, aux flammes ou aux oxydants. Les dispersions de poussières explosives, les accumulations de matériaux inflammables et de poussières de fibres brûlant facilement en contact avec des matériaux chauds ou des flammes libres ou étincelles d’appareillages électriques mal isolés, génèrent des risques particulièrement graves d’incendie ou d’explosion.

Il y a des risques d'explosion des stocks de peroxyde d'hydrogène et lors de la vidange du réacteur de dioxyde de chlore et du rinçage des conduites.

Les stockages de bois / papier / carton, les déchets d’écorce, les fibres de papier chauffées fortement sont des causes d’incendie avec expansion rapide en raison d’envols de particules incandescentes et du haut pouvoir calorifique de la cellulose. Les échauffements intempestifs sur les machines (système de freinage des bobineuses, bourrage du broyeur…), les auto-échauffements liés à la fermentation des copeaux et écorces constituent aussi des possibilités d’incendie.

Les fibres de papier peuvent exploser si leurs poussières sont en mélange dans l'air en concentration suffisante lors des manipulations ou des opérations mécaniques qui génèrent un nuage de poussières, ou si elles sont mises en présence d'une source d'ignition d'une forte décharge électrostatique.

Dans le cas des bobines compactes, on peut aussi assister à des combustions latentes, sans flamme.

  • Autres risques des papeteries

D’autres risques ne sont pas spécifiques aux papeteries, mais communs à toute activité industrielle : chutes de plain pied sur sol glissant, inégal ou encombré, projections de corps étranger dans les yeux, électrisation/électrocution par utilisation d’outillage défectueux… Les charges lourdes portées manuellement, ou le nombre excessif de manipulations et mouvements avec torsion du dos, rotation pour le déplacement, flexion pour le soulèvement, ou la station debout prolongée... sont à l’origine d'accidents de travail concernent la colonne vertébrale (dorsalgies, lombosciatiques) et le vieillissement progressif des structures ostéoarticulaires. Les sources de bruits dues au fonctionnement des machines dans les ateliers de fabrication de papier sont nombreuses : en dehors des atteintes au système auditif (déficit auditif, acouphènes…), le bruit ambiant excessif peut entraîner une gêne ou un stress vecteur de troubles du psychisme qui nuisent non seulement à la santé du travailleur mais aussi à la sécurité de son travail par baisse de vigilance et de dextérité ou de concentration.

  • Rejets de substances dangereuses

Les industries papetières rejettent des substances qui peuvent se révéler toxiques ou polluantes dans l’eau, l’air ou sur le sol et sont ainsi des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) soumises au régime d’autorisation.

Des fuites et déversements accidentels peuvent entrainer des pollutions des sols, des eaux superficielles ou souterraines et des rejets atmosphériques peuvent être issus de réactions physico-chimiques non contrôlées en fabrication, de fuites de canalisation ou encore de vannes mal fermées. Le dioxyde de chlore, l’ammoniac sont très toxiques pour l'environnement.

L’industrie papetière génère des boues issues du traitement des effluents et / ou du désencrage (recyclage de papiers cartons récupérés) : les eaux usées contiennent des substances organiques, organochlorées, colorées, des composés phénoliques …

La mise en place de systèmes d’épuration des rejets atmosphériques et des boues est obligatoire pour permettre de limiter les rejets de polluants.

Les mesures préventives des risques dans les papeteries

La prévention la plus efficace est la prévention primaire avec la mise en place de technologies qui permettent des actions sur les produits (suppression ou emploi de produits de substitution de moindre impact potentiel sur l'homme) et/ou des actions sur les procédés (emploi de matériels ou de machines supprimant ou limitant au maximum les impacts, par de très faibles rejets atmosphériques, par de bas niveaux sonores…).
Les moyens de prévention à mettre en œuvre pour pallier les risques professionnels dans les papeteries résident ensuite dans la prévention collective (ventilation efficace de l’atelier et aspiration des poussières et fumées, stockage des produits chimiques, machines et installation électrique et de protection incendie conformes aux normes, respect des règles générales d’hygiène…) qui diminue fortement les expositions et la fréquence ces accidents, puis dans la prévention individuelle (équipements de protection) qui en diminue nettement la gravité, enfin dans la l’information et la formation à la sécurité des travailleurs.

Par ailleurs, une surveillance médicale renforcée est obligatoire pour les salariés exposés aux risques chimiques des papeteries

  • La suppression / substitution des produits les plus toxiques

La première étape consiste à repérer en particulier les agents chimiques cancérogènes ou dangereux dans le cadre de l'évaluation des risques du Document Unique de Sécurité (DUS). Les Fiches de Données de Sécurité (FDS), obligatoires pour tout produit chimique dangereux, comportent les renseignements relatifs à la toxicité des produits, donc notamment leur caractère cancérogène éventuel.

La  suppression ou la substitution des produits cancérogènes ou dangereux est la mesure de prévention prioritaire qui s'impose à l’employeur.

Choisir une forme physique des adjuvants limitant la production de poussières lors des mélanges : préférer les granulés, écailles ou produits enrobés aux poudres.

  • La ventilation générale et l’aspiration des poussières

Il est indispensable de limiter dans les ateliers des papeteries la quantité de poussières, de vapeurs et  fumées et gaz de décomposition thermique, sans aucune recirculation de l’air pollué, c’est à dire avec évacuation hors du milieu de travail. Pour ce faire, un système de ventilation générale doit impérativement être mises en œuvre, ainsi qu’un procédé en système clos lorsque c’est techniquement possible (ce qui n’est pas néanmoins une protection absolue du fait des fuites éventuelles par défaut d’étanchéité et des ouvertures des appareils et la présence de canalisations, flexibles …) : il convient d’assurer une concentration dans l’atmosphère de l’atelier la plus basse possible et pour éviter en tout cas l’exposition des travailleurs à une concentration supérieure à celle des limites de sécurité (valeurs limites et moyennes d’exposition VLE et VME).

    • La ventilation générale repose sur une extraction et soufflage de l'air avec un système de collecte par des ventilateurs, avant son rejet à l'atmosphère après épuration dans des filtres : l'air est transporté dans le local par un ventilateur de soufflage et extrait du local par un ventilateur d'évacuation. L’extraction de l'air se fait grâce à un système de collecte par ces ventilateurs, des gaines de diffusion, et un réseau de conduits qui captent et concentrent les poussières et vapeurs jusqu'aux filtres et aux épurateurs qui permettent de nettoyer l'air, puis de l’évacuer à l'extérieur. Les composants aérauliques comme les ventilateurs, les conduits entre autres doivent être accessibles et faciles d’entretien et de nettoyage. En particulier, les réseaux s’encrassent rapidement avec de filtres hors d’usage, une évacuation des condensats obstruée…
    • avec surveillance régulière de l'atmosphère, pour vérifier l'efficacité des mesures d'aspiration par dosages atmosphériques. Ces analyses métrologiques sont confiées à des spécialistes de la sécurité au travail (hygiéniste, ingénieur sécurité). Les rapports d’analyses, d’intervention et de maintenance seront intégrés à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise (Document Unique de Sécurité).
    • avec capteurs de détection à poste fixe des gaz dangereux (H2S, SO2, NH3, NO2, ClO2…)  munis d’alarme sonore et visuelle qui assurent une veille de sécurité continuelle.
  • Un stockage des produits chimiques rigoureux

Le stockage des produits chimiques présente des risques tels que l’incendie, l’explosion, le risque de chute ou de renversement ou de détérioration d'emballage … Toutes ces caractéristiques rendent nécessaire, outre les précautions lors de leur emploi, l’aménagement de locaux de stockage, avec des rayonnages métalliques, des planchers et des palettes normalisées. La réduction des risques existants passe par une réflexion sur la structure du local, sur les modalités de rangement et sur les incompatibilités entre les produits. Des procédures de stockage non adaptées peuvent entraîner une fragilisation des emballages à l'origine de fuites ou de ruptures accidentelles, de pollution, de réactions dangereuses ou d'accidents ou induire une modification ou une dégradation des produits qui le rendent plus dangereux car ils peuvent libérer des vapeurs inflammables ou nocives.
L’empilement doit être stable et sa hauteur ne doit pas affecter l’intégrité des emballages.
Le stockage des bidons et autres sacs ou récipients, doit se faire dans un local ventilé par un système de ventilation mécanique, à l'abri de la chaleur et de l'humidité, et tous les conteneurs de produits chimiques doivent toujours être bien refermés.

Les matériels de stockage doivent disposer de capacités de rétention pour prévenir et maîtriser les fuites accidentelles de liquides polluants : bacs de rétention et conteneurs pour fûts, petits récipients, cuves, bouteilles de gaz, …
L'installation électrique du local de stockage est à réaliser avec du matériel utilisable en atmosphère explosible.
Une bonne tenue des sols des locaux de stockage est essentielle pour éviter l’accumulation des matières déversées.
L’interdiction de fumer dans les locaux doit être absolument respectée et signalée de manière apparente (de même que toutes les autres consignes de sécurité).
Il faut stocker les plus faibles quantités de produits possibles car le risque d'incident ou d'accident croît avec la durée et le volume de stockage.

Des détecteurs de gaz (notamment de ClO2) doivent être  utilisés pour déclencher des alarmes en cas de fuite ainsi que des systèmes d'aspersion d'eau pour éviter la dispersion des nuages toxiques, ou de mousse pour étouffer les tensions de vapeurs.

  • Une installation électrique conforme

L’incendie et/ou l’explosion peuvent provenir des équipements électriques, et en particulier, l’équipotentialité et la bonne mise à la terre de toutes les installations métalliques doivent être contrôlées, les prises défectueuses remplacées. Les étincelles, arcs et échauffements provoqués par les moteurs et appareillages électriques en fonctionnement peuvent aussi déclencher la catastrophe.
Il convient d’utiliser de l’appareillage électrique conçu pour atmosphères dangereuses afin de prévenir que le matériel, y compris l’éclairage, soit à l’origine d’un incendie ou d’une explosion.

La protection contre les contacts avec les masses mises accidentellement sous tension est obtenue par un dispositif de coupure automatique en cas de défaut d’isolement et utilisation de disjoncteurs différentiels 30 mA de grande sensibilité.

Il est fortement recommandé de placer des explosimètres dans les zones de réception / manutention / stockage / expédition.
Dans le domaine des atmosphères explosives (Atex), des normes européennes fixent le cadre de travail des industriels et des installateurs. Depuis juin 2003, tout nouveau site de type Atex doit être équipé avec du matériel certifié, avec des enveloppes antidéflagrantes. Les autres installations doivent, depuis juin 2006, avoir été mises à niveau.

  • L’utilisation de machines et équipements adaptés

      • Dispositifs de sécurité des machines :
        Toute machine doit porter les avertissements, signalisations et dispositifs d’alerte indispensables pour assurer la sécurité des travailleurs afin de supprimer ou réduire au minimum les risques de coupure, d’entraînement, d’écrasement, de cisaillement causés par les éléments exerçant une action directe sur la matière. Cette identification doit être réalisées par des pictogrammes et couleurs normalisées. Les éléments de travail doivent être disposés, protégés, commandés ou équipés de façon telle que les opérateurs ne puissent atteindre la zone dangereuse (carters de protection des organes en mouvement…).
        Les panneaux de signalisation seront choisis et disposés de façon à être perçus et compris facilement sans ambiguïté.
        Chaque machine doit être munie d’un ou plusieurs dispositifs d’arrêt d’urgence clairement identifiables (câble ou barre frontale de protection…) accessibles et en nombre suffisant, permettant d’éviter les situations dangereuses en train de se produire.
      • Dispositifs anti-fuites des machines, canalisations…
        Il convient de vérifier que les raccords des installations en circuit fermé, les joints pour empêcher les fuites sont en bon état et correctement posés.
      • Dispositifs antibruit
        Les machines et équipements doivent être conçues et fabriquées de façon à ce que les émissions sonores soient réduites au niveau le plus bas possible en application d’une directive européenne 2003/10/CE du 6 février 2003 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l'exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques liés au bruit.
        Par le choix ou l’achat de machines et par l’utilisation de procédés silencieux, les émissions sonores peuvent être maintenues à un bas niveau.
        Les machines bruyantes doivent être munies de capots insonorisants et pour réduire les bruits transmis par les sols et les structures, des blocs anti-vibrations peuvent être placés entre la machine et la surface d’appui.
      • Mise en œuvre de détecteurs de gaz et de capteurs d'aérosols auprès des machines.
      • Installation de commandes des opérations à distance pour réduire l'exposition des travailleurs et surveillance par vidéo.
      • Bonne isolation thermique des conduits de convoyage des vapeurs, inaccessibilité des parties chaudes des machines en installant des écrans thermiques.
      • Norme : NF EN 1034-1 + A1 - Sécurité des machines - Prescriptions de sécurité pour la conception et la construction de machines de fabrication et de finition du papier

    • La prévention des incendies et explosions

      • Event d'explosion sur les silos, et colonne sèche comprenant des buses d'aspersion permettant de le noyer en cas d'incendie.
      • Système de détection incendie pour la détection précoce du feu et l’activation des alarmes et du système de mise en sécurité incendie actionnant les portes coupe feu pour compartimentage, le désenfumage mécanique, la signalisation des issues, l’extinction automatique et la mise à l’arrêt de certaines installations techniques.
      • Contrôle de la température pour les stockages de copeaux et d'écorces (sonde de température, caméra infra-rouge, ...) et limitation de la durée de stockage.

    • Le respect des règles d’hygiène
    Une bonne tenue des sols des locaux par aspiration ou par un procédé à l’humide est essentielle pour éviter l’accumulation de déversements et de poussières sous ou autour des machines. Les déversements peuvent créer un danger de glissement et par conséquent doivent être nettoyés immédiatement.
    Des mesures complémentaires d’hygiène des locaux doivent être mises en œuvre tel le nettoyage régulier des machines et des parois de l’atelier à l’aide d’un aspirateur industriel adapté avec un filtre absolu qui ne disperse ainsi pas les poussières dans l’air.
    Des lavabos, postes de rinçage oculaire et des douches de sécurité doivent se trouver à proximité des postes de travail. Celles-ci permettent les mesures d'hygiène générale : lavage des mains fréquent avec moyens adaptés, douche en fin de poste... En effet, le respect des règles d’hygiène s’étend aux comportements individuels : ne pas avoir les mains sales afin de ne pas ingérer par inadvertance un produit  toxique et ne pas manger sur le lieu de travail.
    Le personnel doit avoir à sa disposition des vestiaires et des sanitaires correctement équipés et en nombre suffisant. Des vestiaires doubles doivent être mis à la disposition des travailleurs : l’entreposage des tenues de travail doit avoir lieu à l’abri de la poussière et des souillures (le rangement des tenues de ville et des tenues de travail doit être séparé).
    • Des équipements de protection individuelle appropriés

    Les équipements de protection individuelle sont nécessaires pour réduire le risque d’exposition non totalement éliminé par les mesures de protection collectives précédentes, ou lorsque les mesures de prévention technique ne suffisent pas dans le cas d’incidents : gants, vêtements de protection, masques respiratoires filtrants, lunettes de sécurité si il y a un risque de projection oculaire.
    S’il y a possibilité de contact avec la main avec les substances chimiques utilisées lors des transvasements par exemple, il s’avère indispensable de porter des gants de protection adaptés à la tâche effectuée et au produit manipulé : il n'existe pas de gant de protection universel. Le type de gants conseillé, imperméables, à longues manchettes, pour éviter la pénétration des produits à l’intérieur, doit être adapté aux différents produits manipulés selon leur composition qui figure sur la Fiche de Sécurité (FDS). Pour éviter les blessures avec des pièces chaudes ou des parties mobiles des machines, le port des gants anti-brûlures ou anti-coupures sont recommandés. 
    Il est recommandé aussi de porter des vêtements à manches longues et des combinaisons aux propriétés ininflammables, surtout lors des interventions près des surfaces chaudes, et des combinaisons jetables pour la manipulation de produits dangereux ou pour l’entretien.

    Le port d’un un appareil de protection respiratoire à filtre à particules est nécessaire si la concentration des poussières de fibres de papier est supérieure à 10 mg/m3.

    • La formation à la sécurité et l’information du personnel

    La formation, par un organisme agréé, sur les dangers des produits utilisés et sur les moyens de se protéger, est indispensable : par exemple,

      • comprendre les étiquettes du contenant des produits,
      • connaître l’attitude à adopter en cas de fuite ou de déversement accidentel,
      • savoir utiliser les E.P.I adéquats,
      • formation aux premiers secours et incendie,
      • formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique), pour prévenir les risques liés aux manutentions manuelles et apprendre les bonnes postures de travail, les positions articulaires adéquates, en appliquant les principes de base de sécurité physique et d’économie d’effort.
    Février 2012