La prévention des risques professionnels des mareyeurs et des poissonniers

Les mareyeurs et les poissonniers sont chargés de préparer les produits frais de la pêche en vue de leur commercialisation : les opérations de tri, de découpe, de conditionnement et d’emballage présentent des risques physiques liés aux coupures des outils tranchants, aux gestes réplétifs, aux postures contraignantes, au port de lourdes charges, aux chutes de plain-pied sur des sols humides et glissants… Ces risques sont aggravés par ...

La prévention des risques professionnels des mareyeurs et des poissonniers

Les mareyeurs et les poissonniers sont chargés de préparer les produits frais de la pêche en vue de leur commercialisation : les opérations de tri, de découpe, de conditionnement et d’emballage présentent des risques physiques liés aux coupures des outils tranchants, aux gestes réplétifs, aux postures contraignantes, au port de lourdes charges, aux chutes de plain-pied sur des sols humides et glissants… Ces risques sont aggravés par la manipulation par les mareyeurs et les poissonniers de produits très froids dans une ambiance thermique réfrigérée et humide soumise à des courants d’air et le travail de la glace. Les mareyeurs et poissonniers pénétrant dans les chambres froides, indispensables à la conservation des produits de la pêche, et dans les installations frigorifiques, subissent une exposition à un froid excessif.
Les contraintes d’horaires liés aux heures de vente sous les halles à marée et à celles de passage des transporteurs augmentent la pénibilité des conditions de travail dans le mareyage.
Par ailleurs, il faut prendre en compte les risques chimiques liés aux produits détergents et désinfectants (irritations cutanées, allergies), à la possibilité de contacts avec des conducteurs électriques sous tension : les poissonneries sont des locaux à fort risque électrique du fait de l’ambiance humide.

L'évaluation des risques professionnels, l’aménagement de l’environnement du travail, installations et équipements ergonomiques des ateliers de mareyage, des magasins des poissonneries et des chambres froides, les mesures de prévention collective (sécurité des machines, état des sols…), le port d’équipements de protection individuelle appropriés, le respect des mesures d'hygiène (tenue agro-alimentaire, …) et des principes du système HAACP, permettent de diminuer les diverses nuisances et de réduire fortement les risques professionnels dans le mareyage et les poissonneries.
Ces mesures de prévention permettent aussi de participer au respect des exigences croissantes en termes de sécurité sanitaire des aliments.


Les principaux risques des mareyeurs et des poissonniers

Les employés de marée et les poissonniers sont chargés de préparer le poisson frais de mer ou de rivière et les fruits de mer (coquillages et crustacés) puis de les conditionner et de les emballer, en veillant scrupuleusement à l’hygiène et au respect de la chaîne du froid et de règles sanitaires strictes relatives aux locaux, au matériel, aux personnels et aux produits. Ils exercent près des criées dans des ateliers de mareyage, ou dans des rayons de grandes surfaces alimentaires, ou dans des petits commerces spécialisés. L’activité de mareyage et de poissonnerie regroupe donc des entreprises de tailles très diverses, depuis des entreprises artisanales ou semi-artisanales jusqu’à des structures industrielles.
En dehors des activités de réception / expédition qui ne font pas l’objet de ce dossier, les principales opérations d’une entreprise de mareyage ou de poissonnerie sont : - La préparation des produits de la pêche : tri ou allotissement par type de produit, éviscération ou vidage, étêtage, filetage, tranchage, écaillage, pelage, lavage…
- L’élaboration de produits spéciaux, comme les brochettes, …
- Le conditionnement en caisse polystyrène, sous vide, en barquettes sous atmosphère protectrice, en bourriches.
- La mise en chambre froide ou sur le lit de glace des étalages, la congélation,
- L’emballage

Toutes ces opérations génèrent des risques professionnels de fréquence supérieure à la moyenne.

  • Les risques traumatiques
    Le travail dans les ateliers de mareyage et les poissonneries expose à de nombreuses sources de traumatismes. La main est la partie du corps la plus sollicitée et donc la plus atteinte, mais des plaies ouvertes des membres supérieurs, des corps étrangers dans l'œil, des entorses sont aussi des risques de traumatismes fréquents.
    - Les coupures avec les couteaux et autres instruments à main tranchants (écailleur, ciseaux…) dans les ateliers de découpe, en production, en nettoyage ou en affutage, avec surinfection fréquente.
    - Les blessures provoquées par l’utilisation de machines (trancheuse, scie à ruban, cercleuse, peleuse…) ou équipements de travail (convoyeurs, compacteur à déchets…). Certaines parties des machines, les opérations de nettoyage et de maintenance, les réglages, les démarrages sont sources d'accidents du fait des pièces en mouvement et des organes de transmission de la puissance (courroies…) : en particulier lors des mises en marche intempestives, des arrêts anormaux suite à un bourrage ou à une rupture d’énergie : coupures aux mains, lacérations des avant-bras ou écrasements lors des nettoyages par exemple, ou lors des déplacements des éléments mobiles des machines, frictions, coincements…
    - Les chutes de plain-pied par glissades du fait de sols souvent humides ou rendus glissant à la suite de salissures de déchets, de fonte de glace, ou par trébuchement sur des sols inégaux (carrelages défectueux…) ou encombrés entrainent de nombreuses lésions physiques cutanées et/ou ostéo-articulaires : foulure, entorse, contusions, plaies cutanées et hémorragies, fractures.
    - Des chutes d’objets stockés en hauteur sur des racks ou des étagères, ou effondrements de palettes ou caisses mal empilées génèrent des fractures, traumatismes crâniens, écrasements des membres…


  • Les risques liés aux postures et aux manutentions
    Les mareyeurs figurent parmi les métiers les plus concernés par les troubles musculo-squelettiques (TMS), c'est-à-dire les affections péri-articulaires provoquant des douleurs des poignets (syndrome du canal carpien), des coudes (épicondylite, épitrochléite), des épaules (tendinites des bras tendus) et des lésions chroniques de la colonne vertébrale (cervicalgies, lombalgies). Les manutentions manuelles et les déplacements de charges sont en effet nombreux : port des caisses lors de la réception et du remballage des marchandises, disposition et réapprovisionnement de l’étal, manutention de glace, …
    De même, les manipulations répétitives effectuées à un rythme soutenu dans la préparation des produits (découpe des poissons, ouverture des coquillages…) et la réfection des lits de glace, des postures contraignantes (station debout prolongée avec piétinements, position penchée en avant fréquente avec bras tendus…) sont sources de pathologies musculo-tendineuses des membres supérieurs.
    Le vieillissement progressif des structures ostéoarticulaires peut aboutir à une inaptitude professionnelle, ce qui, de par leur fréquence et leur impact, tant médical que socioprofessionnel, constitue un problème majeur de santé au travail pour les mareyeurs : le risque total dépend de tous les facteurs (vibrations, élongations, torsions…) en instantané, mais aussi de la totalité des effets reçue au cours de la journée de travail et de la vie professionnelle.


  • Les risques biologiques
    Les poissons et fruits de mer peuvent être porteurs d’agents pathogènes pour l’homme et leur manipulation peut entrainer des risques d’allergies aux protéines animales, des risques septiques ou liés à des toxines spécifiques lors de piqûres et coupures, par des poissons piquants (arêtes dorsales) ou en manutentionnant des déchets. La fréquence des infections secondaires de blessures cutanées par des germes pathogènes contenus par exemple dans les déchets, les viscères, les eaux de nettoyage… est élevée (panaris des doigts …).
    On peut noter aussi une contamination transcutanée par contact direct des muqueuses oculaires en cas de projections accidentelles ou manuportée par frottement des yeux.


  • Les risques thermiques
    Les personnes travaillant en ambiances froides, indispensables à la conservation des produits de la pêche, et dans les installations frigorifiques, subissent une exposition au froid excessif qui peut s’avérer parfois importante.
    Non seulement travailler dans un environnement froid peut être dangereux directement pour la santé, mais aussi indirectement du fait des risques liés à la baisse de dextérité manuelle et de vigilance mentale qui augmentent les taux d'accidents du travail. Les engelures sont des lésions cutanées associées à l'exposition au froid, à la glace et à l’eau à basse température. Les doigts deviennent rouge violacés, douloureux, avec des crevasses et/ou des phlyctènes. L’exposition au froid est aussi susceptible de déclencher le syndrome de Raynaud (doigts blancs et douloureux par vasoconstriction).
    Les ambiances froides associées à des courants d’air et à l’humidité de l’air favorisent aussi l’apparition d’affections aiguës des voies respiratoires supérieures.
    Le froid modifie les caractéristiques des vêtements. Une situation de travail qui impose des passages du froid au chaud dans les entrepôts frigorifiques, peut ainsi entraîner des condensations successives sur et dans le vêtement (transpiration) qui réduisent la protection thermique.
    L'hypothermie causée par une issue bloquée ou un malaise dans une chambre froide représente la pathologie due au froid la plus grave; elle résulte d'une perte excessive de chaleur corporelle et de l'abaissement consécutif de la température centrale du corps.


  • Les risques chimiques
    - Agression chimique par contact avec des produits de nettoyage et de désinfection des outils, locaux et surfaces de travail, chambres froides… Toutes les opérations d'entretien et de nettoyage font appel, pour débarrasser des surfaces inertes (sols, murs, plans de travail, …) de toutes souillures visibles et inactiver ou tuer les micro-organismes présents, à des agents détergents, désinfectants, décapants, détartrants qui utilisent souvent des produits chimiques très agressifs susceptibles de provoquer des intoxications par inhalation ou absorption et des brûlures cutanées ou oculaires, ou des sensibilisations allergiques.
    - Ces pathologies irritatives et/ou allergiques atteignent le plus souvent la peau (dermites, eczéma), suivies des atteintes des muqueuses oculaires (conjonctivite), nasales (rhinite) et bronchiques (asthme…).
    Lors d’une fuite, les fluides frigorigènes des installations frigorifiques, hormis l’ammoniac, ne présentent pas beaucoup de dangers pour la santé : l’ammoniac a, par contre, des propriétés irritantes et corrosives majeures sur les yeux, les poumons et la peau.

  • Autres risques
    Les gênes auditives provoquées par le travail au voisinage de machines bruyantes, les contraintes du travail de nuit, la possibilité des contacts avec des conducteurs électriques sous tension aggravée par le milieu humide, …complètent le tableau des risques.


Les mesures de prévention des risques des mareyeurs et des poissonniers

Les ateliers de mareyage doivent faire l’objet d’une analyse poussée des risques pour permettre la rédaction du Document Unique de Sécurité (Décret du 5 novembre 2001) en appréciant à la fois l’environnement matériel et technique (outils, machines, produits utilisés) et l’efficacité des moyens de protection existants et de leur utilisation selon les postes de travail. Les rapports d’intervention et de maintenance doivent être intégrées à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise et communiquées au médecin du travail et au CHSCT.
Les salariés doivent être aussi informés à propos des produits dangereux mis en œuvre et formés aux pratiques professionnelles sécuritaires. Les Fiches de Données de Sécurité (FDS), obligatoires pour tout produit chimique dangereux, comportent les renseignements relatifs à la toxicité des produits.
  • L’installation des ateliers
    - La bonne aération et ventilation générale permettent un renouvellement de l’air qui diminue la densité des polluants dans les locaux, en particulier celle des produits volatils, des désinfectants qui sont utilisés souvent et éventuellement dans des arrière-magasins et réserves de stockage confinés. Les entrées d'air doivent être compensées par des sorties forcées. L’utilisation de ces systèmes d’extraction d’air permet d’éviter les affections respiratoires. L'entretien régulier du système de ventilation (nettoyage des conduits d'extraction, changement des filtres) est une condition indispensable de bon fonctionnement.
    La refermeture systématique de tous les bidons et autres conteneurs de produits est aussi un moyen simple de limiter la présence de composés volatils dans l’air ambiant.
    La limitation des courants d’air passe par l’installation de gaines de diffusion d’air homogène « basse vitesse », de portes ou rideaux de séparation des différents locaux de travail, de postes de travail éloignés des diffuseurs d’air. La contrainte froide est en effet diminuée en réduisant la vitesse de l'air. La vitesse d'air maximale tolérable est de 0,20 mètre/seconde.
    - Les sols doivent être antidérapants et maintenus propres, secs et rangés pour éviter les chutes, avec dégagement des voies de passage. Il convient d’assurer l'entretien continu des locaux (nettoyage, élimination des déchets). Les inégalités de surfaces et/ou obstacles doivent être soit supprimés (bouchage des trous) ainsi que, si possible, les zones avec des différences de niveau, ou alors les munir de signalisation bien visible et moyens de protection (rampes, …). L’élimination de l’eau sur le sol nécessite d’écouler le fluide répandu sur la surface par un bon système d’évacuation et régulièrement nettoyé.
    - L’installation électrique doit être conforme aux normes de sécurité électrique (norme NF C 15-100), ce qui est d’autant plus important si le travail s’effectue dans une atmosphère ou avec des mains humides. L’installation électrique (armoires électriques, fils et câbles, éclairage) doit être conforme aux normes de sécurité électrique, en particulier, la bonne mise à la terre doit être contrôlée, les prises de courant défectueuses remplacées, les prolongateurs et outils portatifs vérifiés… Un disjoncteur différentiel 30mA doit protéger le circuit électrique. Une liaison de terre équipotentielle doit relier toutes les parties métalliques présentes dans le magasin ou l’atelier.
    - L'environnement de travail doit offrir un éclairage suffisant, dont il faut entretenir régulièrement les dispositifs (remplacement des tubes fluorescents et ampoules …).


  • Les équipements de l’atelier et du magasin
    - Comme toute entreprise recevant du public, les poissonneries sont soumises à la réglementation ERP : mesures de prévention contre l'incendie et facilitation de l'évacuation du public, instructions obligatoires sur l'interdiction de fumer, les moyens de secours, … Les mesures à prendre en cas d’urgence (coupure, brûlure, numéro des services de secours) doivent être connues et visiblement affichées.
    - Les postes de travail doivent être équipés d’aide à la manutention (transpalettes, chariots roulants, diables, poignées de préhension), les présentoirs équipés de roulettes, les étals de glissières. Les conditionnements permettant de limiter les charges sont aussi un bon moyen de réduire les risques dorsolombaires.
    - Les sièges et les plans de travail doivent être réglables en hauteur pour être appropriés ergonomiquement à la tâche à réaliser (sièges assis-debout…). De plus, l'apprentissage et le respect de gestes professionnels corrects sont aussi garants d'une prévention des TMS.
    - Les outils du mareyeur doivent être choisis pour leur qualité technique et ergonomique : utilisation d’outils sécurisés (cutter à lame rétractable, ciseaux), couteaux régulièrement affilés, affutés et nettoyés (machine à laver les couteaux), réparation ou suppression de tout outil défectueux. Les outils doivent aussi posséder un manche thermiquement isolant.
    - L’aménagement de postes de travail (accrochage des coutelières) et de rangements appropriés (étuis, vitrines et porte-couteaux…) évite les coupures en dehors de l’utilisation et maintient le tranchant des outils.
    - La protection individuelle des mains reste néanmoins indispensable : gants anti perforation et protège-bras (Norme NF EN 1082-1) contre les coupures et les coups de couteaux à main.
    - L’élimination des déchets doit être correcte, c'est-à-dire dans un collecteur ou conteneur spécialement adapté afin d’éviter toute blessure ou contact potentiellement contaminant.
    - Les équipements de stockage doivent être conçus et mis en place de manière à pouvoir supporter les charges (résistance et la stabilité des palettes et des rayonnages métalliques) et à empêcher la chute des objets des étagères. Ils doivent par ailleurs être facilement accessibles et à faible hauteur, bien fixés au sol et munis de sabots de protection.


  • Les équipements des chambres froides
    - Apposer une signalisation spécifique (entrée dans une zone de froid extrême, contact possible avec des surfaces froides, présence de surfaces glissantes…).
    Un panneau d’avertissement « Basse température » est prévu par la réglementation.
    - Recouvrir les poignées et les barres métalliques d'un matériau isolant
    - Permettre l'ouverture des portes des chambres réfrigérées depuis l'intérieur en toute circonstance
    - Prévoir un dispositif d'avertissement sonore et lumineux permettant à une personne qui se trouverait enfermée accidentellement de donner l'alarme
    - Prévoir des interrupteurs d'arrêt des ventilateurs situés à l'intérieur de la chambre froide
    - Vérifier régulièrement le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité (portes, avertisseurs, voyants lumineux….)
    - Informer les travailleurs sur les dispositifs de sécurité en place
    - Compléter l'éclairage général par un éclairage de secours
    - Choisir pour les sols des matériaux adaptés au froid afin de prévenir le risque de glissade.
    - Empêcher la formation de givre au sol en utilisant par exemple des assécheurs d’air.
    Le port de protections individuelles contre le froid (combinaison ou veste et pantalon, bottes fourrées antidérapantes, gants épais, grosses chaussettes, bonnet …) sont indispensables.
    Il est primordial d’avoir des vêtements adaptés à un travail en environnement froid, assurant une bonne protection thermique : le vêtement doit être adapté à l'activité et ne pas gêner, en particulier les tâches doivent être réalisables avec les gants, l’employé ne doit pas avoir à les retirer. Les produits froids ne doivent jamais être manipulés à mains nues.


  • La sécurité des machines et la prévention des nuisances sonores
    Chaque machine doit être munie de dispositifs d’arrêt d’urgence interrompant l'alimentation en énergie des actionneurs de façon sûre, clairement identifiables, accessibles et en nombre suffisant, permettant d’éviter les situations dangereuses en train de se produire. La vérification de la mise en place, du bon état de la fonctionnement des protecteurs, des dispositifs de verrouillage ou d’inter-verrouillage et dispositifs de protection (arrêt d’urgence…) est fondamentale, pour assurer par exemple les consignes d’arrêt obligatoire, notamment lors des incidents et des opérations de maintenance, pour lesquelles une véritable procédure de consignation et déconsignation doit être mise en œuvre : en particulier, le cadenassage fait appel à des dispositifs d'isolation tels que les coupe-circuit, les cadenas et systèmes de cadenassage à distance, notamment pour la neutralisation des sources d’énergie avant tout travail d’entretien ou de réglage.
    Les machines et équipements doivent être conçues et fabriquées de façon à ce que les émissions sonores soient réduites au niveau le plus bas possible en application d’une directive européenne 2003/10/CE concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l'exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques liés au bruit.
    Par le choix ou l’achat de machines et par l’utilisation de procédés silencieux, les émissions sonores peuvent être maintenues à un bas niveau.
    Les machines bruyantes doivent être munies de capots insonorisants, situées dans des locaux séparés avec une isolation phonique (compresseurs…) et pour réduire les bruits transmis par les sols et les structures, des blocs anti-vibrations peuvent être placés entre la machine et la surface d’appui. En ce qui concerne les locaux, les réflexions sur les murs entraînent une augmentation du niveau sonore dans le local et des mesures préventives de correction acoustique comme la mise en place de cloisons amovibles recouvertes de produit anti-réverbérant à proximité des installations, réduisent à la fois le niveau sonore et protègent les postes de travail avoisinants.
    Le respect des recommandations des constructeurs et un entretien régulier des installations sont des éléments essentiels pour limiter les risques accidentels et pour prévenir des émanations. Ainsi, l’utilisation et l'entretien des machines doivent être effectués par un personnel qualifié, spécifiquement formé : des machines utilisées de manière non conforme ou mal entretenues et non vérifiées périodiquement créent un risque supplémentaire.


  • Prévention des risques chimiques des produits détergents et désinfectants
    L’hygiène rigoureuse des locaux et du matériel exige l’emploi d’agents détergents et désinfectants (alcools, lessives, décapants, éthers de glycols…). Des mesures de prévention sont indispensables pour la manipulation de ces produits agressifs, particulièrement lors de la dilution des produits concentrés. La prévention première consiste à substituer les produits désinfectants dangereux par des produits moins agressifs.
    La mise en place d’une protection individuelle est nécessaire, puisque la manipulation et le contact avec ces produits de nettoyage restent indispensables.
    C’est ainsi que le port d’équipements de protection individuels (EPI) s’impose pour réduire le plus possible l'exposition aux agents chimiques nocifs des détergents et désinfectants, notamment lors des transvasements ou de dilution : il s’avère indispensable de porter des gants de protection adaptés à la tâche effectuée et au produit manipulé. Il n'existe pas de gant de protection universel. Le type de gants conseillé, imperméables, à longues manchettes, pour éviter la pénétration des produits à l’intérieur, doit être adapté aux différents produits utilisés selon leur composition qui figure sur la Fiche de Sécurité (FDS).
    Le port de lunettes de protection évite les lésions par projections de produits de nettoyage (mais aussi de matières).


  • Prévention des risques des chutes de plain-pied
    Les glissades, les pertes d'équilibre sont souvent provoquées par un sol défectueux ou un trébuchement contre un obstacle non repéré. Le chef d'entreprise doit veiller à maintenir l'ordre dans tous les locaux et surtout dans les zones de stockage. Les voies de circulation doivent être débarrassées de tout obstacle. Il faut éviter les zones d'ombre en optimisant l'éclairage et signaler les escaliers, les dénivelés, les encombrements temporaires…
    Des revêtements de sol antidérapants doivent être privilégiés, les inégalités de surfaces et/ou obstacles doivent être soit supprimés soit clairement signalés, notamment dans les lieux de passage, les sols doivent être nettoyés et essuyés régulièrement et tout produit accidentellement répandu, lors d’une fuite ou déversement, immédiatement épongé.
    Les travailleurs doivent être équipés de chaussures de sécurité avec semelles antidérapantes (conformes à la norme générale EN 345 S2).


  • Le respect des règles d’hygiène
    L’élaboration des procédures appropriées pour maîtriser les risques identifiés afin de préserver la salubrité des aliments suivant le système HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) permet aussi de garantir l'hygiène et la sécurité des mareyeurs sur le lieu de travail.
    HACCP est un système préventif de sécurité des produits basé sur le contrôle des dangers potentiels au niveau des points critiques, afin de viser une sécurité alimentaire maximale.
    Le système HACCP, les procédures et les contrôles sont à regrouper dans un " Plan de Maîtrise Sanitaire " en trois dossiers : Bonnes Pratiques d'Hygiène, Plan HACCP, traçabilité et gestion des crises sanitaires. Le plan de maitrise sanitaire décrit les mesures prises par l'établissement pour assurer l'hygiène et la sécurité sanitaire de ses productions et comprend les éléments nécessaires à la mise en place et les preuves de l'application (enregistrements réguliers et enregistrements en cas d'anomalies).

    • La tenue vestimentaire
      De manière à ce que le personnel ne soit pas en contact avec le produit, une tenue est obligatoire en agro-alimentaire, car elle évite la contamination qui pourrait venir des habits de ville. La tenue doit couvrir le corps et les bras (blouse, combinaison, tablier imperméable…), la charlotte la tête.


    • Les vestiaires
      Dans le domaine de l’hygiène, les vestiaires et les sanitaires doivent faciliter les pratiques d’hygiène corporelle, être d’un entretien facile, être aménagés de façon à isoler explicitement des zones spécifiques et être adaptés au nombre de salariés. Des vestiaires doubles appropriés doivent être mis à la disposition des travailleurs car ceux-ci doivent porter des vêtements de travail spéciaux : l’entreposage des tenues de travail doit avoir lieu à l’abri de la poussière et des souillures et le rangement des tenues de ville et des tenues de travail doit être séparé ; il est primordial d'avoir un lieu de rangement pour le linge propre, et un autre pour le linge sale et d’avoir des équipements permettant le séchage des tenues de travail (séche-bottes, séche-gants…). Des lavabos, postes de rinçage oculaire et des douches de sécurité doivent se trouver à proximité des postes de travail. Celles-ci permettent les mesures d'hygiène générale : lavage des mains fréquent avec moyens adaptés, douche en fin de poste... En effet, le respect des règles d’hygiène s’étend aux comportements individuels : ne pas avoir les mains sales afin de ne pas ingérer par inadvertance un produit toxique et ne pas manger sur le lieu de travail.

    • L’hygiène des mains
      Le port de gants ne remplace pas le lavage des mains.
      Le lavage des mains avec un savon neutre est indispensable après tout contact avec des souillures, avant chaque pause, etc.…
      Il est également conseillé à l’utilisateur de se laver les mains à l’eau claire après chaque utilisation des gants et d’utiliser les gants avec des mains sèches et propres.
      Le lave-mains à commande non manuelle est nécessaire (au genou, au coude, électronique).
      Il existe par ailleurs également des distributeurs de savon ou solution désinfectante à commande non manuelle, faciles à installer, simples à utiliser.


    • L’entretien des locaux
      Une bonne tenue des sols des locaux par un procédé à l’humide (jet d’eau ou système eau/vapeur), est essentielle pour éviter l’accumulation de déversements, de déchets et de poussières sous ou autour des postes de travail. Les déversements peuvent créer un danger de glissement et par conséquent doivent être nettoyés immédiatement.


    • Les premiers secours
      Les consignes en cas d'accident (n° d'appel d'urgence, conduite à tenir, identification des services de secours) doivent être visiblement affichées.
      Une trousse complète contenant un matériel de premiers secours non périmé (solutions antiseptiques, pansements,…), aisément et rapidement accessible, doit être mise à la disposition du personnel ; toute blessure cutanée doit immédiatement être désinfectée et pansée.
      Des extincteurs doivent être disponibles en nombre suffisant et vérifiés annuellement.


    - La vaccination préventive contre Diphtérie Tétanos Polio doit être à jour (tous les 10 ans).

  • Des mesures de formation aux risques
    La multiplicité, la fréquence et la gravité des accidents du travail dans les métiers du mareyage nécessitent d’entreprendre des actions de sensibilisation et de formation des travailleurs à la sécurité.
    En particulier, pour le personnel saisonnier, des séances minimales d’information sur les risques et les moyens de les prévenir (notamment pour les dorsalgies, tendinites, coupures, projections oculaires…) doivent être organisées, à la fois dans le cadre de leur intégration, puis lors d’un suivi particulier et d’un encadrement adapté à leur profil.

    - Formation du personnel sur les dangers des produits utilisés et sur les moyens de se protéger (par exemple savoir lire attentivement l‘étiquette du contenant des produits et connaître les symboles présents sur les récipients, utiliser les E.P.I adéquats),
    - Formation sur les premiers secours pour pallier les conséquences d'un éventuel accident de travail
    - Formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique) pour prévenir les risques liés aux manutentions manuelles. Il s’agit d’apprendre les bonnes postures de travail, les positions articulaires adéquates, en appliquant les principes de base de sécurité physique et d’économie d’effort.
    - Formation à la mise en œuvre et à l'utilisation des équipements de protection individuelle.
    - Formation sécurité au poste de découpe et aux techniques de filetage et d’affûtage
    - Formation aux règles d’hygiène, nettoyage-désinfection

Septembre 2012