La prévention des risques professionnels dans les cokeries

Les cokeries sont des usines où le charbon est pyrolysé dans des fours à l'abri de l'air pour produire du coke utilisé en tant qu'agent réducteur, combustible et support du minerai dans les hauts fourneaux pour obtenir la fusion de la fonte brute. Les cokeries figurent parmi les usines les plus polluantes pour l’environnement (air et sols) et les plus dangereuses pour la santé des travailleurs, que ce soit lié à des risques chimiques ou physiques...

La prévention des risques professionnels dans les cokeries

Les cokeries sont des usines où le charbon est pyrolysé dans des fours à l'abri de l'air pour produire du coke utilisé en tant qu'agent réducteur, combustible et support du minerai dans les hauts fourneaux pour obtenir la fusion de la fonte brute.

Les cokeries figurent parmi les usines les plus polluantes pour l’environnement (air et sols) et les plus dangereuses pour la santé des travailleurs, que ce soit lié à des risques chimiques ou physiques : émissions de poussières et gaz pouvant provoquer des intoxications et des affections des voies respiratoires, dont des effets carcinogènes, niveaux sonores élevés, exposition à la chaleur et brulures, travaux sur des machines en mouvement, explosions dues aux gaz et aux poussières, travail de nuit, ... et tous les risques professionnels industriels non spécifiques (chutes de plain-pied, risques liés à la manutention ...). Les accidents du travail provoqués par des blessures aux mains ou des corps étrangers dans les yeux sont également très fréquents.

Par des mesures de prévention appropriées, on peut réduire toutes ces expositions et diminuer fortement les risques professionnels dans les cokeries.

Les principaux risques dans les cokeries

La fonte brute, précurseur de la fabrication de l’acier par décarburation dans des convertisseurs, provient des hauts fourneaux dans lesquels on introduit un mélange de minerai de fer et de coke, charbon purifié de ses gaz et huiles lourdes dans une cokerie.
La fabrication de coke dans les fours des cokeries s’obtient par pyrolyse du charbon : la pyrolyse décompose le charbon par une augmentation importante de la température dans le four pour obtenir, en atmosphère pauvre en oxygène pour éviter l'oxydation et la combustion, de la matière à haute teneur carbonée résidu de la carbonisation (coke), mais aussi des matières goudronneuses, des gaz combustibles (hydrogène, méthane, ...), d’autres gaz (hydrogène sulfuré, ammoniac, anhydride sulfureux, oxydes d’azote et de carbone, ...) et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sous forme de mélanges complexes.
En plus de la production de coke, les traitements carbochimiques du goudron de houille permettent ensuite, par distillation, d’obtenir des produits comme le benzène, le toluène, le xylène, le phénol, le crésol ...
Le gaz combustible produit peut être brulé pour que la chaleur de sa combustion soit retransmise au charbon enfourné, ou bien doit être comprimé et épuré pour être transporté dans les gazoducs dans l’usine sidérurgique pour alimenter les hauts-fourneaux ou dans le réseau.
Tout d’abord, le charbon réceptionné est envoyé par convoyeur pour être stocker dans des silos, puis broyé pour former une pâte à coke à charger dans les fours.
Ces fours à coke sont dotés de machines et bandes-transporteuses assurant le chargement et ensuite le défournement (guide-coke). Puis, le coke chaud est transféré dans les récipients d'extinction (wagon d'extinction ou coke-car) jusqu'à l'installation d'extinction par arrosage pour la voie humide ou par courant de gaz pour la voie sèche. Enfin, le coke est criblé par fractions granulométriques.
Les travaux de cokerie utilisent des fours qui exposent à de fortes chaleurs et aux rayons infrarouges et produisent ou emploient de nombreux gaz et produits chimiques toxiques (par exemple réfection des revêtements réfractaires des fours), dont certains sont cancérogènes. De très nombreux postes de travail recèlent aussi des risques physiques importants : la conduite des machines (enfourneuse et défourneuse, guide-coke, locotracteur des wagons à coke, broyeur, crible ...), la présence de bandes transporteuses, exposent à des accidents dus aux organes en mouvement, à une forte intensité sonore. Ces risques chimiques, thermiques, sonores et physiques font de la cokerie une activité très accidentogène. Par ailleurs, la présence massive de gaz et de poussières combustibles expose à un risque grave d'explosion et d’incendie.

  • Les risques chimiques causés par les procédés de cokerie

    Des hydrocarbures aromatiques et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont formés lors de la pyrolyse du charbon et certains d’entre eux sont classés comme cancérogènes.
    Les fumées et vapeurs d’hydrocarbures aromatiques peuvent provoquer :
    - des troubles neurologiques (céphalées, vertiges, agitation, irritabilité, somnolence, convulsions, ébriété),
    - des affections gastro-intestinales accompagnées de vomissements à répétition,
    - des anémies dues à la toxicité pour les cellules sanguines et la moelle osseuse (benzolisme),
    - des affections des voies respiratoires supérieures et inférieures : manifestations aiguës comme les irritations pulmonaires et laryngo-pharyngées, ou manifestations respiratoires chroniques (bronchites, emphysème).
    - des irritations oculaires (conjonctivites) et cutanées.
    - ototoxicité, en particulier pour le toluène, le xylène et le styrène
    L’air ambiant des cokeries comprend notamment du benzo(a)pyrène, du benzo(a)anthracène, benzo(b)fluoranthène, benzo(k)fluoranthène, indéno(1,2,3-cd)pyrène etc.
    Le benzo(a)pyrène (BaP) est un des HAP le plus toxique par son caractère mutagène et fortement cancérogène.
    Les hydrocarbures aromatiques polycycliques HAP pénètrent dans l’organisme par voie transcutanée et par voie respiratoire, voire suite à l’ingestion de particules polluées. Si la toxicité de l’ensemble des HAP n’est pas connue, plusieurs d’entre eux sont classés cancérogène probable ou possible et sont susceptibles de provoquer des cancers du poumon et des cancers de la vessie qui peuvent se déclarer très longtemps après l'exposition.

    Des atteintes respiratoires sont causées par l’inhalation d’autres gaz irritants, asphyxiant et/ou toxiques que dégage la pyrolyse du charbon : H2S, NH3, HCN, CO, NO, NO2, SO2 ... L’inhalation de ces gaz provoque des affections des voies respiratoires supérieures et inférieures aiguës ou chroniques en pénétrant dans les bronchioles et alvéoles pulmonaires.

    Des poussières de charbon et de coke irritantes en suspension dans l’air peuvent causer une rhinite ou une inflammation de la muqueuse nasale. Certaines particules très fines réussissent à traverser la cavité nasale et à s'attaquer à la trachée et aux poumons, ou elles engendrent une inflammation des muqueuses de la trachée (trachéite) ou des bronches (bronchite), mais surtout parviennent à atteindre les alvéoles pulmonaires, et s’y accumuler si l’intensité ou la fréquence d’exposition dépasse le seuil d’élimination naturelle du corps par le mucus (biopersistance).
    Les poumons sont alors constamment exposés aux risques liés à la poussière respirée et l'inhalation excessive de poussière peut causer une pneumopathie : la formation d'un tissu fibreux ou cicatriciel (nodules) peut porter atteinte à la fonction pulmonaire et donne lieu à une affection appelée anthracose.

    La présence de poussières de silice cristalline et d'amiante dans les travaux de maçon fumiste de réfection des revêtements réfractaires et de pose et dépose de matériaux isolants fibreux dans les fours expose aux risques de fibrose et de cancer pulmonaires (silicose, asbestose et mésothéliome causés par l’amiante).

  • Les risques thermiques causés par les procédés de cokerie
    Lors de la production de coke, la température du four, selon le processus, se trouve à moyenne température de 700 à 900 °C ou à haute température de 900 °C jusqu’à 1300 °C, et le gaz de cokerie à des températures entre 750 et 900° C. Du fait de ces procédés, les abords des cokeries sont donc particulièrement exposés à l’énergie rayonnante des infrarouges, aux températures élevées et aux risques de brûlures thermiques : à la sortie du four les matières sont à une température d’environ 800 °C, et le gaz qui sort des fours est à une température d’environ 600 °C.
    Le contact direct de la peau avec des surfaces chaudes peut bien entendu d’abord provoquer de très graves brûlures cutanées, mais la proximité d’une source de chaleur peut aussi entrainer des céphalées, hypersudation, tachycardie, hypotension et, conjuguée à des températures de l’air élevée, provoquer des malaises dus à la déshydratation et des troubles circulatoires. Au-delà de 25 oC, l'inconfort se fait ressentir avec, de plus, toutes les conséquences psychologiques que cela peut avoir sur la précision des gestes, la vigilance et donc la sécurité (diminution des capacités de réaction, irritabilité, agressivité).
    Les expositions au rayonnement infrarouge provenant des surfaces et matières chaudes, dont la densité de puissance transférable est beaucoup plus forte qu’en convection, peuvent augmenter le risque de cataracte et d’altération rétinienne et cornéenne ou de brûlures ou d’irritations cutanées.

  • Les risques sonores causés par les procédés de cokerie
    Les sources de bruits dans les cokeries sont nombreuses : les équipements de mélange, les stations de broyage, les installations de criblage du charbon et du coke, les appareils de compression du gaz sont très bruyants.
    Les niveaux de pression acoustique engendrés par les bruits des machines (sans insonorisation adaptée) dans les cokeries peuvent dépasser 85 dB.
    En dehors des atteintes au système auditif (déficit auditif pouvant entrainer à la longue une surdité professionnelle, acouphènes...), le bruit ambiant peut entraîner une gêne ou un stress vecteur de troubles du psychisme et de pathologies qui nuisent non seulement à la santé du travailleur mais aussi à la sécurité de son travail par baisse de vigilance et de dextérité ou de concentration.

  • Les risques physiques causés par les procédés de cokerie
    L’activité continue dans les cokeries implique un travail de nuit ou posté en équipes alternantes. La perturbation des rythmes du sommeil peut entrainer une survenue d’accidents accrue due à la somnolence et au manque de vigilance induit, lié à l’augmentation du temps de réaction aux aléas.

    - Risques liés aux machines et outillages
    De nombreuses machines sont susceptibles d’avoir des organes en mouvement qui provoquent des risques de coincements, de coupures aux mains, de lacérations des avant-bras, en particulier lors des mises en marche intempestives, des arrêts anormaux suite à une rupture d’énergie ou lors des nettoyages par exemple.

    - Risques liés aux manutentions
    Le port de lourdes charges, les contraintes posturales exigeantes du rachis, sont à l’origine d'accidents de travail concernant la colonne vertébrale (dorsalgies, lombosciatiques).

    - Risques liés aux convoyeurs à bande
    Les possibilités d’accès aux différentes zones dangereuses des convoyeurs à bande, conçus pour le transport en continu, notamment au cours d’interventions de maintenance (nettoyage sous le convoyeur, déblocages, débourrages, ...) génèrent des accidents pouvant être graves, du fait des éléments mobiles ou de la courroie transporteuse et des déplacements des charges (chute du matériau transporté...).
    Les dommages peuvent être dus au cisaillement et à l’écrasement entre la charge et une partie fixe ou aussi résulter de la chute de la charge ou d’un choc avec la charge. Des risques mécaniques de happement, de coincement, d’enroulement existent notamment pour les travailleurs chargés de la maintenance, avec la possibilité que des parties du corps et/ou des vêtements soient entraînés par les convoyeurs en marche au contact des organes tournants (rouleaux...).
    Ces dangers sont présents par exemple lorsque les travailleurs essayent de débloquer le bourrage des mécanismes (enlèvement d’une accumulation) lors d’un incident de fonctionnement avec l’installation encore en mouvement ou démarrant inopinément.

    - Autres risques physiquesv Chutes de plain pied sur sol glissant, inégal ou encombré, projections de particules dans les yeux, troubles musculo-squelettiques causés par les activités en station debout prolongée, s'effectuant dans des postures complexes et avec des gestes répétitifs ou dans des espaces confinés notamment pour la réfection des fours, électrocution par contact direct (trolleys ...).

Les mesures de prévention des risques dans les cokeries

Les cokeries doivent faire l’objet d’une analyse poussée des risques pour permettre la rédaction du Document Unique de Sécurité en appréciant à la fois l’environnement matériel et technique (outils, machines, produits utilisés) et l’efficacité des moyens de protection existants et de leur utilisation selon les postes de travail.
Les analyses de risques sont confiées à des spécialistes de la sécurité au travail (hygiéniste, ingénieur sécurité). Les rapports d’intervention et de maintenance seront aussi intégrés à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise et communiquées au médecin du travail et au CHSCT.
Les salariés doivent être aussi informés à propos des produits dangereux mis en œuvre et formés aux pratiques professionnelles sécuritaires.
La prévention la plus efficace est la prévention primaire avec la mise en place de technologies qui permettent des actions sur les produits (suppression ou emploi de produits de substitution de moindre impact potentiel sur l'homme) et/ou des actions sur les procédés (emploi de matériels ou de machines supprimant ou limitant au maximum les impacts, par de très faibles rejets atmosphériques, par de bas niveaux sonores...).
La prévention collective implique l’utilisation de systèmes de fabrication isolés et automatisés et de dispositifs mécaniques comme l’extraction de poussières et de vapeurs qui permettent de réduire l’exposition des travailleurs.
Enfin, le port d’équipement de protection individuel (combinaison, gants, chaussures et lunettes de protection, masques...) est obligatoire pour réduire le risque d’exposition non totalement éliminé par les mesures de protection collectives, ainsi que la présence d’installations et de matériel de premier secours.

  • Réduction de l’émission de gaz et poussières
    Les émissions de gaz et poussières doivent être réduites à toutes les étapes du traitement : déchargement, stockage, broyage et transport du charbon, puis enfournement et défournement, refroidissement et criblage du coke, nettoyage des fours.
    L’arrosage, l’encoffrement, la captation, sont des mesures fondamentales :
    - L’arrosage des aires de stockage du charbon et de coke permet de réduire la remise en suspension des poussières suite au déversement.
    - Le capotage et le bâchage des équipements pour enfermer le lieu d’émission de la poussière et évite qu’elle se disperse dans l’air ambiant : sur les cribles, sur les bandes des convoyeurs ...
    - La captation par aspiration des gaz à l’enfournement et au défournement, au niveau des portes, sur les lignes de criblage et de broyage.
    - Choix de portes et joints d’étanchéité hautement performants.
    - Mécanisation des opérations de nettoyage des fours (hottes aspirantes ...).
    - Installations de traitement de l’air des cabines des machines : enfourneuse, défourneuse, guide-coke, coke-cars avec cabine de commande fermée et climatisée.
    - Installations de postes de conduite de contrôle automatisé de la cuisson du coke.
    Il faut effectuer des prélèvements d’échantillons de poussières et de gaz de manière à respecter les valeurs limites d’exposition professionnelle VLEP réglementaires contraignantes qui sont fixées dans le Code du travail : la mesure périodique des agents chimiques par prélèvements d'atmosphère et analyses des vapeurs, gaz, poussières est importante.

    La valeur limite correspond à sa concentration dans l’atmosphère dans laquelle une personne peut travailler pendant un temps donné sans risque d’altération pour sa santé.

    La Valeur Limite d’Exposition (VLE) est la concentration maximum à laquelle un travailleur peut être exposée au plus pendant 15 mn sans altérations physiologiques : ce critère a pour but d’éviter les effets immédiats sur l’organisme.

    La Valeur Limite Moyenne d’exposition (VME) est la limite d’exposition d’un travailleur pour une exposition régulière de 8h par jour et de 40h par semaine : ce critère a pour objectif d’éviter les effets à long terme sur l’organisme.

    La norme EN 481 concerne l’échantillonnage de poussières ou d’aérosols sur les lieux de travail et donne les caractéristiques des instruments à utiliser pour déterminer les concentrations.

    Les mesures et analyses peuvent être faites par l’employeur ou par un laboratoire extérieur et le respect des valeurs limites doit être vérifié au moins annuellement.

    Si la valeur limite d’exposition est dépassée, cela permet d’imposer un arrêt temporaire d'activité pour remédier à la situation, puis il faut réaliser un nouveau contrôle sans délai.

    Ces rapports d’analyses métrologiques, d’intervention et de maintenance seront intégrés à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise (Document Unique de Sécurité). Pour compléter la prévention, des détecteurs de CO portatif ou fixe permettent un avertissement précoce du danger.

  • Réduction de l’émission sonore
    Par le choix ou l’achat de machines et par l’utilisation de procédés silencieux, les émissions sonores peuvent être maintenues à un bas niveau.
    Les machines bruyantes, les pompes hydrauliques seront, selon les possibilités, munis de capots insonorisants et pour réduire les bruits transmis par les sols et les structures, des blocs anti-vibrations peuvent être placés entre la machine et la surface d’appui.
    Les postes de commande et de contrôle peuvent se situer dans un local séparé avec une isolation phonique.
    En ce qui concerne les locaux, les réflexions sur les murs entraînent une augmentation du niveau sonore dans le local et des mesures préventives de correction acoustique comme la mise en place d’un plafond absorbant, de cloisons amovibles à proximité des installations, réduisent à la fois le niveau sonore et protègent les postes de travail avoisinants.

  • L’utilisation de machines et équipements sécurisés
    Le process des nouvelles grandes cokeries est largement mécanisé et automatisé, ce qui réduit considérablement les risques physiques (manutention, coupures...). Toutefois, des incidents dans l’automatisation des opérations, des fuites, nécessitent des interventions de maintenance qui restent dangereuses.

    Toute machine doit porter les avertissements, signalisations et dispositifs d’alerte indispensables pour assurer la sécurité des travailleurs afin de supprimer ou réduire au minimum les risques de coupure, d’entraînement, d’écrasement, de cisaillement. Cette identification doit être réalisées par des pictogrammes et couleurs normalisées. Les éléments de travail doivent être disposés, protégés, commandés ou équipés de façon telle que les opérateurs ne puissent atteindre la zone dangereuse (carters de protection des organes en mouvement...) et doivent être interverrouillés pour ceux fonctionnant ensemble.
    Les panneaux de signalisation seront choisis et disposés de façon à être perçus et compris facilement sans ambiguïté.
    Chaque machine doit être munie d’un ou plusieurs dispositifs d’arrêt d’urgence et en cas d'ouverture clairement identifiables, accessibles et en nombre suffisant, permettant d’éviter les situations dangereuses en train de se produire.
    La protection contre les risques thermiques nécessite une bonne isolation thermique et l’inaccessibilité des parties chaudes des équipements, l’éloignement des postes de travail, et l’installation d’écrans thermiques, de vitres anti-rayonnements dans les cabines, ...

  • La prévention des incendies et des explosions
    Il est interdit de fumer à proximité des aires de stockage des gaz et des produits combustibles.

    Les moyens de secours et de lutte contre l'incendie doivent être particulièrement adaptés et régulièrement contrôlés, avec des plans d'évacuation et des exercices d’application fréquents, et un matériel de lutte contre l’incendie doit être réparti judicieusement sur toute l’étendue du site de la cokerie.

    Il faut vérifier la bonne marche et le bon état des matériels et des circuits électriques. Les étincelles, arcs et échauffements anormaux provoqués par les moteurs et appareillages électriques en fonctionnement peuvent déclencher la catastrophe.
    Il convient d’utiliser de l’appareillage électrique conçu pour atmosphères dangereuses afin de prévenir que le matériel, y compris l’éclairage, soit à l’origine d’un incendie ou d’une explosion.
    La protection contre les contacts avec les masses mises accidentellement sous tension est obtenue par un dispositif de coupure automatique en cas de défaut d’isolement.
    Il est fortement recommandé de placer des explosimètres dans les zones de réception / manutention / stockage.
    Dans le domaine des atmosphères explosives (ATEX), des normes européennes fixent le cadre de travail des industriels et des installateurs. Tout site de type ATEX doit être équipé avec du matériel certifié, avec des enveloppes antidéflagrantes (disjoncteurs, dispositifs d’éclairage antidéflagrants).

  • Le respect des règles d’hygiène
    Une bonne tenue des sols des locaux par aspiration ou par un procédé à l’humide (jet d’eau ou système eau/vapeur), est essentielle pour éviter l’accumulation de déversements et de poussières sous ou autour des machines. Les déversements peuvent créer un danger de glissement et par conséquent doivent être nettoyés immédiatement.
    Des lavabos, postes de rinçage oculaire et des douches de sécurité doivent se trouver à proximité des postes de travail. Celles-ci permettent les mesures d'hygiène générale : lavage des mains fréquent avec moyens adaptés, douche en fin de poste... En effet, le respect des règles d’hygiène s’étend aux comportements individuels : ne pas avoir les mains sales afin de ne pas ingérer par inadvertance un produit toxique et ne pas manger sur le lieu de travail.
    Le personnel doit avoir à sa disposition des vestiaires et des sanitaires correctement équipés et en nombre suffisant. Des vestiaires doubles doivent être mis à la disposition des travailleurs : l’entreposage des tenues de travail doit avoir lieu à l’abri de la poussière et des souillures (le rangement des tenues de ville et des tenues de travail doit être séparé).
    Des procédures de travail en ambiance chaude doivent être édictées et respectées de manière à réduire la contrainte thermique : absorption en quantité suffisante d’eau et de boissons renfermant des sels minéraux, rythme travail-repos aménagés en zone tempérée.

  • Le port d’équipements de protection individuel adéquat
    Les équipements de protection individuelle sont nécessaires pour réduire le risque d’exposition non totalement éliminé par les mesures de protection collectives précédentes : gants, vêtements de protection, chaussures et lunettes de sécurité, différents et adaptés à la tâche effectuée.
    S’il y a possibilité de contact avec la main lors des transvasements de produits chimiques par exemple, il s’avère indispensable de porter des gants de protection adaptés au produit manipulé : il n'existe pas de gant de protection universel. Le type de gants conseillé, imperméables, à longues manchettes, pour éviter la pénétration des produits à l’intérieur, doit être adapté aux différents produits manipulés selon leur composition qui figure sur la Fiche de Sécurité (FDS). Des gants appropriés doivent être aussi utilisés pour éviter les coupures aux mains, d’autres pour la protection contre la chaleur ainsi que des manchettes en isolant thermique.

    Des vêtements ignifugés de protection contre la chaleur, tablier, lunettes de sécurité avec verres filtrant les infrarouges ou écran facial de protection complètent la protection pour les travailleurs exposés à la vive chaleur lors des interventions spéciales.

    En cas d’urgence ou pour des travaux exceptionnels d’entretien de courte durée, si le système de ventilation ne suffit pas à empêcher l’accumulation de gaz ou de poussières, un appareil de protection respiratoire adéquat doit être fourni pour éviter l’exposition à une concentration élevée : masque à cartouche FFP3 avec un filtre adapté au produit.

    De même, des protections auditives peuvent être recommandées pour compléter les mesures collectives qui s’avéreraient insuffisamment efficaces.

    Des postes de rinçage oculaire et les douches de sécurité doivent se trouver à proximité des postes de travail pour ôter les projections de poussières ou autres corps étrangers dans les yeux.

  • La surveillance médicale
    Pour les travailleurs des cokeries exposés aux poussières fibreuses, aux agents cancérogènes, au bruit, et travaillant de nuit, il faut réaliser des visites médicales régulières dans le cadre d’une surveillance médicale renforcée :
    - Tests respiratoires (spiromètre) à l’embauche pour détecter une déficience des fonctions pulmonaires et tous les 2 ans pour dépister l’apparition des troubles respiratoires.
    - Radiographie thoracique si nécessaire, épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) conseillées,
    - Audiogramme si nécessaire.

    - Généralement, il y a un long délai entre l'exposition et le diagnostic d’un cancer professionnel (en général au moins 10 ans et jusqu'à 50 ans) ce qui nécessite une traçabilité au travers de la rédaction d’une fiche d'exposition et d’une surveillance médicale régulière, à visée de dépistage, réalisées par le médecin du travail.
    A sa sortie de l’entreprise, le travailleur exposé doit recevoir une attestation d’exposition qui lui permettra de continuer à se faire suivre médicalement. La reconnaissance d'un cancer professionnel est importante, car elle ouvre droit à une réparation intégrale du préjudice subi pendant l’arrêt de travail (indemnisation et gratuité des soins) et au-delà s’il y a des séquelles (capital ou rente d’incapacité).
    - Le dossier médical doit stipuler la nature du travail effectué, la durée des périodes d'exposition et les résultats des examens médicaux. Ces informations sont indiquées dans l'attestation d'exposition et le dossier médical doit être conservé 40 ans après la cessation de l'exposition.
    - Suivi post professionnel (article D. 461-25 du code de la Sécurité sociale) : quand le salarié n'est plus exposé ou part à la retraite, ce suivi permet d'assurer pour les cancers professionnels qui se déclareraient après, une réparation du dommage subi.

  • La formation et l’information du personnel
    La formation, par un organisme agréé, sur les dangers des produits utilisés et sur les moyens de se protéger, est indispensable : par exemple, comprendre les étiquettes du contenant des produits, informer sur le risque potentiel de maladies pulmonaires et sur les moyens de les prévenir, connaître l’attitude à adopter en cas de fuite ou de déversement accidentel, savoir utiliser les E.P.I adéquats, formation aux premiers secours et incendie, formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique) ...


Juin 2015