Les différents concepts de prévention des risques professionnels.


Une prévention efficace des risques professionnels doit donc
nécessairement prendre en compte le facteur humain
et ne pas se borner à l’analyse de prévention technique et organisationnelle
et à la mise en œuvre des mesures qui en découlent.


La prévention concerne l’ensemble des mesures pour prévenir un risque, c'est-à-dire pour l’empêcher totalement de survenir, ou, à défaut, pour éviter ses conséquences ou en réduire les effets ou la fréquence.
La prévention des risques professionnels regroupe les actions collectives ou individuelles qui évitent l'apparition d’un danger lié au travail effectué ou à son environnement, ou en diminue les impacts.
Un accident ou une maladie professionnelle résulte toujours de causes liées à des facteurs de risques techniques, humains, organisationnels ou de l'incidence conjointe de ces facteurs souvent multiples et interdépendants. La prévention doit s’intéresser à tous ces facteurs pouvant être mis en cause dans la genèse d'un accident de travail ou d’une maladie professionnelle : il s’agit de les analyser pour déceler l’importance de leurs effets isolés ou conjugués, et  trouver des mesures et moyens pour les éradiquer si possible, sinon les rendre moins influents.
La prévention des risques professionnels a pour but d’identifier et de modifier les facteurs de risque, avant l’accident mais aussi après, pour éviter les récidives en en tirant tous les enseignements, grâce aux retours d’expérience.
Mais, la prévention des risques professionnels ne se résume pas à l'ensemble de mesures à prendre pour éviter qu'une situation de travail ne se dégrade au point qu'un accident ou une maladie ne survienne.
C’est aussi une attitude : par exemple, le comportement individuel (méconnaissance ou négligence) a parfois autant d'importance que la stratégie et les moyens de prévention et  l’implication des employés et de leurs instances représentatives, leur culture sécuritaire, obtenue et renforcée par la sensibilisation aux risques, l’information et la formation, est fondamentale pour lutter efficacement contre les facteurs de risque.
Une prévention efficace des risques professionnels doit donc nécessairement prendre en compte le facteur humain et ne pas se borner à l’analyse de prévention technique et organisationnelle et à la mise en œuvre des mesures qui en découlent.

Définitions des concepts de risque professionnel

Le risque professionnel est une éventualité permanente de toutes les situations de travail, plus ou moins probable et dommageable selon la nature du travail et les conditions dans lesquelles l'activité professionnelle est exercée. Les conséquences éventuelles du risque professionnel peuvent revêtir deux formes : l’'accident du travail (AT) ou la maladie professionnelle (MP).

Le risque professionnel (ou phénomène dangereux)

C’est la cause capable de provoquer une lésion ou une atteinte à la santé. Les risques sont évalués selon deux critères : probabilité de l'évènement non souhaité et gravité du dommage causé, par son intensité et/ou son étendue (matrice carrée « aléa * enjeu »). Les causes professionnelles sont très diverses et peuvent être relatives à une énergie mal maitrisée (mécanique, électrique, thermique …), des chutes de hauteur, des postures contraignantes, l’utilisation de produits chimiques, des contraintes psychologiques… Le risque global d’une situation de travail donnée est la sommation de toutes les conséquences des événements non souhaités qu’elle est susceptible d’engendrer, affectées de leur probabilité.

Les risques peuvent être classés selon qu’ils sont :

  • mécaniques : heurts par les parties mobiles en mouvement des machines, écrasement par des chutes d’objets ou des véhicules, coupures et perforations par les outils de travail, projections de particules solides (copeaux de métal, de bois, de roche) ou de matière incandescente, contraintes posturales et visuelles et gestes répétitifs …
  • physiques : vibrations produites par les engins, niveau sonore trop élevé,  température trop forte ou trop basse, intempéries pour les travaux extérieurs (humidité, vent…), niveau d'éclairement, qualité de l’air sur le lieu de travail (poussières …), courant électrique, incendie et explosion, différentiel de niveaux  …
  • chimiques : exposition à des substances chimiques par inhalation, ingestion ou contact cutané,  produits gazeux, liquides ou solides, cancérigènes, mutagènes, toxiques, corrosifs, irritants, allergisants…
  • biologiques : exposition à des agents infectieux (bactériens, parasitaires, viraux, fongiques) et allergisants par piqûre, morsure, inhalation, voie cutanéo-muqueuse …
  • radiologiques : existence de radiations ionisantes et radioéléments, de rayonnements laser, de radiations UV et IR, rayonnements électromagnétiques divers…
  • psychologiques : agression physique ou verbale sur le lieu de travail par un client /élève/patient, harcèlement moral ou sexuel par un supérieur hiérarchique, stress managérial, charges mentales excessives (travail permanent sur écran …) …

L'accident du travail

L’accident de travail un événement non souhaité et inopiné provoqué lors d’une tâche prescrite, c'est-à-dire survenu dans le cours et par le fait de l’exécution du contrat de travail, et qui produit un dommage corporel e (exemples : brûlure, électrisation, lombalgie, fracture d’un membre, …).

La maladie professionnelle

Il s’agit d’affections diverses (respiratoires, cutanées ou lésions ostéo-articulaires le plus souvent), survenant du fait de la tâche elle même ou des conditions dans lesquelles s’exerce l’activité professionnelle : maladies infectieuses (hépatites, tétanos…), troubles musculo-squelettiques (syndrome carpien, tendinites, cervicalgies, …), surdité, dermatoses, allergies et cancers professionnels etc.…
Une maladie est professionnelle si elle est la conséquence directe de l'exposition plus ou moins prolongée et/ou répétée d'un travailleur, ayant un rapport causal déterminant sur la survenue de la maladie.

Le danger professionnel

Un danger professionnel est la capacité intrinsèque d’un produit, machine, équipement, procédé ou méthode de travail, ..., d’avoir des conséquences néfastes du fait de son utilisation ou de sa mise en œuvre, pour la santé et la sécurité des travailleurs.

Les facteurs de risque professionnel

Un facteur de risque est un élément qui peut révéler le danger et entraine la survenue du risque. Le facteur de risque augmente la probabilité du dommage, c’est-à-dire celle de la concrétisation du risque. Il y a facteurs techniques, humains, et des facteurs organisationnels

  • Facteurs techniques : normes de sécurité des machines, ergonomie du poste de travail, toxicité des produits utilisés, ventilation et éclairage des locaux, signalisation et balisage des zones à risques …
  • Facteurs humains : information, formation et expérience des travailleurs, respect des consignes de sécurité ...
  • Facteurs organisationnels : méthodes de management, exigences de productivité et de qualité…

Les facteurs de risque sont collectifs (ils concernent tous les travailleurs exposés) ou individuels (aspects comportementaux ou médicaux, comme l’acuité visuelle, la sensibilité allergique …).

La prévention : Action visant à diminuer la fréquence du risque.

C’est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre consistant à limiter le risque professionnel, visant à prévenir ce risque en annulant ou en diminuant la probabilité d'occurrence du phénomène dangereux.
 La prévention consiste donc d'abord à essayer de prévoir les facteurs pouvant conduire à l'accident. Lorsqu'un accident se produit, il faut analyser ces facteurs (arbre des causes) afin d'éviter qu'un accident similaire ne se reproduise (capitalisation de l'expérience).
Les mesures de prévention sont les moyens qui éliminent un phénomène dangereux ou réduit un risque.
Le risque résiduel est le risque qui subsiste après que des mesures de prévention ont été prises.
Ce risque résiduel doit être comparé au risque acceptable, notion qui comporte des dimensions économiques, sociales et psychologiques : l'acceptabilité des risques est une notion subjective qui dépend du contexte socio-économique, de la culture et d'attitudes propres (aversion au risque) du ou des décideurs et évolue dans le temps.

La protection : Action visant à diminuer la gravité du risque

La protection regroupe l’ensemble des mesures visant à limiter l’étendue ou/et la gravité des conséquences d’un phénomène dangereux, sans en modifier la probabilité d'occurrence (par exemple, les équipements de protection individuelle).

La  précaution

Elle s’applique à des situations de risque émergent où les données scientifiques manquent pour qualifier la gravité ou la nature du danger, sa probabilité d’occurrence, lorsqu'on ne dispose pas de statistiques d'événements non souhaités suffisantes ou de modèles d’explication de cause à effet fiables (par exemple pour des produits chimiques ou des procédés nouveaux). Les degrés d'exposition, les conséquences dommageables sont dans ce cas très incertains, la croyance supplante la connaissance, et la méconnaissance dans ce type de risque influe à la fois sur la perception de sa probabilité et de sa gravité : il n’y a alors généralement pas de consensus sur la notion même de danger ou de risque, être grave pour certains ou de peu d’importance ou même fantasmé pour d’autres (par exemple les OGM, les ondes électromagnétiques…), ce qui rend les mesures de prévention difficiles à décider et à mettre en œuvre. 

La criticité

La représentation traditionnelle du risque identifie les sources de dangers et les classe en fonction de leur fréquence (probabilité) et de leur gravité (conséquences), à l’aide d’une matrice à deux dimensions. Ces critères « fréquence et gravité » sont souvent évalués chacun sur une échelle de 1 à 4, qui multipliés, donnent un niveau de criticité (chiffre allant donc de 1 à 16), ce qui permet de classifier et attribuer une priorité de traitement du risque. La fréquence dépend, entre autres éléments, de la durée d’exposition au risque,  qui entraîne une probabilité d’apparition d’un dommage généralement croissante avec elle. La gravité dépend de la nature des lésions corporelles et du nombre de personnes subissant le dommage.

Exemples de Fréquence (F)
Exposition facile et constante avec le risque et/ou de longue durée : Très probable, F = 4
Exposition assez facile avec le risque et fréquente (1 fois/jour) et/ou de longue durée : Probable, F = 3
Exposition difficile avec le risque et rare (1 fois/semaine) et/ou de courte durée : Peu probable, F = 2
Exposition très difficile avec le risque et très rare (1 fois/mois) et/ou de courte durée : Très peu probable, F = 1

Exemples de Gravité (G)

Dommages mortels et /ou pouvant handicaper de très nombreux travailleurs (>10) : Très grave, G = 4
Dommages irréversibles (handicap) et/ou pouvant entrainer de nombreux arrêts de travail (>10) : Grave, G = 3
Dommages réversibles (simples arrêts de travail peu nombreux <10) : Peu grave, G = 2
Dommages corporels minimes, n’entrainant pas d’arrêts de travail : Très peu grave, G = 1

Exemples de Niveau de Criticité (C = F * G)

C = 1 : Risque minime, des actions d’information et de simples équipements de protection peuvent suffire.
C =16 : Risque majeur, des actions lourdes sont impératives, une complète réorganisation des conditions de production et de travail et une longue formation du personnel.

Toutefois, cette approche est un peu réductrice : d’une part, les composantes « fréquence » et « gravité » ne sont pas nécessairement indépendantes, ce qui peut fausser les résultats du calcul du niveau de criticité de certains risques par rapport à d’autres, mais surtout, cette méthode ignore la composante liée à la perception du risque. En effet, ces notions de fréquence d'occurrence et de gravité peuvent rarement être déterminées de façon absolument certaine : alors, d'autres variables de dimensions psychosociologiques ou cognitives entrent en jeu et sont par conséquent susceptibles d'influencer la valeur attribuée à ces deux critères constitutifs de la démarche d’évaluation des risques. De plus, cela dépend des connaissances, du relationnel et du vécu de chacun. Il s’ensuit des erreurs relatives à la fréquence ou à la gravité des risques et de leurs conséquences immédiates ou différées, soit à la dénégation, le refoulement collectif du danger, ou au contraire, au catastrophisme exagéré, mobilisant inutilement et indument les ressources.
Par ailleurs, le même niveau de criticité peut être le fait de situations totalement différentes : fréquence élevée et faible gravité ou fréquence très faible et très forte gravité. Dans ces cas assez répandus, la perception de la catastrophe possible mais rarissime peut entrainer une focalisation des moyens sur cette situation potentiellement gravissime en négligeant tout le reste qui a pourtant un impact global identique.

Les classifications de la prévention des risques professionnels

On distingue la prévention liée au type des actions entreprises (prévention primaire, secondaire ou tertiaire), celle liée à la population concernée (prévention collective ou individuelle), celle liée aux méthodes utilisées (technique, médicale, psychologique, légale), toutes ces approches pouvant se combiner.

Classification selon le type des actions entreprises

Le risque étant la combinaison de la probabilité et des conséquences de la survenance d'un événement dangereux, pour réduire un risque, deux options sont possibles : agir sur sa probabilité d’occurrence (en la diminuant par des mesures de prévention, prévention primaire) ou sur sa gravité (en mettant en place des systèmes de protection destinés à éviter ou réduire les conséquences, prévention secondaire et tertiaire).
Dans la prévention primaire, on cherche à éviter l’apparition d’un risque, dans la prévention secondaire, on accepte l’apparition d’un risque mais on évite la création d’un dommage, dans la prévention tertiaire, on accepte l’existence d’un dommage mais on cherche à le neutraliser ou éviter un dommage ultérieur.
La prévention primaire 
: éviter la survenue d’un risque, consiste à en supprimer les causes (par exemple éviter l’exposition des travailleurs à des agents allergènes), à promouvoir un environnement professionnel non accidentogène, à agir sur les facteurs de risque avant l’accident.
La prévention secondaire
 : éviter des dommages, détecter au plus tôt (dépistage) et intervention d’évitement (par exemple l'identification des travailleurs souffrant d'allergies professionnelles et le retirement de l'exposition afin de prévenir une maladie chronique).
La prévention tertiaire
: limiter les dommages, éviter la survenue de complications, les séquelles, les récidives, les incapacités professionnelles et favoriser la réinsertion (par exemple, par des solutions techniques d’aménagement ergonomique du poste de travail).

Classification selon la population concernée

La prévention collective cherche à protéger tous les travailleurs en contact avec un danger potentiel de manière régulière ou occasionnelle, en supprimant ou en réduisant les situations dangereuses pour tout un atelier, chantier … (exemples : isolation phonique des locaux, aspiration des fumées et/ou vapeurs nocives à la source, système de ventilation…).
La prévention individuelle
cherche à protéger uniquement l’opérateur par des équipements de protection (exemples : harnais, casque, masque respiratoire,…) mais aussi des obligations (vaccination obligatoire...)
La protection individuelle est mise en place lorsque les mesures d’élimination ou de réduction des risques par la prévention collective sont insuffisantes ou impossibles à mettre en œuvre.
En effet, la  protection individuelle est parfois la seule possible, comme dans certaines opérations d’entretien, de maintenance ou d’intervention d’urgence.

Classification selon les méthodes utilisées

La prévention technique utilise des mesures de sécurité intrinsèque aux locaux et équipements de travail, et des techniques de protection intégrées aux machines ou procédés de fabrication. Elle comprend des mesures techniques concernant la conception des situations de travail, des équipements et des outils, des actions techniques de limitation des expositions. (exemples : aménagement des voies de circulation, ergonomie du poste de travail, capotage d’une machine bruyante…). La prévention intégrée est la prévention de conception technique qui supprime l'existence du risque en installant dès la conception des dispositifs de protection et de sécurité, par exemple sur les machines dangereuses.
La prévention médicale
vise à s'assurer l'aptitude physique et psychique du travailleur pour le poste considéré et à cette fin, recherche les contre-indications au poste de travail et vérifie l'aptitude par des examens spécifiques selon l'activité professionnelle envisagée. Elle organise la surveillance médicale, par le médecin du travail (interrogatoires, bilans sanguins, radiologie…), périodique et obligatoire pendant toute la période d’activité de l’employé, et a pour objectif de dépister une pathologie d’origine professionnelle (par exemple due aux solvants, bruit, vibrations…). Par ailleurs, la médecine du travail est en charge d'actions de prévention comme les études de postes, mesures des expositions, études de séroprévalence, promotion des règles d’hygiène....
La prévention psychologique
vise à réduire ou éliminer la présence d’agents psychosociaux pathogènes en milieu de travail, en promouvant une organisation, un management, des horaires et conditions de travail favorables et capables de prévenir les pathologies dues au stress, au harcèlement, à la charge mentale excessive, à augmenter les capacités de coping (faire face) des employés à la violence des clients,…
Par ailleurs, la prévention psychologique cherche à maitriser les risques comportementaux individuels en faisant prendre conscience aux travailleurs de l’existence des dangers encourus en cas de manquement aux règles de sécurité, par des campagnes d’information, des consignes de sécurité et formation à l’embauche…
La prévention légale
vise, par des textes réglementaires, à obliger les employeurs et les travailleurs sous peine de sanctions, à appliquer les mesures d'Hygiène et de Sécurité nécessaires pour la prévention des risques professionnels. Par exemple, le Document Unique de Sécurité est la transposition obligatoire, par écrit, de l'évaluation des risques, imposée à tout employeur par le Code du Travail. Il permet de recenser, lister et hiérarchiser tous les risques potentiels au sein d'un établissement.

Les stratégies, plans et campagnes de prévention des risques professionnels

En théorie et en résumé, les stratégies de prévention des risques professionnels consistent à trouver les solutions optimales d’allocation des ressources dédiées à la sécurité et à l’amélioration des conditions de travail, en vue de minimiser le niveau de criticité global ou déterminer l’investissement minimal, en mesures de prévention et de protection, nécessaire pour atteindre un niveau de risque acceptable.

Cela conduit à un
plan de prévention global, optimisant le rapport cout/efficacité des mesures préventives, qui comprend notamment :

  • les résultats de l’identification des dangers et des évènements déclencheurs et la définition, la détermination et l’évaluation des risques (fréquence, gravité) et leur hiérarchisation ;
  • les mesures de prévention techniques, psychologiques, médicales …à établir pour éviter ou limiter le dommage ;
  • les objectifs prioritaires à atteindre, les délais prévus et les responsables de réalisation ;
  • les activités à effectuer et les missions à accomplir afin d’atteindre ces objectifs ;
  • les moyens organisationnels, matériels et financiers à affecter ;
  • les modalités de suivi, de vérification que la mise en œuvre des mesures correspond bien aux objectifs de prévention planifiés.

La planification des actions de prévention des risques professionnels est l'affaire du DRH, du service de médecine du travail, des préventeurs, du CHSCT, des managers qui auront à la mettre en œuvre, mais il faut aussi fortement impliquer dans le processus le personnel et ses instances représentatives de manière à ce qu’ils adhérent aux axes d'actions prioritaires retenus, et en partagent les objectifs qui doivent être clairs et mobilisateurs.
Enfin, pour les plans de prévention d’envergure, il convient de mettre en place un dispositif de communication permettant, tout au long du projet, aux acteurs de l'entreprise de comprendre et d'accepter les changements à venir, ainsi que d'être informé sur l'avancement du projet. Cette campagne de prévention doit au début diffuser des messages simples et présenter les objectifs, les raisons, les enjeux du projet et ses grands traits afin qu’ils soient compris par tous. Au cours de la mise en œuvre du plan de prévention, la communication doit aborder les détails, mais seulement déclinés par secteurs et niveaux de responsabilité.

  • La stratégie de prévention primaire, combattre les risques à la source, est a priori plus efficace que celle de la prévention secondaire : en agissant sur les causes, elle a un impact radical et durable.
    Toutefois, cela suppose :
    • une connaissance approfondie des facteurs de risque : informations statistiques et données factuelles de retour d'expérience. Plus ces données sont lacunaires, parcellaires et peu fiables, plus les décisions de prévention primaire des risques sont arbitraires et  inefficaces.
    • que le risque est causé par un déterminant modifiable techniquement (pour un produit cancérogène,  y a-t-il un produit de substitution ?).
    • que l’effort économique soit supportable, d’autant que les coûts initiaux de prévention primaire sont souvent élevés et certains, les bénéfices souvent tardifs et incertains.
  • La stratégie de prévention collective est a priori plus efficace que celle de la prévention individuelle, car c’est celle qui limite le risque qu'il y ait le plus de victimes et dépend peu du comportement de chacun. Pourtant, le comportement individuel peut parfois mettre en échec la stratégie de prévention collective : les comportements à risque des travailleurs sont à la source d’accidents, même si le poste de travail possède des dispositifs de sécurité intrinsèque (déconnectés car jugés gênants …) et malgré de bonnes conditions de travail.Les équipements de protection individuelle doivent être utilisés quand les autres moyens employés pour réduire le risque s’avèrent insuffisants ou impossibles à mettre en œuvre.

    En effet, prendre des mesures collectives par priorité à des mesures de protection individuelle n'est pas réalisable ou suffisant dans certains cas :
    • la protection collective n’est pas nécessairement infaillible (dysfonctionnement…), ce qui sera dangereux pour les travailleurs très exposés,
    • la protection collective est inopérante lors de certaines opérations de maintenance ou d’essais qui s’effectuent hors du fonctionnement normal et sont soumises à de nombreux aléas ou situations inhabituelles,
    • les risques ne peuvent être évités ou suffisamment limités par des moyens techniques de protection collective ou par des mesures, des méthodes ou procédés d’organisation du travail (par exemple, travail à l’extérieur dans une exploitation forestière, intervention dans un environnement toxique ou contaminé, …).

  • Une stratégie de prévention psychologique doit se mettre en œuvre de façon volontariste. Une prévention légale constamment renforcée,  une prévention technique en constante amélioration grâce à des dispositifs de sécurité collective mieux conçus, une protection individuelle plus efficace avec des équipements toujours mieux adaptés, ont permis d’assurer une baisse constante de la fréquence des accidents du travail et de leur gravité, mais on assiste à un plafonnement des performances en matière de sécurité au travail : une prévention efficace des risques professionnels doit nécessairement prendre en compte le facteur humain et cet aspect n’est pas toujours suffisamment considéré par les préventeurs ; l’analyse comportementale est négligée souvent au profit de l’analyse de prévention technique traditionnelle.
    Pourtant, l’implication des employés est à la base de la culture sécuritaire : Les « erreurs humaines » sont souvent révélées lors des expertises des accidents, ce qui confirme la nécessité d une meilleure prise en compte des aspects comportementaux dans la stratégie globale de prévention : cela vise à créer une culture de sécurité, en identifiant les comportements à risque les plus fréquemment adoptés par les employés, en développant leur formation, leur sensibilisation, leur responsabilisation et leur implication lors des observations et des feedback.
    Par ailleurs, dans un monde en pleine mutation et dans un contexte de compétition économique exacerbée, aux astreintes physiques traditionnelles se sont progressivement substituées des contraintes psychologiques. En effet, à mesure de la tertiarisation de l’économie ou les taches intellectuelles et relationnelles deviennent primordiales, les problèmes de souffrance psychologique au travail (stress) apparaissent de plus en plus souvent, ce qui nécessite la mise en œuvre d’une stratégie de prévention psychologique et de moyens de prévention nouveaux.
    Enfin, au delà de son impact sur la réduction des risques professionnels, une amélioration des conditions de travail est un facteur de motivation et de fidélisation du personnel car elle peut être perçue comme une reconnaissance. De mauvaises conditions de travail sont des facteurs de démobilisation, car alors l’entreprise apparaît comme méprisant les besoins fondamentaux de sécurité. Pour avoir des salariés fidèles, il est donc important d’examiner attentivement les conditions de travail qui peuvent nuire à leur motivation. Cette fidélisation des employés est rendue particulièrement nécessaire quand le marché de l’emploi est en pénurie pour certains métiers, souvent précisément ceux les plus dangereux.

Juin 2010

Nota bene : Les normes EN 1050 et EN 292-1 donnent des définitions concernant les risques professionnels.

 



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