Les risques électriques

L’électricité est la forme d’énergie la plus universellement utilisée dans les installations industrielles et les bâtiments du secteur tertiaire. Bien adaptée aux impératifs de l’économie moderne, l’électricité peut également compromettre gravement la sécurité des personnes.
Car, le manque de perception visuelle directe de ce type d’énergie entraîne fréquemment des conséquences redoutables occasionnées
par des risques ignorés ou sous-estimés.


Le passage du courant électrique à travers le corps, même de faible intensité, est dangereux, provoquant des excitations musculaires violentes pouvant entraîner des séquelles temporaires ou permanentes, ou pire, la tétanisation et la mort immédiate. Les accidents d’origine électrique, s’ils sont relativement plus rares et en diminution par rapport à d’autres risques, sont beaucoup plus souvent mortels que tous les autres types d’accidents répertoriés.

Outre les dangers des contacts électriques (électrisation/électrocution), les blessures par brûlures occasionnées par l’exposition aux arcs électriques, les dangers d’incendie et d’explosion, les chutes de hauteur entrainées par les contractions musculaires aggravent les effets du risque d’origine électrique.

Les différents risques électriques

  • Risque de contact direct avec une pièce normalement sous tension
  • Risque de contact indirect avec une pièce conductrice mise accidentellement sous tension
  • Risque d’électrisation « à distance » (sans contact), par amorçage
  • Risques d’incendies et exposions, dus notamment aux arcs électriques lors d’un court-circuit, et à l'accumulation d'électricité statique provoquant des étincelles.

Effets de l’électricité sur l’organisme

  • Brûlures internes (le courant pénètre dans le corps). Les brûlures causées par un contact avec une source de haute tension peuvent attaquer les tissus internes et ne laisser que de très petites lésions sur la peau.
  • Brûlures externes par l’arc électrique ou la projection de métal en fusion
  • Contraction involontaire des muscles (choc électrique) pouvant entraîner des phénomènes de « collage » aux conducteurs ou de chute associée à l'effet de surprise par rejet de la victime sur une échelle, un échafaudage… (ce genre de chute totalement incontrôlée entraîne généralement de graves blessures).
  • Arrêt respiratoire ou cardiaque par électrocution (fatale)
  • Séquelles neurologiques (lésions de la moelle épinière, du plexus et des nerfs périphériques…)
  • Séquelles cardio-vasculaires
  • Séquelles sensorielles (oculaires, auditives : surdité, vertiges)
Intensité
Perception des effets (variables suivant les personnes et circonstances)
0,5 à 1 mA
8 mA
20 mA
30 mA
40 mA à 80 mA
1000 mA
2000 mA
seuil de perception suivant l'état de la peau
choc au toucher, réactions brutales (« secousse électrique »)
début de tétanisation de la cage thoracique et des muscles, contracture (incapacité de lâcher prise)
paralysie ventilatoire
fibrillation ventriculaire (dépendant du temps d’exposition)
arrêt cardiaque
Inhibition des centres nerveux atteints instantanée

- la tétanisation est une paralysie des muscles. Le sujet peut succomber par asphyxie du fait du blocage de sa cage thoracique.
- la fibrillation ventriculaire est la contraction anarchique du muscle cardiaque. Elle ne cède jamais spontanément, mais seulement grâce à des contre-chocs électriques appliqués par un défibrillateur.
La résistance du corps humain varie en fonction de l'état de la peau (sèche, humide, mouillée) et de la tension de contact.

Les situations à risques

  • Les travaux électriques
    Ces travaux ont pour but de réaliser, de modifier, d'entretenir, de réparer un ouvrage électrique. Ils font l'objet d'une étude préalable générale, ou au coup par coup, définissant la succession des opérations et les consignes de sécurité. Pour participer à un travail, il faut être habilité et désigné.
  • Les interventions électriques
    Ces interventions sont des opérations de courte durée et n'intéressant qu'une faible étendue d'un ouvrage. Elles font l'objet d'une analyse sur place. Elles sont limitées aux domaines BT. Une intervention de dépannage a pour but de remédier rapidement à un défaut susceptible de nuire à la sécurité des personnes, à la conservation des biens, au bon fonctionnement d'un équipement.

Les obligations, réglementations et habilitations

"L’employeur ne peut confier les travaux ou opérations sur des installations électriques ou à proximité de conducteurs nus sous tension qu’à des personnes qualifiées pour les effectuer et possédant une connaissance des règles de sécurité en matière électrique adaptée aux travaux ou opérations à effectuer." (article 48 du décret du 14 novembre 1988).

Les installations électriques de toute nature doivent être conçues en vue de préserver la sécurité des personnes et la prévention des incendies et explosions :
Protection contre les contacts directs : mise hors de portée des personnels
- par éloignement (respect des distances de voisinage)
- au moyen d’obstacles (présence d’écran, armoires électriques fermées)
- par isolation (gainage des câbles)
Protection contre les contacts indirects
- par l’emploi de matériel à double isolation (protection de l’utilisateur en cas de
défaillance de la première enveloppe)
- par l’utilisation de la très basse tension (réduction du courant à un niveau non
dangereux)
- par l’utilisation de dispositifs à coupure automatique type disjoncteur (mise hors
tension rapide de l’installation en cas de défaut)
Prévention des brûlures, incendies et explosions d’origine électrique
- par l’emploi de matériels conformes aux normes
- par le respect des règles d’installation
La réglementation impose également une vérification générale périodique (annuelle)
des installations électriques.
Les installations électriques doivent être réalisées conformément aux règles de l’art et répondre aux prescriptions des normes françaises en vigueur (NFC 15-100, NFC 17-200), notamment en ce qui concerne la protection contre les surintensités et contre les contacts indirects mettant en jeu la sécurité des personnes.
Les installations et appareils qui pourraient être à portée du public doivent être alimentés sous tension au plus égale à 24 volts dans les conditions prévues par la norme précitée pour les installations à très basse tension de sécurité (TBTS).
Protéger l’installation à son origine par un disjoncteur à courant différentiel résiduel au plus égale à 300 mA si l’installation n’est pas accessible au public (> 3 mètres) ou au plus égale à 30 mA si l’installation est accessible au public (< 3 mètres ou distance horizontale inférieure à 1 mètre d’un balcon ou d’une terrasse accessible).
Les mesures de protection contre les contacts indirects par coupure automatique reposent sur l’emploi de matériel de classe 2, matériel dans lequel la protection contre les chocs électriques ne repose pas uniquement sur l’isolation principale mais qui comporte des mesures supplémentaires de sécurité telles que la double isolation ou l’isolation renforcée.

L’habilitation électrique au sens de la publication UTE C 18-510 est la reconnaissance de la capacité d’une personne à accomplir en sécurité les tâches fixées. Elle doit être matérialisée par un document établi par l’employeur, signé par ce dernier et par la personne habilitée.
Le titre d'habilitation comporte une codification symbolique formée de lettres et de chiffres.
La première lettre indique le domaine de tension: B (BT et TBT), H (HT).
Le chiffre indique la qualité de la personne : 0 (non électricien), 1 (exécutant électricien), 2 (chargé de travaux électriques).
La deuxième lettre précise la nature des opérations pouvant être réalisées: V (travail au voisinage), N (nettoyage sous tension), T (travail sous tension), C (chargé de consignation), R (chargé d'interventions en BT).

Exemples:
B1V : exécutant électricien avec travail au voisinage en BT
BC : chargé de consignation en BT

Toutes les habilitations doivent être précédées d'une formation aux risques électriques. L'habilitation doit être révisée en cas de changement de fonction, d'entreprise ou de restriction médicale.

Avant de délivrer tout titre d’habilitation électrique à un employé, il est nécessaire de :

  • recenser les différentes tâches à accomplir (nature des travaux, des interventions, lieux, circonstances...) et évaluer les risques induits afin de définir le niveau d’habilitation requis ;
  • faire suivre à l’employé concerné une formation à la sécurité électrique ; cette formation a pour objectif de faire acquérir au personnel la capacité de mettre en application les prescriptions de sécurité de la publication UTE C 18-510.
LE MATÉRIEL DE PROTECTION COLLECTIVE
  • Le tapis ou le tabouret isolant
    L’isolation par rapport au sol doit être assurée en fonction de la tension nominale des ouvrages. Il doit être conforme à la norme NF C 18-420
  • Le vérificateur d'absence de tension
    Les vérificateurs d'absence de tension et détecteurs unipolaires doivent répondre aux prescriptions des normes en vigueur (NF C 18-310 et NF C 18-311).
    Les appareils de mesurage ne doivent pas être utilisés à cet usage, pas plus que les vérificateurs d'absence de tension ne peuvent être considérés comme des appareils de mesurage. Ils peuvent être du type lumineux ou du type sonore, mais dans tous les
    cas ils doivent être adaptés à la tension des installations sur lesquelles ils sont utilisés.
    La vérification d'absence de tension sur tous les conducteurs actifs (neutre compris) est obligatoire avant toute opération sur une installation qui a été mise hors tension. En effet, un disjoncteur (ou un interrupteur) peut avoir été soumis à des arcs électriques importants lors d'ouvertures précédentes: les pôles peuvent restés soudés ou avoir une mauvaise résistance d'isolement à cause de la métallisation des chambres de coupure.
  • Les dispositifs mobiles de mise à la terre et en court-circuit MALT et CCT
    Cette opération permet de se prémunir contre les risques dus aux tensions induites, aux condensateurs chargés, aux ré alimentations éventuelles.
  • Les cadenas et étiquettes de consignation, dispositifs permettant de respecter la norme C18-510 en matière de le verrouillage et de signalisation et d'avertissement.
  • Les écrans de protection (nappe isolante, tôle épaisse mise à la terre...)
    .
Les Equipements de Protection Individuelle de l’électricien

L’utilisation d’EPI (Equipements de Protection Individuelle) est obligatoire lors d’interventions réalisées à proximité de lignes et d’installations ou d’appareillages électriques et pour les travaux sous tension.
De plus, il convient de ne pas porter d'objets personnels métalliques (bracelet, chaîne...).
Le degré de protection d'un EPI et le domaine de tension pour lequel il est conçu est souvent signalé par une classe. Chaque type d'EPI peut avoir des classes différentes : par exemple il existe 6 classes de gants isolants.
Les outils aussi doivent être isolés et isolants. Les outils à main isolés ou isolants utilisés en basse tension doivent être conformes à la norme NF EN 60 900.

  • combinaison de travail en coton ignifugé ou en matériau similaire
  • écran facial anti-UV (ultraviolet) pour la protection contre les arcs électriques et les courts-circuits (norme NF EN 166)
    Lors d’un arc électrique, les yeux et le visage doivent être protégés par un écran facial spécifique. Il existe des écrans faciaux en polycarbonate légers, transparents, à mettre directement sur la tête sans utiliser de casque.
    Les écrans anti-UV doivent être portés obligatoirement :
    – lors des étapes sous tension des interventions
    – lors des opérations de contrôle, essais, mesurages
    – lors de la mise en place des dispositifs de mise à la terre et en court-circuit.

  • casque isolant et antichoc (norme NF EN 397)
    Il doit être porté dans les zones où il y a risques :
    - de chute d'objet (matériaux)
    - de choc à la tête (obstacle à hauteur d'homme)
    - de chute de hauteur (plus de 3 mètres)
    - de contact électrique au niveau de la tête
  • gants isolants (norme NF EN 60 903) et marqués d’un triangle double.
    Le risque le plus courant est de toucher par inadvertance un conducteur ou une partie métallique sous tension. Le courant passe alors par les mains, et pour s’en protéger, il faut porter des gants isolants adaptés au niveau de tension.
    Ces gants sont par exemple en latex spécialement traité pour l'obtention de hautes caractéristiques diélectriques L’intérieur des gants est recouvert de talc et en complément, il existe des sous-gants fins en coton, lavables, qui absorbent la sueur et offrent une meilleure hygiène.
  • protège-bras isolants (norme NF EN 60 984)
  • chaussures ou bottes électriquement isolantes de sécurité (norme NF EN 50321)
    Par exemple, réalisées avec un caoutchouc diélectrique, sans accessoire métallique

LES NORMES

NORMES EPI
NF EN 60984. Février 2003. Protège-bras en matériaux isolants pour travaux électriques
NF EN 166. Janvier 2002. Protection individuelle de l'œil - Spécifications
NF EN 397.Août 2000. Casques de protection pour l'industrie
NF EN 50321. Mars 2000. Chaussures électriquement isolantes pour travaux sur installations à basse tension
NF EN 60903. Novembre 1997. Spécification pour gants et moufles en matériaux isolants pour travaux électriques

NORMES ELECTRIQUES
Norme NF C 15-100 : règles des installations électriques à basse tension
Norme NF C 13-200 : règles des installations électriques à haute tension
NF C 14 100 : postes de livraison
NF C 20 030 : classification des degrés de protection
NF C 71 008 : protection contre les chocs électriques

 

Dossier INRS Introduction risque électrique Mise à jour : 02/02/2007
www.inrs.fr/htm/introduction_au_risque_electrique.html

 


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