Prévenir les salariés du risque routier.


   
L’établissement est une entreprise du bâtiment et des travaux publics (BTP). Elle compte 1100 collaborateurs dont 600 compagnons environ. Ses activités se répartissent en 3 secteurs : le bâtiment, les travaux publics et l’environnement. Le parc de véhicules de l’entreprise rassemble 180 véhicules légers et 20 poids-lourds. Les déplacements sur les chantiers sont le quotidien des salariés. 70% des chantiers se situent en région parisienne et 30% en Picardie. 12 à 14 millions de kilomètres sont parcourus chaque année.

   
En 2000, avec l’aide des services de la Caisse régionale d'assurance maladie (CRAM), l'entreprise fait réaliser un diagnostic sur le risque routier. Ce diagnostic permet de chiffrer les distances parcourues, le nombre d’accidents, la sinistralité et les pistes d’amélioration.

   
Pour passer de l’analyse à l’action, le responsable sécurité lance une campagne d’information sur ce projet de « prévention du risque routier ». Il utilise la fiche de paie comme canal d’information. Des affiches sont également produites pour accompagner cette sensibilisation. Un module de formation au risque routier est intégré à la formation des Secouristes du Travail. Un « homme » ressource est formé spécifiquement sur ce risque ; son rôle est de promouvoir la politique de prévention du risque routier auprès de l’ensemble des collaborateurs. En même temps, pour accompagner cette dynamique, l’entreprise s’engage dans une politique d’achat de véhicules « sécuritaires », équipés d’air bag, freinage ABS, climatisation… Les véhicules sont révisés systématiquement tous les 10 000 kilomètres donc plus fréquemment que ne le préconisent les constructeurs (15 à 25 000 kms). 21 points des organes de sécurité sont contrôlés systématiquement. L’entreprise s’assure de façon régulière que le chauffeur dispose bien de son permis. Depuis décembre 2003, tous les véhicules de l’entreprise sont équipés de sacoches « Sécurité Routière » comprenant : un gilet, un triangle, une bombe anti-crevaison, des gants, une trousse de première urgence et un alcootest. Huit heures de formation à la prévention du risque routier ont été dispensées auprès de tous les salariés par le responsable sécurité.

   
Les compagnons sont amenés à changer régulièrement de « lieux de travail ». Les chantiers peuvent se situer dans la région proche du siège mais également en région parisienne ou sur Paris intra-muros. Les équipes sont prévenues 15 jours à l’avance, elles reçoivent un livret d’accueil qui leur présente l’itinéraire, le lieu du chantier, les parkings et les hôtels les plus proches. Ce qui est observé, c’est que les équipes organisent leurs horaires de travail en fonction du lieu de chantier. A Paris, on préférera commencer très tôt le matin pour terminer tôt le soir afin d’éviter les embouteillages. Les compagnons pratiquent le co-voiturage, favorisé par l’entreprise, certes, mais cette organisation comporte des risques. En effet, un accident de la route peut « coûter » en hommes. La prévention du risque routier peut avoir ses limites dès lors qu’elle supprime des marges de manœuvres qui plus est, lorsqu’elles touchent à la vie hors travail. Le bilan après 4 ans de prévention : une diminution de 27% des accidents de la route.

   
Magali COLLARD, chargé(e) de mission, CESTP - ARACT Picardie


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