La prévention des risques professionnels des artisans du bâtiment

Le taux de sinistralité professionnelle de l’artisanat du bâtiment est ainsi supérieur à la moyenne, avec des accidents graves et parfois mortels plus fréquents, avec parfois des conséquences physiques invalidantes obligeant l’artisan à restreindre ou à cesser définitivement cette activité professionnelle...

La prévention des risques professionnels des artisans du bâtiment

Les artisans du bâtiment sont particulièrement concernés par les risques professionnels :
- physiques évidemment du fait de la manutention de charges lourdes, de postures contraignantes, d’utilisation d’outillages dangereux, de travaux en hauteur, de déplacements sur des sols inégaux et encombrés, d’exposition aux intempéries (troubles musculo-squelettiques, traumatismes causés par les chutes et les vibrations, coupures …),
- mais aussi chimiques du fait des produits employés (ciment, solvants, poussières minérales …),
- et psychologiques (respect des délais, exigences des clients, imprévus et urgences, contraintes économiques …).
- Enfin, de nombreux artisans se déplacent beaucoup et sont soumis aux risques routiers.
Le taux de sinistralité professionnelle de l’artisanat du bâtiment est ainsi supérieur à la moyenne, avec des accidents graves et parfois mortels plus fréquents, avec parfois des conséquences physiques invalidantes obligeant l’artisan à restreindre ou à cesser définitivement cette activité professionnelle.
La prévention des risques de l’artisanat du bâtiment passe d’abord par une réflexion en amont sur l’organisation du chantier et sur son installation, le choix des produits et procédés les moins dangereux, le respect des normes de sécurité des échafaudages et des bonnes pratiques et gestes professionnels, de la mise en œuvre et de la bonne utilisation des équipements de levage et des aides à la manutention et pour le travail en hauteur, la bonne conduite et entretien des véhicules utilitaires, la saine gestion de la charge et du rythme de travail …
A ces mesures de prévention, s’ajoutent le port impératif d’équipements de protection individuelle adaptés.

Les principaux risques professionnels des artisans du bâtiment

Certains des risques professionnels des artisans du bâtiment sont spécifiques au métier concerné (par exemple soudure pour les plombiers, utilisation de jets haute pression pour les façadiers, de produits chimiques spécialisés pour les peintres …), mais beaucoup de risques sont semblables du fait de l’environnement de travail difficile en construction ou rénovation de bâtiment et ceux-ci demeurent souvent sous-estimés : de nombreux risques sont communs à toutes les activités des artisans du bâtiment, maçons, couvreurs, peintres, plombiers, chauffagistes, façadiers, plâtriers, carreleurs, électriciens … avec des particularités en fonction des matériaux, produits et outillages utilisés.
Les conditions de travail de l’artisan du bâtiment sont le plus souvent caractérisées par plusieurs types d’expositions pénibles :
  • Risques liés aux déplacements sur le chantier Les déplacements sont fréquents sur le chantier sur un sol inégal, encombré, mal éclairé, comportant des vides (regards, tranchées, excavations…) et/ou glissant, induisent de nombreux risques physiques : plaies, hématomes, fractures et entorses dues aux chutes de plain-pied, coups sur les pieds, traumatismes crâniens et écrasements des membres en raison de la chute d’objets ou de matériaux des échafaudages ou des étages supérieurs, …

  • Risques liés aux outillages
    L’utilisation d’outils manuels (cutter, marteau, scie …) et de machines électroportatives pouvant s’avérer dangereux (disqueuses, meuleuse, ponceuse ou perceuse …) est très fréquente ainsi que celle d’outils pneumatiques vibrants (perforateur, brise-béton …).
    Il en résulte des blessures par outils tranchants ou contondants, avec une surinfection potentielle de la plaie, avec, de plus, le risque de chocs électriques lors de l’utilisation d’appareils électromécaniques défectueux ou d’installations électriques temporaires précaires, avec des câbles, des prises endommagés. Les vibrations transmises aux bras et aux mains par l’outillage portatif provoquent des atteintes pathologiques ostéoarticulaires et angioneurotiques qui concernent principalement les membres supérieurs, les mains et la colonne vertébrale, par transmission des vibrations au bras ou au corps entier. Des lésions oculaires sont aussi provoquées par des projections de corps étrangers, de particules et de diverses poussières dans les yeux.

  • Risques liés aux manutentions
    Les postures de travail contraignantes (torsions, position accroupie ou agenouillée, bras en l’air…), des charges lourdes manutentionnées toute la journée, des gestes répétitifs, entrainent des troubles musculo-squelettiques très fréquents à l’origine de nombreux accidents du travail.
    Des aides à la manutention indisponibles ou insuffisantes contribuent largement à la pénibilité physique et à la survenue de lésions articulaires et de lombalgies d'effort.
    Les lésions de la colonne vertébrale, les douleurs des poignets, des épaules, etc., ainsi que les traumatismes aux genoux (hygroma notamment pour les carreleurs, parqueteurs et moquettistes) et aux chevilles sont particulièrement fréquents chez les artisans du bâtiment.

  • Risques liés au travail en hauteur
    Les déplacements en hauteur, sur échelles ou échafaudages, sont très souvent inhérents au métier, de même que l’utilisation de plateformes sur tréteaux, d’escabeaux...
    Dans les travaux du bâtiment, les chutes de hauteur représentent une part importante des accidents graves et mortels. Les lésions causées par ces chutes sont habituellement sévères (traumatismes crâniens, fractures du bassin ou de membres, …), exigeant de longues périodes de traitement et de convalescence, avec des séquelles pouvant être importantes.
    Ils sont provoqués par :
    - des échafaudages inadaptés, mal stabilisés, mal ancrés,
    - des plateformes surchargées et encombrées,
    - l’absence d’accès sécurisés,
    - la mauvaise utilisation des échelles mal entretenues, mal placées et/ou mal fixées, entrainant leur glissement ou renversement,
    - l’action de sauter à terre pour descendre…
    - le travail sur des toits fragiles, …
    En particulier, le passage, entre un moyen d'accès et des plateformes, planchers ou passerelles, crée des risques de chute.

  • Risques liés au travail en extérieur
    Le travail en extérieur conduit les artisans du bâtiment à être exposés aux ultraviolets (UV), aux intempéries, au froid ou à la chaleur, et à l’humidité. Ces conditions climatiques variables (gel, chaleur, pluie) accentuent les risques liés aux postures de travail contraignantes et ne permettent pas de travailler en toute sécurité (orage, vents violents, sols verglacés…). L’exposition fréquente aux UV, surtout torse nu, peut être responsable de cancers de la peau, d’ophtalmies (brûlure de la cornée) particulièrement en altitude, et, en tout cas, d’érythème solaire (coup de soleil).
    Les problèmes de santé dus à la chaleur et à l'action prolongée du rayonnement solaire sur la tête (effets de l’insolation, de la déshydratation…) génèrent des risques de malaise général, de crampes musculaires, de pertes de connaissance, qui peuvent être vitaux dans les cas extrêmes (coup de chaleur). Indirectement, le travail par fortes chaleurs augmente aussi les risques d'accidents du travail par la fatigue, la sudation, la diminution de la vigilance.
    Pour des travaux en extérieur, le risque lié au froid est accru par une exposition au vent (refroidissement éolien) et à l’humidité. Le refroidissement des parties du corps peut provoquer des engelures, lésions cutanées qui deviennent rouge violacées, douloureuses, avec des crevasses et/ou des phlyctènes. Les mains et les pieds (surtout doigts ou orteils) ont tendance à se refroidir plus rapidement que le torse : l’exposition au froid est susceptible de déclencher le syndrome de Raynaud (doigts blancs et douloureux par vasoconstriction). Comme pour la chaleur, le froid entraine des risques indirects, favorisés par la diminution de la dextérité due au refroidissement des extrémités, à la diminution des performances musculaires et à l’incapacité à effectuer des mouvements fins. La vigilance mentale est également réduite en raison de l'inconfort causé par le froid.

  • Risques chimiques
    Les agressions chimiques liées aux produits utilisés par les artisans du bâtiment sont souvent à l’origine de lésions cutanées ou d’irritations respiratoires. Parmi les risques communs les plus courants, on note :
    - Le ciment induit de nombreux problèmes dermatologiques : dermites d’irritation dues à la forte alcalinité, dermites allergiques (eczéma de contact, la "gale du ciment").
    Les poussières de ciment peuvent être aussi responsables d’affections oculaires : conjonctivite, blépharoconiose ou blépharite (lésions de follicules pileux des cils de paupières).
    - Les laines d’isolation provoquent aussi des irritations cutanées à leur contact qui se traduisent par des lésions plus ou moins importantes telles des rougeurs, des démangeaisons (prurit). Une dermite d’irritation, due à des contacts excessifs avec ces produits irritants, peut créer une prédisposition à l’urticaire et à l’eczéma.
    - Toutes les poussières du chantier émises par le brassage d'air et le piétinement soulevant les particules tombées au sol, sont nocives par inhalation : les poussières de plâtre (carbonate et sulfate de calcium), de polystyrène, les fibres des laines d’isolation minérales de verre, de roche, les poussières de ciment, bois, silice, amiante… sont responsables d'atteintes des voies respiratoires et lorsqu’une quantité importante de ces particules de poussière irritantes se logent dans le nez, elles peuvent causer une rhinite allergique ou une inflammation de la muqueuse nasale. Certaines particules très fines réussissent à traverser la cavité nasale et à s'attaquer à la trachée et aux poumons, ou elles engendrent une inflammation des muqueuses de la trachée ou des bronches. L’inhalation constante dans les poumons de poussières et de fibres peut causer une pneumopathie chronique et de l’asthme.
    L’exposition aux poussières de silice, d'amiante génère des risques de lésions pleurales, fibroses pulmonaires, cancer broncho-pulmonaire. Le risque d’exposition à l’amiante existe dans les travaux de rénovation ou l’amiante se trouvent dans des produits d’isolation ou de couverture dans les constructions datant d’avant 1978.
    L’exposition au plomb des artisans dans les bâtiments anciens (monuments historiques en particulier), entraine des risques lors de découpage de tôles ou autres pièces métalliques recouvertes de minium antirouille (tétraoxyde de plomb), de grattages de charpentes ou autres boiseries recouvertes de peintures au plomb anciennes, de dépose des vieilles couvertures au plomb. Les effets néfastes du plomb résident dans sa toxicité sanguine, neurologique et rénale (anémies, neurasthénies, insuffisances d’élimination urinaire...)
    - L’application ou pulvérisation de mastics, colles, de peintures en solution dans un solvant organique (colle PVC…) ou à deux composants (résines époxy…), le décapage et le dégraissage de surfaces, matériels ou matériaux, l’usage d’adhésifs, impliquent l’utilisation de nombreux composés organiques volatils (COV). Du fait de leur volatilité, les vapeurs de ces COV se retrouvent en concentration variable mais élevée dans des milieux confinés (caves, combles…), induisant une exposition respiratoire et parfois cutanée : lors de l'inhalation de COV (particulièrement les solvants organiques), ceux-ci pénètrent dans les poumons et passent directement dans le sang, puis dans le cœur et le cerveau, induisant des irritations des yeux et de la gorge, des organes respiratoires, des troubles cardiaques et digestifs (nausées…), des maux de tête.

  • Risques organisationnels
    L’intervention de plusieurs corps de métier simultanément (ex. : couvreur et maçon qui travaillent ensemble sur un ravalement) génère des risques démultipliés de « co-activité » dues aux interactions, aux malentendus, aux incompréhensions entre entreprises, ce qui nuit à la sécurité (ex. : le maçon ne doit pas démolir un mur lorsque le plombier est dessous) …) et les responsabilités en matière de sécurité peuvent devenir floues.
    La formalisation des relations est d’autant plus complexe lorsque certains travaux sont effectués par une entreprise nouvelle, des intérimaires qui interviennent occasionnellement, ce qui est fréquent : difficultés de transmission des informations, indisponibilité de l'encadrement ….

  • Risques routiers
    Les déplacements plus ou moins longs et nombreux par route au moyen d’un véhicule utilitaire léger (VUL : poids maximal inférieur ou égal à 3,5 tonnes, permis B) sont exposés aux accidents routiers. Les causes sont diverses : mauvais état du véhicule, faute de conduite du conducteur ou d'un tiers, mauvais état des routes, météo défavorable... Le risque routier a souvent des origines multifactorielles :
    - Environnement (mauvaise connaissance et état des itinéraires, travaux, météo, entrée de site, parking,..)
    - Véhicules (mal adaptés, aménagés, équipés, entretenus, surchargés, sous-gonflés ...)
    - Organisation (horaire, préparation du voyage, utilisation du téléphone au volant, ...)
    - Conducteur (respect des règles, fatigue, vigilance, capacités à la conduite, consommation d’alcool ou d’autres psychotropes ...).
    Les facteurs qui altèrent la vigilance, en entraînant une diminution des capacités de perception et d’analyse, une augmentation de la somnolence diurne, ceux qui diminuent les capacités de concentration, d’attention sont parmi les plus déterminants. Les exigences d’efficacité et de ponctualité peuvent interférer avec les contraintes de la circulation routière (embouteillages, Code de la Route..) et générer des situations stressantes et des accidents de la route : le comportement au volant est lié à des adaptations, des arbitrages, qui peuvent être difficiles, que doit réaliser le conducteur entre les éléments émanant de la situation de travail et la situation de conduite.
    L’usage professionnel par l’artisan d’un VUL comporte d’autres risques lors du chargement ou du déchargement : des calages et arrimages des outils et des équipements mal assurés ou défectueux, une mauvaise confection ou répartition du chargement, entrainent une chute et des traumatismes lors du basculement de la charge manutentionnée, comme l’écrasement ou la fracture des membres, les coincements des pieds et des mains, des contusions et hématomes, …

  • Risques psychologiques
    Les conditions de travail des artisans du bâtiment sont souvent stressantes : rythmes de travail élevé, difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie privée, délais tendus, urgences et imprévus fréquents, difficultés relationnelles avec la clientèle, multiples contraintes administratives, réglementaires, fiscales et économiques forment un ensemble conduisant aisément au surmenage. De plus, si l’artisan se sent dégager de contraintes hiérarchiques, il ne dispose pas par contre de soutien qui l’aiderait à supporter un excès de charge mentale et il peut souffrir d’un sentiment d’isolement.
    L’impact sur la santé au travail se manifeste lorsqu’il y a une surcharge mentale qui se manifeste par ses effets a posteriori : baisse de la performance, apparition de symptômes de fatigue, hausse des incidents (oublis...) ou d’accidents (notamment routiers), agressivité envers son entourage professionnel ou familial, consommation de psychotropes dont l’alcool ...
    Le stress permanent a des effets destructeurs et pathogènes sur les individus qui y sont soumis : des enquêtes (baromètre ARTI Santé BTP de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment CAPEB) confirment chez les artisans du bâtiment la réalité croissante des atteintes à la santé psychique et de ses effets somatiques par le stress (maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles gastro-intestinaux, états d’anxiété et dépressifs…).

  • Autres risques
    Les chantiers ou travaillent les artisans du bâtiment présentent d’autres risques moins spécifiques : risques électriques (causés par des installations temporaires précaires, avec des câbles, des prises ou des outils portatifs défectueux), risques sonores (bruit environnant du chantier, des outils et des engins de levage ou de manutention).

Les mesures de prévention des risques des artisans du bâtiment

Les moyens de prévention à mettre en œuvre pour pallier les risques professionnels des artisans résident d’abord dans la prévention collective (organisation, outillages, produits…) qui diminue fortement les expositions et la fréquence ces accidents, puis dans la prévention individuelle (équipements de protection) qui en diminue nettement la gravité.
A partir d’un salarié, les différents risques professionnels doivent faire l’objet d’une évaluation pour permettre la rédaction du Document Unique de Sécurité (Décret du 5 novembre 2001) en appréciant à la fois l’environnement matériel et technique (outils, machines, produits utilisés) et l’efficacité des moyens de protection existants et de leur utilisation selon les postes de travail.
De manière aussi à ce que l’artisan et ses salariés puissent s’informer à propos des produits dangereux utilisés, les Fiches de Données de Sécurité (F.D.S.) doivent être consultées et la connaissance des risques appréhendées au travers de la compréhension de l’étiquetage. Ces documents renseignent sur la composition, les propriétés et surtout le mode d'utilisation. On y trouve également des données concernant les premiers soins, la toxicité et les précautions de manipulation.
  • L’organisation du chantier
    La première des mesures de prévention passe par une réflexion en amont sur l’organisation et l’installation du chantier : implantation, organisation des flux, circulation des opérateurs, des engins et des approvisionnements.
    La plupart des chutes de plain-pied et d’objets trouvent leur origine sur un chantier mal organisé et mal rangé.
    A ce titre, le balisage, l’éclairage et la sécurisation des voies de circulation et des zones de stockage sont essentielles ainsi que le rangement en permanence du chantier (palettes, câbles, tuyauteries, matériaux et outils divers…).
    Une bonne organisation du chantier permet aussi d’éviter des ports de charge et des mouvements répétés inutiles et d’avoir les matériaux à disposition et à la bonne hauteur, donc de réduire les risques physiques liés à la manutention. Il faut éviter les gestes répétitifs exécutés trop longtemps et changer de positions et de tâches souvent pour limiter les contraintes musculaires et articulaires. Il faut aussi porter les charges à deux le plus possible.
    Un nettoyage régulier permet de réduire les niveaux de poussières. Il convient de réaliser un nettoyage du chantier avec les outils appropriés (aspirateur à filtre absolu) ou à l’humide, avec des précautions pour éviter la dispersion des poussières lors du vidage des aspirateurs ou des conteneurs à déchets, du changement des filtres. Les zones de travail ne doivent jamais être nettoyées avec une soufflette ou un balai à sec, ni avec de l’air comprimé pour éliminer les poussières adhérentes.

  • Les installations de travail en hauteur
    Chaque fois que cela est possible, il est nécessaire de prévoir un maximum d’opérations au sol pour diminuer la charge de travail réalisé en hauteur.
    La prévention des chutes de hauteur est assurée en premier lieu par des accès sécurisés (passerelle, dispositif antichute) grâce à des garde-corps intégrés ou fixés de manière sûre, rigides et résistants. La circulation en hauteur doit s’effectuer en sécurité sans créer de risque de chute lors du passage entre un moyen d’accès et des plateformes, planchers ou passerelles. - Des échafaudages conformes à la réglementation et régulièrement contrôlés.
    Les échafaudages doivent être montés et utilisés conformément aux dispositions prévues par le fabricant et maintenus dans cette configuration. Ceci concerne aussi les dispositions en matière de stabilisation de l'échafaudage.
    L'accès aux planchers de travail doit être réalisé par l'intérieur, grâce à des planchers équipés de trappes et d'échelles d'accès, de préférence inclinées. Un garde-corps supplémentaire doit être prévu au niveau de la travée d'accès pour éviter le risque de chute de hauteur depuis l'échelle.
    Il convient de vérifier que les planchers d’échafaudage, les passerelles, ne sont pas surchargés et encombrés.
    Les surfaces d’appuis au sol sont à déterminer en fonction des charges de l’échafaudage, poids propre et charges d’exploitation. Ces charges permettent de déterminer la pression au sol en fonction de la surface d’appui.
    La gamme de sécurité et protection pour échafaudages comporte notamment :
     le garde-corps de montage et de sécurité
     les liens pour bâche pour la sécurisation des bâches d'échafaudages sur les échafaudages,
     les filets à débris et les systèmes de filets de sécurité pour le captage des chutes de débris,
     les plaques pour pieds d'échafaudage pour la stabilité des échafaudages,
     les capes pour extrémités de tubes et le ruban adhésif de sécurité.
     la Barrière Ecluse qui protège toutes les personnes travaillant sur un échafaudage en sécurisant le chargement ou le déchargement sur l'échafaudage et protège l'opérateur à tous les stades de l'approvisionnement.
    Les échafaudages sur taquets d’échelle sont interdits, les plates-formes sur tréteaux vivement déconseillés (manque de protection et risque de chavirement) et ne doivent être utilisés que pour des travaux à des petites hauteurs. Les échafaudages sur roues sont les plus utilisés lors de la phase de finition d’un ouvrage par la plupart des utilisateurs du secteur du second œuvre (peintres, plâtriers…). Les échafaudages roulants sont vite mis en place, polyvalents et avantageux en cout.
    Les roues d’un échafaudage roulant doivent toujours être bloquées pendant le travail. L’échafaudage doit être équipé de chaque côté ouvert d’une protection antichute (constituée d’une lisse supérieure, d’une lisse intermédiaire et d’une plinthe). Le plancher de travail d’un échafaudage roulant ne doit jamais être utilisé comme lieu de stockage. Ne jamais accéder à un échafaudage roulant par l’extérieur. S’assurer qu’aucun objet ou qu’aucune personne ne puisse tomber de l’échafaudage lorsque celui-ci est déplacé. Déplacer uniquement un échafaudage roulant dans le sens longitudinal ou en diagonale mais jamais dans le sens de la largeur.
    - Une bonne utilisation des échelles, escabeaux et marchepieds.
    Les échelles portables sont des outils exclusivement utilisés pour accéder à un niveau supérieur à défaut d’escalier ou d’échelle fixe ; c’est avant tout un moyen d’accès. Ce n’est qu’occasionnellement que les échelles portables, escabeaux et marchepieds peuvent être utilisées comme poste de travail, s’il s’agit de travaux de courte durée ne présentant pas de caractère répétitif ou risqué. Dans tous les cas, des mesures particulières de sécurité doivent être prises : l’échelle doit reposer sur des supports stables et résistants, leurs échelons ou marches doivent être horizontaux. Pour ne pas qu’elle glisse ou bascule, l’échelle est soit fixée dans la partie supérieure ou inférieure de ses montants, soit maintenue en place au moyen de tout dispositif antidérapant. Il ne faut jamais travailler à deux sur une échelle même si elle est double. L’échelle doit dépasser d’au moins un mètre le niveau d’accès. L’isolation des échelles sur le plan électrique doit être vérifiée.

  • Les aides à la manutention
    Les travaux du bâtiment comportent de nombreuses manutentions de charges lourdes qui entraînent des risques évidents de troubles musculo-squelettiques au niveau du dos et des articulations, qui peuvent être réduits par l’utilisation de chariots roulants, transpalettes, brouettes, diables, pinces de préhension …, et surtout par l’utilisation systématique de manutention assistée : grues montées sur les camionnettes qui aident à monter et descendre les éléments préfabriqués et autres charges, plateformes élévatrices de matériaux (à ciseaux ou sur mât), monte-matériaux, potences, outils adaptés (serrage hydraulique...). Les accessoires de levage doivent être appropriés au conditionnement des matériaux et matériel (fourche à filet, panier de manutention…).
    L’utilisation des accessoires de levage comportent aussi par eux-mêmes des risques : il convient de respecter les charges maximales qu’ils peuvent supporter, et de ne pas rester dans le rayon d’action des engins de levage pour éviter le risque d'accident en cas de mauvaise manœuvre avec heurt du personnel du chantier avec la charge.
    Le bon arrimage des charges et leur guidage en cours de levage, des élingues et accessoires régulièrement vérifiés et entretenus sont des actions indispensables à la sécurité, de même que la prise en compte de la résistance de la surface d’appui de l’appareil de levage pour éviter le renversement.
    Par ailleurs, il convient d’éviter le port manuel répété de charges trop lourdes en choisissant des outils et des conditionnements de poids réduits (rouleaux d’étanchéité de moindre surface, petits paquets de tuiles ou d’ardoises…).

  • Le choix des produits et des outils
    La première étape consiste à repérer en particulier les agents chimiques cancérogènes ou dangereux dans le cadre de l'évaluation des risques du Document Unique de Sécurité (DUS). Les Fiches de Données de Sécurité (FDS), obligatoires pour tout produit chimique dangereux, comportent les renseignements relatifs à la toxicité des produits, donc notamment leur caractère cancérogène éventuel.
    La suppression ou la substitution des produits cancérogènes ou dangereux est la mesure de prévention prioritaire qui s'impose : c’est ainsi que l’utilisation de colle ou de produits de traitement des bois en phase aqueuse peut être une solution ainsi que celle des produits les moins volatils (pression vapeur plus faible).

    Exemples :
    - Les huiles de décoffrage sans solvant doivent être privilégiées : huiles 100% végétales sans solvant (à base de soja ou colza) ou huiles minérales de synthèse sans solvant hydrocarboné.
    - Choix du mortier ou du béton : retrait ou réduction du taux d'allergènes dans les ciments, soit par adjonction de sulfate ferreux qui diminue la nocivité du chrome, soit par augmentation de la part de laitier par rapport au clinker.
    - Des matériaux de construction plus légers : conditionnement en sacs de ciment, de plâtre de 30kg maximum, coffrages et poutrelles allégés, matériaux de cloisonnement les moins encombrants et les plus légers.
    - Substituer les enduits standards par des produits “sans poussière”.
    - Privilégier les peintures aqueuses à la place des peintures à solvants organiques.
    - Favoriser les matériaux prédécoupés et utiliser des laines minérales isolantes non friables et entourées d’une enveloppe cellulosique protectrice.
    - Les outils doivent être dotés d’un manche ergonomique, les machines munies de poignées anti-vibratiles ; il convient de privilégier les outils portatifs légers et sans fil, et de les utiliser à vitesse lente pour éviter les projections.
    - Pour effectuer les découpes, la prévention des coupures consiste à choisir exclusivement des cutters de sécurité avec dispositif de retrait automatique de lame, ce qui protège les mains et le corps d’un faux mouvement de la lame.
    - Etc.
    Mais la recherche de substituts peut être difficile dans certains cas et alors, la connaissance des risques induits par les produits permet de mettre en œuvre des mesures de prévention individuelle adaptées.

  • La limitation des polluants dans l’air
    La limitation de la propagation des Composés Organiques Volatils et des poussières dans l’air, et par suite l’exposition des artisans à leur inhalation, passe par les dispositions suivantes :
    - Assurer une concentration dans l’atmosphère du local la plus basse possible par une aération satisfaisante.
    - Ouvrir les bidons, pots, contenant des solvants seulement lors de leur utilisation et bien les refermer après.
    - Maintenir fermées les poubelles étanches contenant les objets souillés par les solvants (chiffons, pinceaux usagés…).
    - Utiliser des machines de coupe, … munis d’aspirateur de poussière et assurer une concentration dans l’atmosphère la plus basse possible par une humidification des sols.
    - Utiliser un aspirateur à filtre absolu pour nettoyer le chantier.

  • Prévention des risques électriques des artisans du bâtiment
    Il convient de garder les outils électroportatifs ainsi que leurs dispositifs de sécurité en bon état de fonctionnement, les prises de courant défectueuses doivent être remplacées, les baladeuses, prolongateurs vérifiés… et utiliser des disjoncteurs différentiels portatifs 30 mA.

  • La conduite et l’entretien du véhicule utilitaire
    L’artisan doit périodiquement faire tester sa vue et s’astreindre à une tolérance zéro sur la consommation d’alcool ou de stupéfiants pendant la conduite du véhicule (et plus généralement pendant tout son temps de travail).
    Il convient de privilégier les normes de sécurité routière (dépassement de la vitesse, non respect des règles de priorité et des feux de signalisation, stationnement en zone dangereuse, ...) par rapport aux contraintes du travail.
    Il est utile d’acquérir de nouvelles compétences de conduite dans le cas de conduite sur routes enneigées, en montagne….

    - Management du véhicule
    1. Equiper le véhicules des équipements de sécurité et des systèmes d’assistance à la conduite : ABS, airbags conducteur et passagers, climatisation, direction assistée, systèmes d’assistance électronique à la conduite (anti patinage, contrôle de stabilité…), système d’aide à la navigation, indicateur de gabarit, témoin de surcharge du véhicule, matériel de sécurité (extincteur, gilet de signalisation haute visibilité, triangle de signalisation…), pneus neige en montagne.
    2. Il apparaît que certains équipements de sécurité sont plus faiblement présents sur les VUL que sur les véhicules de tourisme, alors qu’ils sont exposés à des risques potentiellement plus élevés (surcharge, arrimage des colis…). S’assurer que les charges transportées ne constituent pas un facteur de risque supplémentaire : arrimage, immobilisation et séparation des charges de l’habitacle, respect des limites de charge, système de pesée, témoin de surcharge, aménagement d’armoires et d’étagères à rebord.
    3. Maintenir le véhicule dans un bon état de fonctionnement (carnet de maintenance), planifier les contrôles périodiques.
    - Management des déplacements
    La priorité est de réduire le nombre, la fréquence et la durée des déplacements pour diminuer l’exposition au risque. Il faut pour cela :
    1. préparer le travail afin d’éviter des allers et retours inutiles.
    2. anticiper les éventuelles difficultés de circulation.
    3. Prendre en compte l’état des routes et les conditions météorologiques.
    - Management des communications
    1. prohiber le recours au téléphone portable au volant (y compris le kit mains libres, du fait du défaut d’attention qu’il provoque), les communications doivent se faire à l’arrêt.
    2. En cas de changement d’itinéraire, reprogrammation du GPS à l’arrêt sur un lieu de stationnement.
    3. Pendant la conduite, uniquement usage des fonctions audio du GPS.

  • Gérer sa charge et son rythme de travail
    Il convient de se permettre une flexibilité dans les horaires, éviter les départs d’urgence, l’exécution de multiples tâches, la fatigue des heures supplémentaires dues aux déplacements, générateurs de stress et en particulier d’accidents de la route. Pendant son travail, Il faut veiller à effectuer des pauses courtes et fréquentes pour favoriser la concentration et éviter le surmenage.

  • La protection individuelle
    Elle passe d’abord par le respect des règles d’hygiène personnelle : ne pas fumer, se laver les mains fréquemment pour ne pas avoir les mains sales afin de ne pas ingérer par inadvertance un produit toxique, ne pas manger sur le lieu de travail, tenues de ville et tenues de travail distinctes et rangées séparément, boire de l’eau régulièrement et abondamment lors de fortes chaleurs, utiliser des crèmes protectrices des mains et des écrans solaires, ne pas travailler le torse nu et les bras et jambes découvertes.
    Les conditions de travail dans les chantiers du bâtiment font qu’il est impossible d’éliminer tous les risques par la mise en place des protections collectives. Il faut donc recourir impérativement aux équipements de protection individuelle suivants, selon les cas :
    - Casque de chantier pour se protéger des chutes d’objets, qui doivent être remplacés régulièrement, et en tout cas, s’il y a eu un choc ;
    - Chaussures ou bottes de sécurité ;
    - Lunettes de protection (notamment en cas d’utilisation des meuleuses, disqueuses…) et anti UV ;
    - Gants imperméables en nitrile ou néoprène, avec un revêtement intérieur et des manchettes remontant haut sur les avants bras, en évitant le port prolongé afin d'éviter le risque de macération et de sudation, pour la manipulation de produits chimiques. Gants épais et renforcés pour la manutention, anti-coupures pour la découpe ;
    - Protections auditives antibruit (bouchons moulés…) lors de l’utilisation d’outils bruyants ;
    - Masques anti poussières de type FFP2 lors des travaux de démolition, du travail du plâtre sec, de la découpe du placoplâtre, de la manipulation des laines isolantes, du tronçonnage de matériaux de construction ;
    - Genouillères ou un pantalon à genouillère type « hygrovet » pour les travaux agenouillés au sol ;
    - Vêtements adaptés aux travaux du bâtiment et aux conditions climatiques ;
    - Vêtement de signalisation à haute visibilité si travail près d’une voie publique.
    - La présence de plomb ou d’amiante lors d’interventions sur peinture ancienne ou sur plaques amiante-ciment implique la mise en œuvre de mesures de prévention et des protections spécifiques et réglementées.
    - Une trousse contenant un matériel de premiers secours non périmé (solutions antiseptiques, pansements,…), aisément et rapidement accessible, permet de désinfecter et panser immédiatement toute blessure cutanée ou d’effectuer un lavage oculaire en cas de poussière dans l’œil.


Mai 2015