Matériels fixes et mobiles de lutte contre l’incendie.


Une étude réalisée par la fédération européenne des fabricants de matériel de lutte contre les incendies (Eurofeu) pour mesurer la contribution réelle des extincteurs portables à la lutte contre l'incendie, révèle que les extincteurs ont un taux de succès (ceux pour lesquels l'assistance des pompiers n'a pas été nécessaire) pour l'extinction des feux naissants supérieur à 75%.
C’est dire l’importance des matériels de première intervention


Une étude réalisée par la fédération européenne des fabricants de matériel de lutte contre les incendies (Eurofeu) pour mesurer la contribution réelle des extincteurs portables à la lutte contre l'incendie, révèle que les extincteurs ont un taux de succès (ceux pour lesquels l'assistance des pompiers n'a pas été nécessaire) pour l'extinction des feux naissants supérieur à 75%. C’est dire l’importance des matériels de première intervention, car un incendie débute la plupart du temps de façon modeste et s’il y a sur place une personne formée à l’usage d’un extincteur bien entretenu, celui-ci est relativement aisé à maitriser avant qu’il ne prenne une ampleur catastrophique.

Bien entendu, c’est  insuffisant pour la protection de nombreux locaux de travail et d’immeubles d’habitation ou commerciaux et les matériels fixes, comme les robinets d’incendie armés sont nécessaires, de même que des installation fixes d'extinction automatiques à eau ou à gaz dans les locaux présentant un risque d'incendie important, renfermant des équipements coûteux ou dans lesquels l'eau ne peut pas être utilisée.

(Pour les installations d'extinctions fixes automatiques à eau ou à gaz, consulter notre dossier Détection et/ou Extinction automatique)

Matériels mobiles de lutte contre l’incendie : extincteurs et couvertures anti-feu

  • Comme on vient de le voir, le rôle joué par les extincteurs portatifs et mobiles comme premier secours d'urgence dans la lutte contre les incendies est important.

Le Code du Travail impose à tout employeur de garantir la sécurité de ses employés, notamment par la mise en œuvre d'une protection incendie appropriée qui comprend des extincteurs portatifs en nombre suffisant et de type adapté au risque à protéger.
Le Code du travail précise seulement qu’ « il y a au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres au minimum pour 200 m2 de plancher, avec un minimum d’un appareil par niveau ».
La règle APSAD « R4 » (des assurances) constitue le référentiel technique reconnu de base.
D'autres réglementations spécifiques prévoient également l'installation d'extincteurs, telles que celle relative aux Etablissement Recevant du Public ou celle relative aux Immeubles de Grande Hauteur.
Les extincteurs sont conçus pour combattre des incidents relativement mineurs au départ qui pourraient très vite devenir des incendies majeurs. La rapidité d'intervention est primordiale dans la mesure où l'utilisation d'un extincteur n'est efficace que sur un foyer naissant et sur une classe de feux compatible :
Classe A : Feux de matériaux solides, généralement de nature organique : Bois, cartons, paille, papier … Ces matériaux brûlent en formant des braises qui peuvent ré-enflammer la matière même si elle paraît éteinte.
Classe B : Feux de liquides ou de solides liquéfiables : Hydrocarbures (essence,  gazole, white-spirit), caoutchouc, alcools, solvants … Ces matériaux brûlent sans faire de braise.
Classe C : Feux de gaz : méthane, butane, propane …
Classe D : Feux de métaux : sodium, magnésium, phosphore … qui ne se rencontrent pratiquement que dans l'industrie.
Classe F : Feux liés aux auxiliaires de cuisine, huiles et graisses végétales et animales sur les appareils de cuisson. 
Les extincteurs sont donc de plusieurs types : tout dépend de l’agent extincteur qu’ils contiennent pour l’utilisation adéquate (eau ou mousse, poudre, dioxyde de carbone…) et de leur poids ou de leur équipement (sur roues…).
Ils doivent être placés sur des piliers ou sur les murs, en des endroits bien dégagés, de préférence à l’entrée des ateliers ou des locaux. Ils sont signalés par inscription en rouge (conformément à la signalisation de santé et sécurité au travail). Les extincteurs portatifs doivent être conformes à la norme EN-3 et porter le marquage CE. Toute nouvelle installation d'extincteurs doit faire l'objet de la part de l'installateur spécialisé de la délivrance d'un certificat de conformité.

- Extincteur à eau avec additif AFFF (Agent Formant un Film Flottant).

Ils sont les plus efficaces sur les feux de classe A. Grâce à l'additif,  ils sont aussi parfaitement utilisables sur les feux de classe B (liquides), bien que la mousse soit plus efficace et plus sûre.

- Extincteur à mousse

Les extincteurs à mousse ont une conception identique aux extincteurs à eau avec additif, car il s'agit du même mélange mais la solution est mélangée à l'air au niveau du diffuseur.
Il s'agit du seul agent capable d’éteindre proprement, sûrement et sans risque de rallumage, les feux de liquides (classe B). La mousse, en flottant, agit en isolant l'air de ces derniers.
La mousse est inutilisable sur des feux d'installations électriques, car elle est conductrice.

- Les extincteurs à poudre ABC (ou poudres polyvalentes)

Les extincteurs à poudre contiennent une poudre chimique qui agit en étouffant le feu et en isolant le combustible. L'inconvénient de l'utilisation de la poudre est qu’elle est abrasive et mélangée à l’eau elle devient corrosive (notamment pour les circuits électriques, ou les biens de valeur) et qu’elle diminue la visibilité  dans un espace confiné et amène une gène respiratoire. Ce sont les extincteurs qui éteignent le feu le plus rapidement, mais pas forcément d'une façon définitive. Sur les liquides (classe B), la poudre rend le rallumage difficile mais pas impossible. La poudre est le seul agent extincteur efficace sur les feux de gaz (classe C). On peut également noter que ce sont les seuls extincteurs utilisables par très grand froid sur les feux de type A.

- Les extincteurs à CO2

Le dioxyde de carbone (CO2) agit principalement par étouffement, en diminuant fortement la concentration d'oxygène alimentant le feu. Le CO2 n'est vraiment efficace que sur les feux naissants. Il est efficace sur les petits feux de liquides (classe B). et est utilisable sur les feux de solides (classe A) lorsque ceux-ci sont très peu épais (tissu, papier, etc.). Par contre, il est totalement inefficace sur les feux de solides épais ou formant des braises, en raison de leur forte inertie thermique. Sa grande utilité réside en la possibilité de refroidir des appareils électriques en surchauffe (moteurs électriques, transformateurs…).Les extincteurs à CO2 sont les seuls qui peuvent servir à séparer de la source d'électricité une victime en train de s'électriser. Le CO2 a également l'avantage de ne laisser aucun résidu et de ne causer aucun dégât, ce qui en fait le seul agent utilisable dans un environnement informatique ou une cuisine par exemple.

Par ailleurs certains risques particuliers nécessitent des extincteurs spécifiques: huiles de fritures, matériel électrique sous tension, feux de métaux, etc.

Récapitulatif simplifié de choix des extincteurs pour les départs de feux :


Risque à combattre

Nature de l’agent extincteur

Risque courant

Eau pulvérisée avec additif

Cuisine

CO²

Electricité, informatique

CO²

Hydrocarbures

Poudre

- Entretien

Pour qu'un extincteur soit apte à remplir sa mission, il est indispensable que son état soit régulièrement contrôlé.

Un certain nombre de textes législatifs, mais aussi de normes (à caractère non obligatoire) encadrent la disposition et la maintenance des extincteurs en France. En ce qui concerne la maintenance, il faut se référer à l'arrêté du 20 mai 1963 modifié.

Les extincteurs doivent être contrôlés régulièrement par une société spécialisée. Ils ne doivent pas être mis à disposition après leur date de péremption.

La réglementation exige une vérification technique annuelle; elle peut être effectuée par un technicien compétent : la norme NF S 61-922 relative au service de la maintenance des extincteurs impose aux entreprises d'utiliser les services de personnes compétentes ayant une formation du niveau CAP d'agent vérificateur d'appareil extincteur (« AVAE »), lesquelles doivent agir selon les procédures recommandées par les fabricants.

L’APSAD exige une inspection trimestrielle de contrôle visuel des extincteurs (état apparent, plomb et goupille)
Les extincteurs à pression permanente (CO² ou avec un manomètre) doivent être rééprouvés à l’occasion  du premier rechargement  effectué plus de 5 ans après l’épreuve précédente, sans que le délai entre deux étapes successives puisse dépasser 10 ans (arrêté du 20 mai 1963)

  • La couverture anti-feu fait aussi partie de l'équipement de base dans la prévention de l'incendie.

La couverture peut être utilisée dans 2 cas : éteindre un départ de feu dans une pièce, notamment une cuisine (car, contrairement à un extincteur, elle peut être utilisée sur les feux provoqués par l'huile de cuisson) et couvrir une personne dont les vêtements auraient pris feu.

De plus, la couverture n'aggrave pas les dégâts comme le fait l'eau ou la poudre chimique contenu dans un extincteur. L'utilisation rapide d’une couverture anti-feu en fibres aramides ou en fibre de verre, disponible à proximité, permet d'éteindre un feu avant qu'il n'engendre des dommages majeurs ou des blessures gravissimes.

Matériels fixes de lutte contre l’incendie : robinets d’incendie armés

  • Les robinets d’incendie armés (RIA)permettent, lorsque l’emploi de l’eau n’est pas interdit, une action puissante et efficace lors de la première intervention, dans l’attente d’arrivée des secours. Ils doivent être implantés à des emplacements abrités du gel, et à proximité des accès. Ils sont signalés de façon claire.

Les possibilités d’alimentation en eau, au besoin en disposant de réservoirs, sont évidemment essentielles. Des robinets d'incendie armé, ou RIA, sont destinés aux établissements recevant du public (hôpitaux, salles de spectacle ou grands magasins…) et sont installés dans de très nombreux établissements industriels.

Le RIA comprend  un tuyau semi-rigide, enroulé sur un dévidoir qui varie entre 20 et 30 mètres ;  il est alimenté en permanence en eau, avec une pression et un débit suffisants (2,5 bar minimum), d'où son appellation d'armé. Il ne s'aplatit donc pas mais conserve sa section circulaire, ce qui permet de l'utiliser même sans le dérouler entièrement. Il est terminé par un embout permettant deux types de jet, un dit bâton, l'autre diffusé, dont le diamètre est variable selon l'importance du risque.

Les RIA d'un ERP doivent être disposés de façon à ce que leurs lances couvrent la totalité de la surface d'un établissement. Plus précisément, les RIA devront être disposés de manière à ce que tout point de la surface des locaux protégés soit couvert par au moins deux jets en position diffusée. Dans les établissements commerciaux recevant du public et supérieurs à 3000 m² la protection RIA est complémentaire de la mise en place d'une extinction automatique à eau (Voir Rubrique Détection et/ou Extinction automatique).

Les installations R.I.A. concernent les bâtiments industriels, commerciaux, agricoles ou tertiaires, sachant que l'exploitation et les contraintes d'encombrement peuvent être différentes dans un même établissement. Il existe 2 types : Le dévidoir tournant fixe est utilisé en cas de contrainte d'encombrement, pour locaux en enfilade et locaux ne permettant pas un débattement par pivotement de la bobine.(couloirs, niches,…), le dévidoir tournant pivotant autrement car il est plus facile à déployer.

Il convient par ailleurs de disposer d’un ensemble d’accessoires (lances et adaptateurs, tuyaux, robinets diffuseurs...)

Pour les installations d'extinctions fixes automatiques à eau ou à gaz, consulter notre dossier Détection et/ou Extinction automatique

Les extincteurs d'incendie portatifs et mobiles.
Edition INRS
Référence : ED 80