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Réalité virtuelle et objets connectés, nouvelles stars de la santé au travail
Publication : 05 Juillet 2017

Un casque virtuel pour éviter les accidents de chantier, une ceinture intelligente pour les travailleurs isolés ou un gyropode tactile pour se déplacer: en matière de santé et de sécurité au travail, réalité virtuelle et objets connectés ont le vent en poupe.
Éditeur de logiciels et de supports pédagogiques dédiés à ce secteur, qui s'expose jusqu'à jeudi au salon Preventica à Paris, la société "2J Process" a développé un casque de réalité virtuelle pour former les novices aux bons réflexes de sécurité sur les chantiers et éviter les accidents.

Baptisé "Bâti-game", ce casque, dans lequel on insère un téléphone portable doté d'une application, permet de se déplacer sur un chantier virtuel, où échafaudages, tranchées et pelleteuses constituent autant de dangers potentiels. En touchant un "pad" extérieur, on se déplace à sa guise en les évitant, on apprend à maîtriser les machines ou à "ne pas descendre dans une tranchée, si elle n'est pas blindée, boisée ou talutée".

Autre lauréat de l'innovation, Geotraceur, spécialisé dans les technologies de géolocalisation, a développé une ceinture intelligente pour protéger les travailleurs isolés (2,5 millions de personnes). Qu'il s'agisse de maintenance, de livraison, de gardiennage ou de dépannage, de transport routier ou de soins à domicile, le salarié doté de cette discrète ceinture dispose d'un dispositif d'alarme manuel et automatique en cas d'agression, de malaise ou de chute.

Électrique et rechargeable, la ceinture a une autonomie de deux jours à une semaine. En cas d'immobilité prolongée, une alerte se déclenche, géolocalise la personne et permet d'envoyer les secours très rapidement.

"Les employeurs commencent à s'intéresser à ce type de solutions innovantes car le code du travail et la jurisprudence les obligent à protéger les salariés isolés. En cas d'accident, ne pas avoir pris les devants peut coûter très cher", dit Charles Marinier, son concepteur, qui a d'abord travaillé sur les balises intelligentes dédiées aux patients atteints de la maladie d'Alzheimer.

- Air, bruit, bain de bouche -

Réchauffement climatique, canicule, pics de pollution : Airjin s'est spécialisé dans l'analyse de la qualité de l'air et les solutions pour l'améliorer. Cette start up née en 2014 propose un petit boîtier doté de capteurs et d'un mini ordinateur qui analyse le type de polluants dans l'air (particules fines, polluants chimiques, CO2) et mesure la température et le taux d'humidité.

Qu'il s'agisse d'écoles, d'hôpitaux ou de musées, "l'analyse pièce par pièce permet de prévenir en temps réel et d'éviter les sources de pollution ainsi que leurs répercussions néfastes pour la santé et l'environnement", explique Sébastien Pourchaire, co-fondateur et directeur commercial.

Un système qui pourrait bien séduire nombre d'institutions et d'entreprises à partir de 2018, date à laquelle la législation prévoit le contrôle de la qualité de l'air obligatoire dans tous les établissements recevant du public.

Le système développé par Airjin permet par exemple de décider "si un traitement anticancéreux est possible en salle blanche en temps réel, en fonction de la qualité de l'air", explique M. Pourchaire, en évoquant "un projet pilote dans un hôpital de la région parisienne".
Côté mobilité, Hublex propose un gyropode ou plateforme intelligente de 38 cm, dotée de deux roues et d'un long manche, qui capte les mouvements de la personne qui l'utilise et permet de se déplacer à 12 km/h sur son lieu de travail.

Le bruit, souvent cité comme nuisance en open space, a aussi sa solution: le Suisse Phonak a développé des prothèses auditives "high tech" qui permettent d'atténuer automatiquement le niveau sonore environnant tout pouvant continuer de communiquer par téléphone.

Et pour l'hygiène dentaire, la start up Cleanitud', autre lauréat de l'innovation, propose des distributeurs de bain de bouche dans les entreprises. Mixte entre fontaine d'eau et distributeur de savon, il a déjà séduit "une trentaine de clients" dont plusieurs grands groupes et coûte "une vingtaine d'euros par mois" en location, dit Romain Leclerc, son fondateur.

Source : AFP
Publication : 4 juillet 2017