La sécurité des engins de terrassement

Les travaux sur les chantiers BTP nécessitent l’utilisation d’engins destinés au creusement (engins de forage, excavatrice), au terrassement proprement dit (pelle mécanique ou hydraulique), à la préparation des terrains (nivellement, compactage). L'acheminement de l'engin sur le chantier s’effectue à l'aide d'un véhicule porteur. Impressionnants par leur taille, leur puissance et leur mobilité, sur roues ou sur chenilles, ces engins déplacent et transportent d’énormes quantités de matériaux, mais par là même, sont sources de dangers importants pour le conducteur, les travailleurs à proximité ou le public.


Principaux risques

- Dans les fouilles de tranchées, même de faible profondeur, les risques d’éboulement peuvent provoquer l’effondrement de l’engin au bas du talus.
- En terrain très accidenté, les engins risquent de se renverser.
- Le danger de collision avec d’autres engins de chantier dans la même zone de travail est possible.
- Des obstacles cachés en creusant une tranchée, peuvent conduire à des catastrophes s’il s’agit de câbles électriques, de canalisations d’eau et surtout de gaz.
- Le contact direct avec une ligne électrique aérienne peut être dangereux.
- L’exposition quotidienne du conducteur aux vibrations transmises à l’ensemble du corps, le bruit permanent du moteur et des manœuvres de l’engin sont préjudiciables à sa santé, hors protection individuelle
- Nombreuses contraintes posturales dues au travail sur sol accidenté
- Le déplacement des engins sur chantier peut générer des risques de heurts avec les travailleurs à pied ou le public.
- Des blessures peuvent être occasionnées au cours du changement sur le porte-engins de l’équipement de travail, par les godets ou les lames ou par les câbles ou les sangles d’arrimage, par la manutention lourde de patins de calage, de pièces détachées…
- Traumatismes suite à une chute lors de la descente de l’engin.
- Projection de corps étrangers dans les yeux du fait d’un environnement particulièrement poussiéreux.
- Travail aux intempéries (chaleur, froid, vent, givre, pluie)

La formation du conducteur

Le Code du travail fait obligation de délivrer une autorisation de conduite au personnel pour tous les engins de chantier mobiles à conducteur porté : en effet, le chef d’établissement doit se conformer aux obligations en matière de contrôle de connaissances et savoir-faire du conducteur pour la conduite en sécurité (art R 233-13-19).
La délivrance d’autorisation de conduite est conditionnée par la réussite au test d’évaluation, sanctionnée par le Certificat d’Aptitude à la Conduite En Sécurité (CACES). Ces contrôles sont réalisés par des testeurs qui appartiennent à des organismes agrées ; la qualification de ces organismes et le contrôle de leurs prestations sont confiés à des organismes conventionnés par la CNAMTS et accrédités par le COFRAC.

L'activité de conducteur d’engins de chantier nécessite une formation spécifique pour chaque type de machine et c’est pourquoi il existe différents types de CACES (Recommandation du service prévention de la CNAM R 372 modifiée) :

  • Catégorie 1 : Tracteurs et petits engins de chantier mobiles (tracteur agricole, mini-pelle jusqu'à 6 tonnes, mini-chargeuse jusqu'à 4,5 tonnes, moto-basculeur jusqu'à 4,5 tonnes, petit compacteur, machines à peindre les lignes sur les chaussées...)
  • Catégorie 2 : Engins d'extraction et/ou de chargement à déplacement séquentiel (pelles, engins de fondations spéciales, de forage, de travaux souterrains...)
  • Catégorie 3 : Engins d'extraction à déplacement alternatif (bouteurs, tracteurs à chenilles, pipe layer...)
  • Catégorie 4 : Engins de chargement à déplacement alternatif (chargeuses, chargeuse-pelleteuses...)
  • Catégorie 5 : Engins de finition à déplacement lent (finisseur, machine à coffrage glissant, répandeur de chaux, gravillonneur automoteur, pulvimixeur, fraiseuse...)
  • Catégorie 6 : Engins de réglage à déplacement alternatif (niveleuse...)
  • Catégorie 7 : Engins de compactage à déplacement alternatif (compacteur...)
  • Catégorie 8 : Engins de transport ou d'extraction transport (tombereau, décapeuse, tracteur agricole > 50ch...)
  • Catégorie 9 : Engins de manutention (chariot élévateur de chantier ou tout terrain)

La prévention collective

- Ergonomie de l’engin

  • Sécurisation de l'accès et de la cabine : marchepied antidérapant et échelle d'accès complétée par des poignées ou des mains courantes.
  • Cabine insonorisée et climatisée.
  • Poste de conduite ergonomique avec siège adapté.
  • Entretien régulier de l'engin : les engins de terrassement doivent faire l’objet de vérifications annuelles consignées sur le registre de sécurité.

- Sécurité du chantier

  • Entretien des pistes de circulation
  • Signalisation temporaire et balisage du chantier
  • plan de circulation du chantier (engins, véhicules légers, piétons) : définition des zones d'évolution nécessaires à l'utilisation en sécurité de l'engin, règles de priorités, vitesses autorisées, limitation des charges.
  • consignes de sécurité propres au chantier précisées aux conducteurs : cas particuliers des travaux réalisés à proximité d’une ligne électrique ou à proximité de réseaux enterrés : délimitation matérielle de la zone de sécurité par une signalisation appropriée ou l’installation de gabarits de protection.
  • adéquation de l'engin à son usage (exemple : pas d’emploi abusif d’un tractopelle comme grue).

- Réglementations routières

  • Les engins doivent être acheminés sur le chantier à l’aide de porte-engins. Sur la remorque l’engin doit être immobilisé par des cales et arrimés par des câbles, et les équipements (godets ou lames) doivent être abaissés. Tout déplacement exige une reconnaissance préalable de l’itinéraire à suivre afin de s’assurer qu’aucun obstacle n’entravera le passage du porte-engin et de son chargement.
  • Court déplacement sur route : Les chargeuses-pelleteuses peuvent circuler sur la route à condition de respecter les règles générales de circulation définies par le code de la route, de circuler à vitesse lente (moins de 25 km/h) et d’allumer les gyrophares. Il convient alors de vérifier que les verrous d’immobilisation des équipements sont bien en place.
La prévention individuelle
  • La conduite d'engins de chantier soumet les conducteurs à des vibrations qui, à la longue, peuvent provoquer des problèmes de dos. La récente réglementation (décret n° 2005-746 du 4 juillet 2005) impose de limiter l'exposition des travailleurs à ce type de vibrations. Des mesures de prévention peuvent permettre d'éviter des lombalgies qui sont reconnues comme maladies professionnelles. Afin de limiter leur apparition, de nombreuses mesures de prévention peuvent être mise en place : réduction des amplitudes vibratoires, choix du matériel et amélioration des conditions d’utilisation, port d’une ceinture de maintien lombaire.
  • Le gilet de signalisation à haute visibilité de classe II fait partie des équipements de protection individuelle et doit être porté en permanence si le personnel travaille à proximité de la circulation routière.
  • Gants de manutention pour les opérations de changement d'équipement
  • Casque de chantier de protection de la tête
  • Protection auditive
  • Chaussures ou bottes de sécurité
  • Lunettes de sécurité

  • Conduite d'engins en sécurité : le "CACES". Fiche pratique de sécurité ED 96. (INRS) (2001)
  • Conducteurs d'engins mobiles : vibrations, plein le dos. Edition INRS ED 864. (INRS) (2001)
  • Chargeuses-pelleteuses. Manuels de sécurité. Engins de chantier. Edition INRS ED 664. (INRS) (1996)


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