Le management SSE peut-il être externalisé ?


Le management SSE
peut-il être externalisé ?
La gestion de la SSE demeure une fonction encore peu externalisée en France. On peut s’en réjouir, en particulier en matière de culture de sécurité. Cependant, certaines de ces activités connaissent déjà une externalisation, en témoigne les recours aux prestations des bureaux de contrôle et de conseil (inspection, diagnostic, formation…).
 


L’externalisation d’une fonction (outsourcing) dans sa forme classique peut être entendue comme l’achat d’un bien ou d’un service auparavant réalisé en interne. La pratique d’externalisation a connu un développement d’une grande ampleur depuis une quinzaine d’années.
Elle touche à la fois le secteur industriel et celui des services. Les activités les plus externalisées sont la restauration, le nettoyage, la sécurité…. Les activités plus stratégiques, telles que l’informatique, la logistique, la comptabilité (et plus particulièrement la gestion de la paye) connaissent aussi un mouvement d’externalisation significatif. La gestion de la SSE demeure une fonction encore peu externalisée en France. On
peut s’en réjouir, en particulier en matière de culture de sécurité.
Cependant, certaines de ces activités connaissent déjà une externalisation, en témoigne les recours aux prestations des bureaux de contrôle et de conseil (inspection, diagnostic, formation…).

Parmi les activités qui participent à la performance du management SSE, celles ayant trait à la veille réglementaire et à la maîtrise des conformités s’orientent peu à peu vers l’externalisation, le développement des offres de services et de produits proposées par des prestataires comme Les Éditions législatives, Tenaxia ou Preventeo souligne cet essor. Ceci s’explique sans doute par le caractère à la fois complexe et contraignant de ce type d’activité, autant que par le haut degré d’expertise qu’il convient de développer. Jean-Marc Rallo, de Preventeo, insiste sur le caractère particulier de la veille juridique en matière de SSE : « Les textes sont nombreux, ils mélangent « données » juridiques et « données » techniques. Le savoir-faire en terme d’analyse
est donc forcément pluridisciplinaire. La veille est un processus complexe. La maîtrise des conformités l’est encore plus. L’interprétation d’un texte et sa transformation en exigences réglementaires puis en instrument d’évaluation ne sont pas à la portée de tout le monde. »
. Le tournant de l’externalisation de la veille réglementaire semble pris. Quels gains escompter d’une telle pratique ?

Les gains financiers semblent constituer le principal avantage. L’entreprise tire bénéfice de l’économie d’échelle grâce à la spécialisation du prestataire (l’expertise juridique alliée à une expertise technique).
L’externalisation permet aussi à l’entreprise d’éviter des investissements imprévisibles et non nécessaires liés à l’évolution de l’activité même. Au-delà des gains pécuniaires, l’externalisation rend généralement la fonction plus dynamique et plus flexible, puisque le prestataire se doit d’être efficace et innovant s’il veut pérenniser sa relation. L’entreprise gagne dès lors souvent en qualité. La prestation est généralement normalisée et les multiples compétences du prestataire sont mobilisées. Dans les domainesjuridique et normatif, la mise à jour des connaissances est essentielle. L’externalisation apparaît comme une pratique dynamique à double intérêt : l’entreprise peut à la fois suivre l’évolution des textes et économiser les coûts d’inventaire, d’analyse, de diffusion, de formation... Le recours à un spécialiste est aussi considéré comme un moyen de valoriser l’image de performance de l’entreprise. Selon Jean-Marc Rallo, « l’adoption de notre solution logicielle a permis à certains de nos clients de retirer des bénéfi ces avérés en matière de certification de type OSHAS 18001 ou ISO 14000 ».

Au-delà des avantages incontournables de l’externalisation aux niveaux tant stratégique, financier, organisationnel qu’opérationnel, l’externalisation dissimule des dangers non négligeables : mauvaise décision, gestion inappropriée des changements en interne, problèmes concernant la coordination avec le prestataire… Un risque stratégique existe bel et bien quand une entreprise se trompe sur l’activité à externaliser. Autrement dit, elle délègue une activité qui procure des avantages concurrentiels à long terme. Une erreur qui coûter cher si elle est contrainte de réintégrer. Ainsi, il est important pour une entreprise, avant de recourir à l’externalisation, d’identifier les fonctions faisant partie du coeur de métier et celle de supports. La fonction SSE est souvent classée dans les activités de support. Cependant, l’entreprise doit se méfier du mimétisme car le choix de l’activité à externaliser dépend également de sa politique, de son organisation et de son métier. Si elle décide d’externaliser sa fonction SSE, il est important de définir clairement les paramètres à externaliser. Une externalisation de la totalité de la fonction SSE expose toujours davantage au risque de dépendance qu’une externalisation partielle. La plupart des risques liés à l’externalisation pour l’entreprise externalisée adviennent pendant le déroulement du contrat. La liste est longue : perte de compétence et de savoir-faire, perte de contrôle, perte de la maîtrise de ses informations, création d’un lien de dépendance avec un tiers, déploiement d’un manque de disponibilité… Le risque de dépendance est le frein le plus important dans l’externalisation. Il est la conséquence de la perte de savoir-faire, de contrôle ou de maîtrise de la fonction.
Les démarches d’externalisation en matière de SSE, et plus particulièrement de veille réglementaire, en sont à
leurs débuts. Les retours d’expérience sont peu nombreux.
Bruno Marchal d’AirFrance privilégie le recours à l’expérimentation : « Une expérimentation conduite en partenariat avec une direction interne, suffisamment représentative pour qualifier les travaux pratiques avec l’ensemble des acteurs que sont les préventeurs et les managers de proximité ainsi que le chef d’établissement et directeur QSE de l’entité, est l’une des garanties du succès d’une telle démarche ».

 


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