La prévention des risques de l’exposition professionnelle aux solvants organiques

L’utilisation de solvants organiques (dégraissants, diluants, décapants …) dans tous les secteurs de l’industrie, du bâtiment, de l’artisanat et de l’agriculture, expose de nombreux travailleurs à des risques de toxicité aigue ou chronique, par voie respiratoire ou cutanée : ces produits chimiques sont corrosifs ou irritants, neurotoxiques, certains sont cancérogènes, reprotoxiques … et parfois à des doses et des durées d’exposition faibles. L'exposition aux solvants organiques est tout particulièrement dangereuse chez la femme enceinte.

La prévention des risques de l’exposition professionnelle aux solvants organiques

L’utilisation de solvants organiques (dégraissants, diluants, décapants …) dans tous les secteurs de l’industrie, du bâtiment, de l’artisanat et de l’agriculture, expose de nombreux travailleurs à des risques de toxicité aigue ou chronique, par voie respiratoire ou cutanée : ces produits chimiques sont corrosifs ou irritants, neurotoxiques, certains sont cancérogènes, reprotoxiques … et parfois à des doses et des durées d’exposition faibles.
L'exposition aux solvants organiques est tout particulièrement dangereuse chez la femme enceinte.
Les solvants organiques sont des composés organiques volatils (COV), substances qui se caractérisent par leur grande volatilité, c'est-à-dire qu’ils émettent des vapeurs même à pression et température ordinaire de travail, et donc se répandent aisément sous forme gazeuse dans l’air ambiant des ateliers, bureaux ou dans l'atmosphère extérieure environnante.
De plus, la plupart des solvants organiques sont inflammables et nécessitent une grande précaution d’utilisation et de stockage, pour éviter les risques d’incendie et d’explosion.
Les multiples risques que présentent les solvants organiques ont conduit à de nombreuses réglementations, aboutissant à un ensemble complexe de mesures pour répondre aux normes (valeurs limites d’exposition professionnelle).
La prévention des risques de l’exposition professionnelle aux solvants organiques consiste à :
- Prohiber ou limiter l’utilisation des solvants les plus dangereux et favoriser leur substitution par d’autres qui le sont moins.
- En milieu industriel, travailler en vase clos avec des machines fermées avec chambre de travail étanche.
- Ventiler les lieux de travail et aspirer les vapeurs à leur source d’émission.
- Respecter scrupuleusement les règles de stockage des produits chimiques, de gestion des déchets et les exigences essentielles d’hygiène.
- Adapter toutes les installations électriques des locaux à la zone de risque, conformément aux directives européennes ATEX concernant les atmosphères explosives.
- Porter des gants de protection adaptés à la tâche effectuée et au produit concerné, et, en cas d’urgence ou pour des travaux exceptionnels de courte durée, porter un masque ou appareil de protection respiratoire.
- Assurer la formation et la surveillance médicale des travailleurs exposés.

Principales caractéristiques et classification des solvants organiques

  • Caractéristiques des solvants organiques
    La solvatation est le phénomène physico-chimique amenant la dissolution d'un composé chimique (le soluté) dans un liquide appelé solvant : les molécules dissoutes du soluté sont entourées par une couche de molécules de solvant, par attirance des molécules chimiques entre elles du fait des forces intermoléculaires.

    Les solvants sont des liquides ayant la propriété de dissoudre, de diluer ou d’extraire d’autres substances sans en provoquer de modifications chimiques et sans eux-mêmes se modifier.

    Les solvants se répartissent en deux catégories : les solvants organiques et les solvants aqueux. Les solvants organiques possèdent la plus grande toxicité.

    Les solvants organiques sont très nombreux et proviennent des hydrocarbures et de leurs dérivés chimiques, issus de l’industrie pétrochimique ou des filières bois, céréales ou oléagineuses de l’agriculture (agro-solvants : bio-alcools, terpènes, ...).

    La tension de vapeur saturante élevée des solvants organiques implique la possibilité de libérer des vapeurs et augmente avec la température. Plus un solvant aura une tension de vapeur saturante élevée, plus il sera volatil, c'est-à-dire que plus il aura tendance à s'évaporer.

    Ces solvants sont neutres chimiquement vis-à-vis du produit dilué ou dissous ; ils modifient :
    • leur fluidité pour permettre d’étaler la substance (peintures, vernis, colles…) facilement sur un support, qui durcira ensuite par évaporation du solvant dans l’air ambiant, ou d’extraire par distillation la substance après dissolution (parfums…).
    • ou leur viscosité (graisses, goudrons…) de façon à ôter plus aisément la substance de son support métallique, bois, textile (dégraissants, décapants).
    Presque tous les solvants organiques sont plus légers que l’eau, beaucoup sont insolubles ou très peu solubles dans l’eau (à l’exception des alcools notamment), mais miscibles dans la plupart des huiles et graisses minérales, végétales, dans les tissus animaux ou humains gras, ce qui augmente leur toxicité biologique (par liposolubilité).

    Les vapeurs de solvants sont généralement plus lourdes que l’air. Aussi, elles s’accumulent dans les parties basses et circulent ainsi près du sol, et peuvent former avec l'air des mélanges explosifs en présence d'une étincelle provoquée par une prise électrique défectueuse ou un court-circuit et à y séjourner faute de ventilation suffisante (par exemple dans les fosses de visite, les caves et sous-sols, les caniveaux).
    Les solvants sont inflammables pour la plupart (à l’exception par exemple d’hydrocarbures chlorés tels que le trichloroéthane, chlorure de méthylène, perchloréthylène, trichloréthylène) : les vapeurs de solvants liquides peuvent former avec l’air des mélanges explosifs, d’autant plus qu’ils ont tendance à accumuler les charges électrostatiques. Les étincelles dues à l'électricité statique (par exemple lors du transvasement de liquides peu conducteurs : hexane, toluène, xylène) peuvent suffire pour permettre l’inflammation.

    La plupart des solvants liquides dégagent à leur surface, avant même d'avoir atteint leur température d'ébullition, des vapeurs combustibles qui s'enflamment et/ou explosent au contact d'une source de chaleur importante (étincelle, flamme, surface brulante…) au-delà d'une certaine concentration. Ils émettent continuellement des vapeurs jusqu’à saturation de l’atmosphère dans laquelle ils s’évaporent, et de ce fait une enceinte fermée (bouteilles, bidons …) contenant des solvants peut être soumise à des pressions internes augmentant fortement avec la température.
    Les risques d'incendie et d'explosion dépendent des caractéristiques physico-chimiques de chaque solvant, identifiées notamment par les critères suivants :
    - La température d'auto-inflammation est la température minimale pour laquelle il y a une inflammation spontanée au contact d'une surface, ou partie de surface portée à une température, sans nécessité de la présence d’une flamme.
    - Le point d’éclair est la température minimale à laquelle le produit émet suffisamment de vapeurs pour former, avec l’air ambiant, un mélange gazeux qui s’enflamme momentanément sous l’effet d’une source d’ignition (flamme), mais pas suffisamment pour que la combustion s'auto-entretienne. Un solvant qui a un point éclair :
    • inférieur à 0°C est " extrêmement inflammable " (exemples : essence, benzène, éther, acétone),
    • compris entre 0°C et 21°C est " très inflammable " (exemple : alcool éthylique, toluène),
    • compris entre 21°C et 55°C est " facilement inflammable ".
    • compris entre 55°C et 100°C est " inflammable ".
    - La température d’inflammabilité est la température minimale pour maintenir une inflammation (généralement 2 à 3°C au-dessus du point d'éclair).
    - La limite d’explosivité est une zone de concentration située entre deux limites de concentration en vapeurs mélangée à l’air, pour lesquelles une flamme est en mesure de se propager par elle-même : en deçà il n’y a pas assez de combustible et au delà il n’y a pas assez de comburant.

  • Classification des solvants organiques
    La multitude des solvants provenant des hydrocarbures, tient au fait que l’atome de carbone a de très nombreuses possibilités de se lier à l’atome d’hydrogène en formant des chaines moléculaires linéaires ou fermées (cycliques) ; et l’atome de carbone peut non seulement être associé à des atomes d’hydrogène, mais encore être lié à un autre atome de carbone formant des composés saturés (ne contenant que des liaisons simples) ou insaturés (contenant au moins une double liaison).
    Les combinaisons chimiques possibles se démultiplient encore avec la capacité d’autres atomes de se substituer à certains atomes d’hydrogène dont le chlore, le soufre, le fluor, le brome donnant toute la série des solvants halogénés.

    De plus, si on opère une substitution d’une liaison carbone-hydrogène par une liaison carbone-oxygène ou d’un groupement OH, on obtient des alcools, des éthers et des esters, des cétones aliphatiques ou cycliques (acétone…) qui sont des solvants très utilisés.


    Les dérivés aminés et amides des hydrocarbures sont des composés azotés par remplacement d'un ou plusieurs atomes d'hydrogène par des groupes NH.

    Les principaux groupes de solvants organiques sont les suivants :
    - Solvants aliphatiques : alcanes dont hexane, heptane, essences, terpènes …
    - Solvants aromatiques : benzène et composés benzéniques, toluène, xylène, styrène …
    - Solvants halogénés : di ou tri ou tetra chlorométhane (ou chlorure de méthylène DCM, chloroforme, tétrachlorure de carbone), tri ou tetra chloréthylène (ou perchlo) , trifluoro ou trichloro éthane, bromopropane…
    - Solvants alcooliques : méthanol, éthanol, isopropanol, butanol, glycols …
    - Cétones : acétone, butanone (ou méthyléthylcétone MEK), méthylisobutylcétone MIBK …
    - Esters : acétates de méthyle, d’éthyle, d’ethylglycol, de propylglycol, lactate d’éthyle …
    - Éthers : éther éthylique, tétrahydrofuranne THF, dioxane (dioxyde de diéthylène) …
    - Éthers de glycol : butoxyéthanol et son acétate…
    - Solvants nitrés : amines, amides (diméthylformamide DMF, hexamethylphosphoramide HMPA, n-méthylpyrrolidone NMP, acétonitrile (cyanure de méthyle)…
    - Solvants soufrés : sulfure de carbone CS2, diméthylsulfoxyde DMSO, sulfolane …

Les situations professionnelles à risque d’exposition aux solvants organiques

Il existe plusieurs milliers de solvants organiques, dont une centaine est d’usage courant et auxquels de très nombreux travailleurs sont exposés (environ 15 % de la population active).
Les secteurs professionnels concernés par les solvants organiques, au stade de la production ou de leur utilisation, sont très nombreux : produits pétroliers, peintures, vernis, résines, colles, encres, parfums, dégraissants des métaux et textiles, décapants, propulseurs de nombreux aérosols, produits pharmaceutiques, cosmétiques, traitements des bois et toutes les industries des composants électroniques, du cuir, des plastiques et du caoutchouc …
Les métiers de peintre, mécanicien, plombier, imprimeur, plasturgiste, travailleur du caoutchouc, du cuir, de la pétrochimie, de la chimie fine, de la pharmacie et de la parfumerie, laborantin, menuisier et ébéniste, employé de pressing, … figurent parmi les travailleurs les plus concernés par la toxicité des solvants.
L’emploi des solvants est lié au produit utilisé lui-même (exemple : colles, dissolvants des résines naturelles ou synthétiques) ou au procédé de fabrication (exemple : dégraissage de pièces métalliques) ou de maintenance et d’entretien (exemple : nettoyage des encreurs). La manipulation, à l’utilisation ou au stockage des solvants dans l’industrie, entraine des expositions par projection, inhalation (ou rarement ingestion), en particulier lors des défaillances d’une installation : une rupture de canalisation, l’ouverture inopinée d’un contenant, le non-confinement de matériels de filtration au niveau des pompes, des vannes ou des collecteurs lors des étapes d’extraction, provoquent fuites et déversements accidentels.
Quelques exemples parmi les expositions professionnelles :
- Les produits de nettoyage des pièces mécaniques à froid manuel ou automatique, dans les fontaines de dégraissage, utilisés dans les tôleries, serrureries, traitements de surface, garages de réparation automobile etc. sont essentiellement constitués d’hydrocarbures aliphatiques ou aromatiques, de solvants chlorés saturés ou insaturés : toluène, xylène, trichloréthylène … Des nettoyants de freins peuvent contenir du N-hexane.
- Les vapeurs des solvants des peintures non aqueuses sont très volatiles. La technique de mise en œuvre qui génère le plus de COV est la pulvérisation qui crée un brouillard de peinture causé par les gouttelettes entrainés par les tourbillons de l’air. Les décapants d’élimination de vieilles peintures sur bois et métaux (portes, volets, balustrades, grilles…) peuvent contenir du dichlorométhane (ou chlorure de méthylène). Il y a une présence d’éthers de glycol dans les formulations de peintures à l’eau.
- Les détachants pour les textiles sont des solvants organiques (alcools, tri et tétrachloréthylène…), utilisés notamment dans les pressings.
- Dans la fabrication des matériaux semi-conducteurs, des solvants sont employés pour de nombreuses opérations : le trichloréthylène, l'acétone, l'isopropanol pour le nettoyage, le dégraissage des semi-conducteurs et le retrait des résines résiduelles.
- Des solvants (trichloréthylène, acétone) sont utilisés lors du nettoyage des bijoux après soudure, du dérochage afin d’enlever la couche d’oxyde, de l’élimination des pates ou ciments.
- Des solvants halogénés de dégraissage et de décapage (dichlorométhane, trichloréthylène) sont utilisés lors de la maintenance des moules de plasturgie.
- Le diméthylformamide est utilisé comme solvant pour le traitement de tissus.
- Les métiers des industries graphiques utilisent des encres, des produits de nettoyage des rouleaux et pinceaux, et de mouillage qui contiennent des solvants (toluène, éthers de glycol, cétones…). Les esters (acétate d’éthyle…) sont utilisés dans la préparation de diluants de vernis d’encres. Les produits de nettoyage utilisés dans les imprimeries (nettoyage des blanchets et encreurs…) sont essentiellement constitués d’hydrocarbures aliphatiques (n-hexane pour le nettoyage des encres séchées), de solvants chlorés saturés (dichlorométhane…) ou insaturés (trichloréthylène, perchloréthylène…), d’hydrocarbures aromatiques (xylène, toluène..), de cétones (acétone, butanone…). Les solutions de mouillage, qui permettent en impression offset d’éviter l’adhésion de l’encre grasse et visqueuse sur la plaque en dehors des parties à imprimer et de lubrifier les rouleaux et les blanchets, contiennent de l’alcool isopropylique pour ses propriétés tensio-actives.
- L’application ou pulvérisation de colles en solution dans un solvant (colle PVC…) ou à deux composants (résines époxy…), le dégraissage de surfaces, matériels ou matériaux, l’usage d’adhésifs, impliquent l’utilisation de nombreux solvants organiques volatils par les plombiers et chauffagistes. Du fait de leur volatilité, les vapeurs de ces COV (dichlorométhane, trichloréthylène, tétrahydrofuranne…) utilisés par les plombiers se retrouvent en concentration variable mais élevée dans des milieux confinés (caves…).
- Les produits d’imprégnation et de traitement des bois (lasures, vernis …) contiennent des solvants, comme le white spirit, acétone, xylène, toluène, dissolvants des résines…
- Les métiers de la transformation du cuir utilisent des solvants dans les décapants, résines, colles, teintures, … La colle au néoprène ou chloroprène polymérisé solvanté, est très utilisée dans les industries de transformation du cuir, et ce polychloroprène est dissous dans un mélange de solvants (toluène, xylène, acétone, butanone, …) qui doivent s’évaporer pour permettre la prise de la colle.
- Le styrène est une substance largement utilisée pour la fabrication de matières plastiques et de caoutchoucs.
- Les produits utilisés (vernis et dissolvants pour ongles, huiles essentielles, parfums, ...) par les esthéticiennes contiennent des solvants très volatils.
- Des solvants alcooliques en spray (aérosol) sont employés pour la désinfection de contact des surfaces dans les établissements hospitaliers.
- La distillation du pétrole dans les raffineries expose les travailleurs à l’hexane, au benzène et le reformage catalytique au toluène, benzène, xylène … Ils peuvent aussi être exposés aux vapeurs de solvants de déparaffinage, constitués d’un mélange de MEK et de toluène.
- Dans l’industrie pharmaceutique, les opérations de granulation par voie humide, de mélangeage et d’enrobage peuvent exposer les opérateurs à de fortes concentrations de vapeurs de solvants.
- Etc.

Les principaux risques professionnels des solvants organiques

  • Les risques chimiques des solvants organiques

    Les actions toxiques des solvants organiques sont nombreuses et les atteintes à la santé peuvent concerner toutes les fonctions corporelles, dont certaines sont irréversibles. Cette toxicité est le revers des propriétés remarquables des solvants organiques : ils sont volatils et capables de dissoudre les graisses de l'organisme et agir sur la conduction des influx nerveux. Mais les molécules de solvant peuvent avoir aussi, indépendamment de leurs propriétés physiques de solvatation, des propriétés chimiques nocives intrinsèques, ce qui explique les différences de toxicité de chacune d'entre elles.
    Leurs conséquences néfastes sur le système nerveux sont bien connues pour des usages non professionnels, à visée ébrieuse ou narcotique : éthanol des boissons alcoolisées, éther éthylique, chloroforme (trichlorométhane), solvants des colles.
    Lors de l'inhalation des vapeurs de solvants, celles-ci pénètrent dans les poumons et passent directement dans le sang, puis dans le cœur et le cerveau. Si les vapeurs de solvants agissent principalement par inhalation, quelques solvants très fluides parviennent à traverser la peau en provoquant des irritations cutanées (éthers de glycol…) et certains solvants traversent le tissu lipo-cutané et, par voie sanguine, se diffusent dans le corps entier.

    La gravité de l’exposition aux risques d’émanations toxiques des solvants dépend :
    - de la toxicité de la molécule chimique concernée,
    - de la concentration, de la fréquence et de la durée d’exposition,
    - de la voie d’exposition (respiratoire, cutanée, oculaire, digestive),
    - des combinaisons entre les produits,
    - de la sensibilité individuelle (notamment aux allergènes). L'exposition aux solvants est tout particulièrement dangereuse chez la femme enceinte car ceux-ci peuvent franchir la barrière placentaire.
    On distingue les effets aigus (dus à des concentrations élevées) et chroniques (dus à de faibles concentrations, mais à des expositions répétées). Les effets aigus s’observent lors de fuites ou de déversements importants, suite à des rejets accidentels massifs de solvants dans des milieux confinés (caves, galeries souterraines…), ce qui peut induire des irritations graves des muqueuses, de sérieuses conséquences respiratoires, des narcoses pouvant aller jusqu’au coma et éventuellement létales.
    Les solvants organiques affectent des organes cibles divers : irritations et brulures (DCM, DMF…) de la peau, des yeux (acétone, hexane, toluène …) et de la gorge, lésions des organes respiratoires (toluène, xylène, perchloréthylène …), troubles cardiaques (trichloréthylène), et presque tous les solvants organiques provoquent des troubles digestifs (nausées, gastrites avec le THF…), du système nerveux, des maux de tête, des vertiges.
    - Par leur action liposoluble, tous les solvants peuvent provoquer une dessiccation cutanée avec risque dermatites pour des contacts avec la peau répétés et prolongés.
    - La toxicité sur le système nerveux central peut prendre la forme d’une narcose brutale et intense pour une forte exposition.
    - Des neuropathies périphériques, troubles sensitivo-moteurs des extrémités, sont provoqués par l’éthanol, le tétrachloréthane, le tétrahydrofuranne (THF) et méthylethylcétone (MEK).
    - Plusieurs solvants sont susceptibles de provoquer des hépatites lors d’inhalations ou ingestions massives : tétrachlorure de carbone (hépatomégalie), trichloréthane, diméthylformamide (DMF) et … l’éthanol !
    - Les effets reprotoxiques causés par les solvants peuvent produire ou augmenter la fréquence d'effets non héréditaires dans la progéniture (embryotoxiques ou foetotoxiques), ou porter atteinte aux fonctions ou capacités reproductives…. Par exemple, l'exposition aux solvants (benzène, trichloréthylène, …), qui passent à travers la barrière placentaire, est spécialement dangereuse et concernent de nombreuses professions féminines (laborantines, employées des pressings …) : l'exposition à ceux-ci est tout particulièrement dangereuse chez la femme enceinte car ils peuvent aussi entraîner des malformations congénitales ou perturber la grossesse et le développement du fœtus (risque tératogène et d’intoxication fœtale) en franchissant la barrière placentaire. Par ailleurs, certains éthers de glycol présentent un danger pour la fertilité.
    - Les effets cancérogènes et mutagènes sont avérés certains pour le benzène (classe 1 du CIRC). Le trichloréthylène est probablement cancérogène pour l’homme (classe 2A du CIRC). Le styrène, le diméthylformamide (DMF), le tétrachloréthylène, le tétrachlorure de carbone, le dichlorométhane (DCM), le dichloroéthane, le dioxane sont des cancérogènes possibles (classe 2B du CIRC). Une augmentation des rares cancers masculins du sein a été notée pour les hommes en contact fréquent et prolongé avec des solvants organiques.
    - Le sulfure de carbone (CS2) et le méthanol peuvent affecter la vision.

    Parmi la multitude de solvants organiques, on note par exemple les effets nocifs suivants :
    - Les solvants aromatiques (benzène, toluène, xylène, styrène, etc.) sont potentiellement plus dangereux pour la santé que les composés aliphatiques (essence, white-spirit, …). Les solvants aromatiques peuvent provoquer des troubles neurologiques (céphalées, vertiges, agitation, irritabilité, somnolence, convulsions), des affections gastro-intestinales accompagnées de vomissements à répétition, des anémies dues à la toxicité pour les cellules sanguines et la moelle osseuse (benzolisme). Ils sont présents dans les dissolvants des résines naturelles ou synthétiques, les vernis, peintures, émaux, mastics, encres, colles, produits d'entretien… Pour le toluène, il y a un risque de surdité accru avec simultanément exposition concomitante à des niveaux de bruits élevés (ototoxicité).
    - Les solvants aliphatiques ont une toxicité généralement modérée, avec des effets communs à de nombreux autres solvants : leur inhalation répétée ou prolongée conduit à des manifestations telles que maux de tête, vertiges. A fortes concentrations, ils entraînent aussi des troubles du système nerveux et du système digestif. L’hexane, que l’on trouve dans des colles, l’essence, les nettoyants de freins, a une neurotoxicité plus affirmée (polynévrites).
    - Les solvants chlorés, par leur forte liposolubilité, agissent sur le système nerveux et sont également cardiotoxiques. Le perchloréthylène, qui est le solvant le plus souvent utilisé dans les pressings pour nettoyer les vêtements, a un effet cancérogène suspecté et provoque des problèmes respiratoires en cas d’inhalation répétée. Le trichloréthylène, d’usage courant pour le dégraissage, est un cancérogène probable et a une toxicité sur le système nerveux central et le cœur, modification du rythme, fibrillations ventriculaires, manifestations coronariennes ainsi que le trichloroéthane. De plus, le dichlorométhane (ou chlorure de méthylène) est à l’origine de brûlures cutanées graves.

  • Les risques d'incendie et d'explosion des solvants organiques
    Les risques d'incendie et d'explosion dépendent des caractéristiques physico-chimiques de chaque solvant : les solvants ayant un point d’éclair bien inférieur à la température ambiante, en présence d’une flamme nue, d’une étincelle ou d’une source de chaleur importante, s’enflamment instantanément et durablement.
    Il existe aussi un risque d’explosion lors de la conservation de solvants à point d’éclair très bas au réfrigérateur, dont les vapeurs qui s’échapperaient du bidon peuvent s’enflammer à l’enclenchement du thermostat ou de la lumière, en particulier l’acétone (-20°C).
    La limite d’explosivité est une zone de concentration située entre deux valeurs, limite inférieure LIE et supérieure LES, de concentration en gaz ou vapeurs mélangée à l’air : par exemple, dans le cas de l’acétone, les mélanges avec l’air de moins de 3 % ne contiennent pas assez de combustible et les mélanges de plus de 13 % ne contiennent pas assez de comburant, pour provoquer l’explosion. L'atmosphère explosible est rendue possible à des températures voisines de la température d’inflammation des solvants et peut rendre chaque usine, chaque atelier, chaque stock de solvants dangereux, par suite de circonstances accidentelles : incident de fabrication ou de conditions de stockage provoquant fuites et déversements massifs, étincelles, arcs électriques venant de machines ou d’installations électriques défectueuse, charges électrostatiques formées par frottement dans les tuyaux ou par agitation … C’est ainsi que les transvasements de solvants halogénés (DCM) ou non halogénés (acétate d’éthyle, acétone, DMF, acétonitrile), d’éther éthylique sont des manipulations dangereuses.
    Des réactions chimiques incontrôlées, avec très forte exothermie et/ou pressions très élevées, sont susceptibles aussi d’entrainer des explosions. Les principales conséquences dangereuses consécutives à l’explosion ou à l’incendie sont les traumatismes liés au blast, et les brûlures.
    - Traumatisme acoustique aigu : rupture tympanique et éventuellement lésions des os (blast), souvent réversible, sauf si l’intensité du bruit a détruit des cellules de la cochlée.
    - Brulures cutanées, de degré variable mais souvent sévères avec les feux de solvants organiques.

La réglementation concernant les solvants organiques

Les textes législatifs forment un ensemble complexe de mesures, échéances strictes et méthodes de réduction des émissions des vapeurs de solvants organiques précises, ayant une portée considérable pour de très nombreuses entreprises, qui doivent adopter des procédés et des produits pour répondre aux normes (valeurs limites).
La réduction des émissions de vapeurs de solvants organiques et la limitation des risques pour la santé des opérateurs (décret CMR 2001-97) sont prévues par l’arrêté du 2 février 1998 relatif aux émissions de toute nature des installations classées soumises à Autorisation (modifié par les arrêtés des 29 mai 2000 et 2 mai 2002), ainsi que par l’arrêté de prescriptions générales (rubrique 2564) pour les installations soumises à Déclaration. Cette réglementation vise aussi à réduire les risques environnementaux des solvants : ces composés organiques volatils (COV) ont des effets néfastes sur l'environnement non seulement lors de leur utilisation bien sur, mais aussi en continu selon les conditions de stockage. Sur près de 20 millions de tonnes de solvants utilisés tous les ans dans le monde, on peut considérer qu'environ les trois quarts disparaissent par évaporation. La vaporisation des solvants dans l’atmosphère (notamment le trichloroéthane) contribue à la production d’ozone dans la troposphère par réaction photochimique, sous l’effet des rayons ultra-violets du soleil. L’ozone est un gaz hautement agressif pour les organismes vivants. Celui-ci peut entraîner des irritations des yeux et de la gorge, des insuffisances respiratoires, voire, dans le cas des groupes à risque, une surmortalité pour les personnes affaiblies. En cas de rejet de solvant organique dans un milieu aquatique, une faible partie se dissout dans l’eau, le reste surnageant à la surface. Leur biodégradabilité est faible et, par exemple, les solvants aromatiques et généralement les boues de solvants sont toxiques pour les organismes aquatiques.
Ainsi la réduction des émissions de vapeurs de solvants organiques s’applique aux installations existantes soumises à Autorisation à compter du 30 octobre 2005 (sauf dérogation) et du 30 octobre 2007 pour les installations soumises à Déclaration.
La directive communautaire 99/13/CE du 11 mars 1999 vise la réduction des émissions de COV dues à l'utilisation de solvants organiques dans certaines activités industrielles.

La réduction des émissions de COV fait l’objet depuis 2001 d’une action nationale de l’inspection des installations classées.
Les installations doivent respecter les Valeurs Limites d'Emissions (VLE) selon les différents solvants.
Le schéma de maitrise des émissions (SME), basé sur un flux annuel total d‘émission, concourt au respect des valeurs limites des émissions (VLE) canalisées et diffuses tout en permettant des dépassements ponctuels des VLE (sauf dans le cas des solvants organiques à phrases de risque R45, 46, 49, 60, 61 et halogénés R40). Il s’agit donc d’une souplesse puisque, au lieu de respecter les valeurs limites fixées pour chaque point d’émission canalisée et pour les émissions diffuses, on peut se conformer à une valeur limite équivalente fixée sur le flux total de COV émis. Les principales réglementations relatives aux COV ne s’appliquent pas seulement à la limitation des émissions d’installations industrielles mais aussi à celles relatives à la limitation des concentrations dans des compositions de produits de grande consommation. Pour ce dernier cas, le décret n°2006-623 du 29 mai 2006, complété par un arrêté, précise les valeurs limites de concentrations en COV à respecter dans certains produits liquides (peintures, vernis, produits de retouches de véhicules).
L’utilisation des solvants est soumise à la législation en vigueur sur les émissions de Composés Organiques Volatils (Directive 2004/42/CE) : les ateliers doivent mettre en place d’un Schéma de Maîtrise des Emissions, un Plan de Gestion des Solvants ou le respect des Valeurs Limites d’Emissions, en fonction de la surface de l’atelier et de la quantité de solvants utilisée.
Les informations relatives à la toxicité de chaque solvant doivent faire partie des indications répertoriées dans la fiche de données de sécurité (FDS), obligatoirement fournie par le fabricant du produit et figurant sur les étiquettes des emballages sous forme de symboles et d’informations écrites (phrases de risque R et conseils de prudence S).
En ce qui concerne les évictions professionnelles, les femmes enceintes ou allaitantes ne peuvent être maintenues à des postes de travail les exposant par exemple au benzène et à certains solvants dérivés des hydrocarbures aromatiques (hors appareils clos).
La maladie professionnelle est reconnue si il y a une conséquence directe de l'exposition plus ou moins prolongée et/ou répétée d'un travailleur au risque chimique causé par l’inhalation de solvant et ouvre droit à une réparation intégrale du préjudice subit pendant l’arrêt de travail (indemnisation et gratuité des soins) et au-delà s’il y a des séquelles (capital ou rente d’incapacité). Parmi les maladies professionnelles reconnues dues aux solvants organiques, figurent celles répertoriées sur les tableaux suivants :

- Tableau n° 3 : Intoxication professionnelle par le tétracholoréthane
- Tableau n° 4 : Hémopathies provoquées par le benzène
- Tableau n° 4 bis : Affections gastro-intestinales provoquées par le benzène, le toluène et les xylènes
- Tableau n° 9 : Affections provoquées par les dérivés halogénés des hydrocarbures aromatiques
- Tableau n° 11 : Intoxications professionnelles par le tétrachlorure de carbone
- Tableau n° 12 : Affections professionnelles provoquées par les dérivés halogénés des hydrocarbures aliphatiques
- Tableau n° 13 : Intoxications professionnelles par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques
- Tableau n°22 : Intoxication professionnelle au sulfure de carbone
- Tableau n° 59 : Intoxication professionnelle au n-hexane
- Tableau n° 84 : Maladies professionnelles engendrées par les solvants organiques liquides à usage professionnel

La quantification des émissions des vapeurs de solvants organiques

Pour mesurer leur capacité de toxicité, la mesure des émissions des solvants organiques est une étape importante pour la mise en œuvre de plans de réduction et de retrait éventuel de l’exposition.

La valeur limite correspond à sa concentration dans l’atmosphère dans laquelle une personne peut travailler pendant un temps donné sans risque d’altération pour sa santé (relation dose-seuil).

La Valeur Limite d’Exposition (VLE) est la concentration maximum à laquelle un travailleur peut être exposée au plus pendant 15 mn sans altérations physiologiques : ce critère a pour but d’éviter les effets immédiats sur l’organisme.

La Valeur Limite Moyenne d’exposition (VME) est la limite d’exposition d’un travailleur pour une exposition régulière de 8h par jour et de 40h par semaine : ce critère a pour objectif d’éviter les effets à long terme sur l’organisme.

Ces valeurs limite s'expriment en "ppm" (partie par million) ou en mg par m3 (par exemple : la VLE du trichloréthylène est de 200 ppm soit 1080 mg/m3 ; la VME du trichloréthylène est de 75 ppm soit 405 mg/m3.

La VLE totale s'applique à la somme massique des vapeurs.

Les vapeurs de solvants présentes dans l’air sont mesurées par des mesures collectives ou individuelles : dosimétrie en continu par une ou plusieurs sondes ou badges personnels.

Les vapeurs sont adsorbées à l’aide d’une cartouche de charbon actif qui retient les molécules en surface, puis recueillies et analysées par chromatographie en phase gazeuse avec double détection par spectrométrie de masse et ionisation de flamme.

Les mesures préventives des risques des solvants organiques

La vigilance des dangers chimiques auxquels sont exposés les utilisateurs de solvants organiques est d’autant plus importante que, en dehors des effets manifestes d’une intoxication ou brulure aigues et brutales, la latence des effets nocifs respiratoires, leur caractère ténu au début de leur apparition, créent des conditions susceptibles de masquer longtemps la gravité de la situation.

Le process des grandes usines chimiques est fortement mécanisé et modernisé : la prévention collective résulte alors de l’utilisation de systèmes de fabrication capotés et automatisés et de dispositifs mécaniques comme l’extraction de vapeurs qui permettent de réduire l’exposition des travailleurs et de diminuer considérablement les risques chimiques et d’explosion ou d’incendie. Le process en circuit totalement fermé minore aussi beaucoup les possibilités de sources d’exposition en automatisant les opérations et en éloignant les opérateurs. Si des installations automatisées, télécommandées et contrôlées à distance limitent beaucoup les risques, toutefois, des incidents dans l’automatisation des opérations, des fuites, des dysfonctionnements des asservissements… génèrent des dangers et nécessitent également des interventions de maintenance qui restent dangereuses. Par ailleurs, dans les petites unités ou les volumes traités sont bien inférieurs et de façon plus artisanale, les pratiques sécuritaires sont beaucoup moins mises en œuvre et maîtrisées.

La prévention passe d’abord par la mise en place de technologies qui permettent la suppression des solvants organiques ou l’emploi de produits de substitution moins dangereux, par des actions sur les procédés supprimant ou limitant au maximum les rejets atmosphériques.
Les moyens de prévention à mettre en œuvre pour pallier les risques professionnels des solvants organiques résident ensuite dans la prévention collective (ventilation efficace de l’atelier et aspiration à la source des vapeurs), stockage des produits chimiques et installation électrique et de protection incendie conformes aux normes, respect des règles générales d’hygiène…) qui diminue fortement les expositions et la fréquence ces accidents, puis dans la prévention individuelle (équipements de protection) qui en diminue nettement la gravité, enfin dans l’information et la formation à la sécurité des travailleurs et dans leur surveillance médicale. La formation, par un organisme agréé, sur les dangers des produits utilisés et sur les moyens de se protéger, est indispensable : par exemple, comprendre les étiquettes du contenant des produits, connaître l’attitude à adopter en cas de fuite ou de déversement accidentel, savoir utiliser les équipements de protection individuels (E.P.I) adéquats.

Une surveillance médicale renforcée est obligatoire pour les salariés exposés aux risques chimiques des solvants organiques.
  • La suppression / substitution des solvants organiques
    La prévention la plus efficace est la prévention primaire avec la mise en place de technologies qui permettent des actions sur les produits (suppression ou emploi de produits de substitution de moindre impact potentiel sur l'homme et l’environnement) et/ou des actions sur les procédés (emploi de matériels ou de machines supprimant ou limitant au maximum les impacts sur l’environnement : très faibles rejets atmosphériques et volumes de déchets et d’effluents générés les plus faibles possibles). La première étape consiste à repérer les solvants cancérogènes ou dangereux dans le cadre de l'évaluation des risques du Document Unique de Sécurité (DUS). Les Fiches de Données de Sécurité (FDS), obligatoires pour tout produit chimique dangereux, comportent les renseignements relatifs à la toxicité des produits, donc notamment leur caractère cancérogène éventuel.
    L’utilisation de certains solvants est désormais interdite. La législation évolue en fonction des résultats des études toxicologiques qui peuvent être très longues car, si pour la toxicité aigue, le rapport de causalité est clairement identifié et assez facilement mesurable, il n’en est pas de même pour la toxicité chronique qui est beaucoup plus malaisée à cerner avec précision : ainsi l’emploi est prohibé pour le trichloroéthane, pour le toluène dans certaines applications, pour le trichloréthylène et le dichlorométhane (DCM) dans les usages domestiques et le perchloroéthylène progressivement. La suppression des solvants organiques et leur remplacement par une technologie propre (nouveaux procédés ou produits) lorsque c’est techniquement possible ou leur substitution par des solvants beaucoup moins toxiques apparaissent comme des solutions prioritaires : notamment remplacer les produits solvantés par des produits en phase aqueuse, utiliser les produits les moins volatils (pression vapeur plus faible), et, pour limiter le risque d’incendie, travailler si possible avec des produits dont le point éclair est supérieur à 40° voire 55°C.

    Des fiches d’aide à la substitution sont disponibles sur le site de l’INRS.

    Par exemple,
    - pour des applications particulières de nettoyage des pièces mécaniques, le nettoyage cryogénique, le dégraissage plasma ou laser permettent de s’affranchir de produits solvantés.
    - le dichlorométhane (chlorure de méthylène DCM), solvant utilisé comme décapant à peinture et vernis, peut être remplacé par des procédés à chaud sans solvant ou d'autres procédés chimiques à cause de ses effets nocifs. Néanmoins, il faut tenir compte du fait que les produits alternatifs au dichlorométhane ont une action plus lente et ne sont pas non plus dénués d’effets toxiques : esters dibasiques, diméthylsufoxyde (DMSO), n-méthylpyrrolidone (NMP, irritant), butyrolactone (corrosif) …
    - le CO2 supercritique sert de solvant pour des extractions de composés aromatiques, alcools, esters … dans les industries alimentaires et la parfumerie et a un grand avantage de revenir à pression et température ambiantes à l’état gazeux sans résidus toxiques.
    - pour le perchloréthylène largement utilisé dans le nettoyage à sec des vêtements (pressing), trois procédés alternatifs sont possibles : le nettoyage aux hydrocarbures aliphatiques (KWL, ACTREL …), au siloxane (un solvant du type silicone), moins toxiques mais inflammables, le nettoyage à l’eau.
    - Le diméthylformamide DMF très toxique (corrosif, hépatotoxique, cancérogène possible) peut être remplacé par le sulfolane (ou sulfone de tétraméthylène) qui l’est moins, pour la purification de mélanges d'hydrocarbures par exemple.
    - pour les peintures et vernis ou encres, développement de l’usage de produits en phase aqueuse,
    - de nouveaux systèmes de nettoyage manuels, telles les fontaines utilisant un produit lessiviel riche en tensio-actifs, permettent de limiter les risques de toxicité des produits utilisés ou de diminuer leur impact sur l’environnement.
    - les huiles de décoffrage sans solvant doivent être privilégiées : huiles 100% végétales sans solvant (à base de soja ou colza) ou huiles minérales de synthèse sans solvant hydrocarboné,
    - utiliser des nettoyants de freins sans n-hexane, substitué par du cyclohexane ou n-heptane.
    - Éthers de glycol remplacé par du propylène de glycol.
    - Esters méthyliques d’acides gras (EMAG) d’huiles végétales (colza…) , liquides très peu volatils, insolubles dans l’eau, de viscosité plus élevée que les solvants traditionnels, mais de tension superficielle et de pouvoir dissolvant comparables, pour le nettoyage de pièces métalliques, de presses d’imprimerie offset et d’écrans sérigraphiques, comme produit de fluxage pour le bitume …
    - Liquides ioniques : si la majorité des solvants actuels sont des de nature moléculaire neutre, de nouveaux liquides ioniques non volatils, sels fondus constitués d'anions et de cations, sont des solvants d’utilisation croissante dans certaines applications.
    - etc.

  • L’utilisation de machines et équipements adaptés
    - machines fermées avec chambre de travail étanche : le travail en vase clos autorise le confinement maximal des solvants utilisés, tout contact entre les opérateurs et les produits concernés pouvant être évité à chaque opération, avec automatisation de la plupart des taches.
    - systèmes d'encoffrement et de captage au plus près des émissions, de façon à évacuer les aérosols et les vapeurs.
    - fontaines solvant sécurisées avec une aspiration permettant le captage des vapeurs qui peuvent être adsorbées sur des charbons actifs
    - des équipements d’arrête-flammes, de soupapes et de détenteurs permettent de stocker, manipuler des vapeurs de solvants explosibles, en réduisant les dangers.
    Par exemple, les machines des pressings doivent fonctionner en circuit fermé avec neutralisation des vapeurs de perchloréthylène par courant d’air chaud, être équipées de raclage automatique des boues et de remplissage du perchloréthylène par pompage direct et disposer d’un filtre, afin d’éviter les rejets lors de l’ouverture du tambour.
    Le respect des recommandations des constructeurs et un entretien régulier des machines sont des éléments essentiels pour limiter les risques accidentels et pour prévenir des émanations. Ainsi l’utilisation et l'entretien des machines doivent être effectués par un personnel qualifié, spécifiquement formé (respect scrupuleux des capacités nominale des machines…) : de nombreux cas de fuites accidentelles peuvent survenir au niveau de différents équipements, ce qui entraîne la nécessité d’une maintenance rigoureuse des machines avec contrôle de l'étanchéité et mise en œuvre de dispositifs anti-fuites des machines. Il convient en particulier de vérifier que les raccords des installations en circuit fermé, les joints pour empêcher les pompes de fuir, sont en bon état et correctement posés.
    Des machines utilisées de manière non conforme ou mal entretenues et non vérifiées périodiquement créent un risque chimique supplémentaire. Pour pallier toute défectuosité ou comportement anormal d'un appareil ou d'une installation ou lors des opérations de maintenance (par exemple, nettoyage des résidus avec des solvants organiques), les ateliers de fabrication utilisant massivement des solvants doivent être équipés d'un système d'alarme spécifique qui détecte les fuites éventuelles de vapeurs toxiques utilisés dans certains procédés.

  • Une ventilation des lieux de travail adéquate

    La ventilation et l’aération des lieux de travail jouent un rôle essentiel pour limiter la concentration de l'ensemble des vapeurs de solvants dans l'air ambiant et les évacuer des lieux de travail, de façon à respecter les VLE et VME et éviter ainsi les conséquences sur la santé des travailleurs. Les installations utilisées pour l’évacuation des vapeurs de solvants doivent faire l’objet d’une analyse de risques.
    Les analyses de risques sont confiées à des spécialistes de la sécurité au travail (hygiéniste, ingénieur sécurité). Les rapports d’analyses de risques, d’intervention et de maintenance seront intégrés à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise (DUS).
    Les mesures et analyses peuvent être faites par l’employeur ou par un laboratoire agréé et le respect des valeurs limites doit être vérifié au moins annuellement.
    Si la valeur limite d’exposition est dépassée, cela permet d’imposer un arrêt temporaire d'activité pour remédier à la situation.
    Il existe deux techniques de ventilation : la ventilation locale par aspiration à la source et la ventilation générale ou la ventilation par dilution.

    - Ventilation locale : on opère par le moyen de hottes et autres systèmes locaux de déplacement de l’air.
    Des systèmes d’extraction de l’air comme des hottes et des tables aspirantes sont utilisées pour aspirer les contaminants près de la source d’émanation et filtrer l’air, ce qui prévient la contamination de l’air ambiant ; en particulier, c’est le cas des manipulations manuelles inévitables qui doivent être effectuées à un poste de travail muni d’un dispositif d’aspiration des vapeurs à leur source d’émission.

    Par exemple, les vapeurs de solvants de peinture captées dans une cabine ne polluent pas l'air ambiant.
    Le matériel doit éviter notamment la formation d’étincelles. Les hottes ou plafonds filtrants et autres composants aérauliques comme les ventilateurs, les conduits entre autres doivent être accessibles et faciles d’entretien et de nettoyage. En particulier, les réseaux s’encrassent rapidement avec des filtres hors d’usage, une évacuation des condensats obstruée…
    - Ventilation générale : la ventilation mécanique générale, extracteur d’air pour l’aspiration des vapeurs de solvants, doit assurer un renouvellement d'air en permanence afin de limiter les risques pour la santé, en évitant l’accumulation de vapeurs nocives et explosives, par extraction et soufflage : l'air est transporté dans le local par un ventilateur de soufflage et extrait du local par un ventilateur d'évacuation. L’extraction de l'air se fait grâce à un système de collecte par ces ventilateurs et des gaines de diffusion, réseau de conduits jusqu'aux filtres et aux épurateurs dans l'installation d'air soufflé qui permettent de nettoyer l'air, puis de l’évacuer à l'extérieur par rejet dans l'atmosphère.
    - La ventilation générale des ateliers doit être déterminée en fonction des aspirations locales pour ne pas perturber l’efficacité des captages à la source.
    - Une surveillance régulière de l'atmosphère, pour vérifier l'efficacité des mesures d'aspiration par dosages atmosphériques. Ces analyses métrologiques sont confiées à des spécialistes de la sécurité au travail (hygiéniste, ingénieur sécurité). Les rapports d’analyses, d’intervention et de maintenance seront intégrés à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise (Document Unique de Sécurité).

  • Une installation électrique conforme
    L’incendie et/ou l’explosion peuvent provenir des équipements électriques, et en particulier, l’équipotentialité et la bonne mise à la terre de toutes les installations métalliques doivent être contrôlées, les prises défectueuses remplacées, il faut éviter toute accumulation d’électricité statique …. Les étincelles, arcs et échauffements provoqués par les moteurs et appareillages électriques en fonctionnement peuvent aussi déclencher la catastrophe. Le but principal de l’appareillage électrique pour atmosphères dangereuses est de prévenir que le matériel, y compris l’éclairage, soit à l’origine d’un incendie ou d’une explosion.
    Dans le domaine des atmosphères explosives (Atex), des normes européennes fixent le cadre de travail des industriels et des installateurs. Depuis juin 2003, tout nouveau site de type Atex doit être équipé avec du matériel et appareillage électrique certifié, avec des enveloppes antidéflagrantes. Les autres installations doivent, depuis juin 2006, avoir été mises à niveau.
    La protection contre les contacts avec les masses mises accidentellement sous tension est obtenue par un dispositif de coupure automatique en cas de défaut d’isolement et utilisation de disjoncteurs différentiels 30 mA de grande sensibilité.
    Dans les cas d’utilisation intensive d’utilisation de solvants organiques, il est fortement recommandé de placer des explosimètres dans les zones de réception / manutention / stockage / expédition.

  • Un stockage des produits rigoureux
    Le stockage des solvants présente des risques tels que l’incendie, l’explosion, le risque de chute ou de renversement d'emballage avec de fortes émanations … Toutes ces caractéristiques rendent nécessaire, outre les précautions lors de leur emploi, l’aménagement de locaux de stockage. La réduction des risques existants passe par une réflexion sur la structure du local, sur les modalités de rangement et sur les incompatibilités entre les produits. Des procédures de stockage non adaptées peuvent entraîner une fragilisation des emballages à l'origine de fuites ou de ruptures accidentelles, de pollution, de réactions dangereuses ou d'accidents ou induire une modification ou une dégradation du produit qui le rend plus dangereux.


    Le stockage des bidons et autres conteneurs de solvants, doit se faire dans un local ventilé et sur cuvette de rétention, et les récipients doivent toujours être bien refermés.

    L’interdiction de fumer dans les locaux doit être absolument respectée et signalée de manière apparente (de même que toutes les autres consignes de sécurité).
    Il faut stocker les plus faibles quantités de produits possibles car le risque d'incident ou d'accident croît avec la durée et le volume de stockage. Les stockages de volumes importants doivent être traités selon les règles applicables aux stockages industriels, en se référant, s'il y a lieu, à la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement.
    - Le sol doit être en matière ininflammable, imperméable, résistant aux produits chimiques
    - et en légère pente vers un caniveau d’évacuation relié à une fosse de récupération.
    - Les produits chimiques doivent être isolés du sol. Pour cela, il est possible d’utiliser des caillebotis (tout stockage doit être muni d’une cuvette de rétention).
    - Il faut prévoir une réserve de matière absorbante à proximité du local.
    - Le local doit posséder un système d’extinction incendie, et une douche et un lave-œil de sécurité doivent être installés à proximité.
    - Les parois du local doivent être en matériaux ininflammables.

  • La prévention des incendies
    - Système de détection incendie pour la détection précoce du feu et l’activation des alarmes et du système de mise en sécurité incendie actionnant les portes coupe feu pour compartimentage, le désenfumage mécanique, la signalisation des issues, l’extinction automatique et la mise à l’arrêt de certaines installations techniques.
    - Des extincteurs doivent être disponibles en nombre suffisant et vérifiés annuellement.
    - Des exercices réguliers d’évacuation du personnel.
    - Interdiction absolue de fumer.

  • Le respect des règles d’hygiène et de sécurité

    Des lavabos, postes de rinçage oculaire et des douches de sécurité doivent se trouver à proximité des postes de travail. Celles-ci permettent les mesures d'hygiène générale : lavage des mains fréquent avec lave-mains à commande non manuelle (au genou, au coude, électronique), douche en fin de poste... En effet, le respect des règles d’hygiène s’étend aux comportements individuels : ne pas avoir les mains sales afin de ne pas ingérer par inadvertance un produit toxique et ne pas manger sur le lieu de travail.
    Le contact répété des solvants avec la peau entraînant un dessèchement cutané prédisposant aux dermatoses : aussi, il convient, pour l’hygiène des mains, de se laver les mains et les avant-bras après le travail et avant de manger en utilisant un savon adapté et/ou une fontaine de dégraissage et sans jamais utiliser de solvant organique comme détachant.
    Le personnel doit avoir à sa disposition des vestiaires et des sanitaires correctement équipés et en nombre suffisant. Des vestiaires doubles doivent être mis à la disposition des travailleurs : l’entreposage des tenues de travail doit avoir lieu à l’abri de la poussière et des souillures (le rangement des tenues de ville et des tenues de travail doit être séparé).
    Les consignes en cas d'accident (n° d'appel d'urgence, conduite à tenir, identification des services de secours) doivent être visiblement affichées. Une trousse contenant le matériel de premiers secours non périmé doit être mise à la disposition du personnel, toute blessure cutanée doit immédiatement être désinfectée et pansée.

  • Le port d’équipements de protection individuel adéquat

    En cas d’urgence ou pour des travaux exceptionnels de courte durée dans des atmosphères polluées par des vapeurs de solvant organique, il est nécessaire de porter un appareil de protection respiratoire : masque à cartouche avec un filtre adapté au produit et au type d’usage (application ou pulvérisation), filtre de type P3 pour les travaux en milieu confiné et les fortes concentrations. Les appareils respiratoires autonomes peuvent être utilisés par des personnes formées à cet usage pour porter secours en cas d’émissions massives toxiques et d’incident respiratoire aigu.

    S’il y a possibilité de contact avec la main lors des manipulations ou transvasements par exemple, il s’avère indispensable de porter des gants de protection adaptés à la tâche effectuée et au produit manipulé. Il n'existe pas de gant de protection universel. Le type de gants conseillé, imperméables, à longues manchettes, pour éviter la pénétration des produits à l’intérieur, doit être adapté aux différents solvants utilisés (précisé dans la fiche de données de sécurité FDS) : gants en nitrile, butyle … Le port des gants est obligatoire lorsque l’étiquetage du produit à manipuler comporte les phrases de risque R27 (très toxique par contact avec la peau), R24 (toxique par contact avec la peau), R21 (nocif par contact avec la peau), R34 (provoque des brûlures) et R35 (provoque de graves brûlures).

  • Une surveillance médicale renforcée

    Pour les travailleurs exposés aux produits chimiques dangereux, il faut effectuer une traçabilité au travers de la rédaction d’une fiche d'exposition et d’une surveillance médicale régulière, à visée de dépistage, réalisées par le médecin du travail. A sa sortie de l’entreprise, le travailleur exposé doit recevoir une attestation d’exposition qui lui permettra de continuer à se faire suivre médicalement.
    La biométrologie est particulièrement utilisée pour la surveillance biologique d’exposition aux solvants et permet de mesurer le risque réel du risque sanitaire du travailleur en analysant les effets de la dose effectivement reçue (indicateurs biologiques d’exposition, IBE) et contribue à bien assurer la traçabilité des expositions professionnelles en pouvant connaître la quantité de substances toxiques cumulée ayant pénétré dans l’organisme lors d’expositions anciennes (notion de valeur limite biologique, VLB).
    La biométrologie analyse les substances ou leurs métabolites dans les tissus, les sécrétions, le sang ou les urines, l’air expiré des travailleurs. La métrologie de l’exposition cutanée peut s’effectuer au moyen de prélèvements réalisés par patchs.
    Cette méthode n’est utile que pour mesurer les niveaux moyens d’exposition, et non les valeurs maximales.
    Les modalités générales de la surveillance des travailleurs exposés à des agents chimiques dangereux sont les suivantes :
    - Suivi médical et toxicologique régulier, au moins annuel (exemples : tests respiratoires, hématologiques, allergiques …).
    - En cas d'anomalie, tout le personnel concerné doit bénéficier d'un examen médical.
    - Fiche d'aptitude avec mention de l'absence de contre-indications médicales à l'exposition au risque après étude du poste de travail.
    - Le dossier médical doit stipuler la nature du travail effectué, la durée des périodes d'exposition et les résultats des examens médicaux. Ces informations sont indiquées dans l'attestation d'exposition et le dossier médical doit être conservé après la cessation de l'exposition.

    Comme il y a un long délai entre l'exposition et le diagnostic d’un cancer (en général au moins 10 ans et jusqu'à 50 ans), cela permet en particulier la reconnaissance d'un cancer professionnel, qui ouvre droit à une réparation intégrale du préjudice subi pendant l’arrêt de travail (indemnisation et gratuité des soins) et au-delà s’il y a des séquelles (capital ou rente d’incapacité).
    Le suivi post professionnel (article D. 461-25 du code de la Sécurité sociale) permet, quand le salarié n'est plus exposé ou part à la retraite, d'assurer une réparation du dommage subi pour les cancers professionnels qui se déclareraient après.
    Les modalités générales de la surveillance des travailleurs exposés à des agents chimiques cancérogènes, sont précisées dans le Code du travail (décret n°2001-97 du 1er février 2001, décret n°2003-1254 du 23 décembre 2003 et n° 2004-725 du 22 juillet 2004) et (Article R. 4412-40 du Code du Travail) : fiche d’exposition aux produits CMR (Cancérogènes, Mutagènes et Reprotoxiques) et liste des salariés exposés aux produits chimiques dangereux.

  • Une gestion des rejets et des déchets réglementaire

    Les déchets dangereux (en particulier les solvants usés, les solutions de nettoyage usées, les boues issues du traitement des eaux usées) doivent être clairement étiquetés et stockés séparément des autres déchets, dans des zones spéciales et fermées. Les déchets et résidus liquides (diluants usés...) ou solides (chiffons sales …) doivent être entreposés dans des récipients munis de couvercles étanches maintenus fermés.
    Les rejets atmosphériques de vapeurs de solvants sont fortement limités et réglementés dans le cadre de la directive européenne concernant les composés organiques volatils (directive COV 1999/13/CE).
    Les déchets souillés de solvants organiques ne doivent pas être rejetés dans le milieu naturel. Ils doivent :
    - Soit être recyclés par distillation, que ce soit au sein de l'entreprise ou à l'extérieur par un prestataire, en vue de leur réutilisation dans le même procédé.
    - Soit être détruits par incinération dans des centres de traitement spécialisés avec récupération d'énergie. Les boues de solvants, dans l’attente de leur traitement, doivent être récupérées dans un récipient étanche, étiquetées et entreposées dans un local ventilé et enlevées régulièrement vers des installations habilitées à les traiter par des sociétés spécialisées. Les Bordereaux de Suivi des Déchets Industriels (B.S.D.I.) attestent de la collecte des déchets par des entreprises autorisées, et de leur élimination conforme.

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Février 2014