La prévention des risques professionnels des bactéricides

Les bactéricides et virucides diminuent le développement bactérien et viral dans les milieux contaminés, inertes (désinfection) ou vivants (antisepsie), en détruisant les bactéries et les virus. Ils utilisent souvent des produits chimiques très agressifs ...

La prévention des risques professionnels des bactéricides

Les bactéricides et virucides diminuent le développement bactérien et viral dans les milieux contaminés, inertes (désinfection) ou vivants (antisepsie), en détruisant les bactéries et les virus.
Les produits désinfectants éliminent les micro-organismes des surfaces inertes (sols, murs, plans de travail, mobilier, dispositifs médicaux...) et sont très largement utilisée dans les industries agro-alimentaires et pharmaceutiques, les cuisines collectives, en milieu hospitalier, dans l’hôtellerie/restauration, dans le traitement de l’eau ...
Les produits antiseptiques sont destinés aux tissus vivants (peau, muqueuses, plaies...) et ont un statut de médicament et sont indispensables dans l’hygiène des mains du personnel soignant, la désinfection préopératoire, le traitement d’une peau ou d’une muqueuse lésées ...
Les bactéricides et virucides utilisent souvent des produits chimiques très agressifs susceptibles de provoquer des intoxications par inhalation et des brûlures cutanées ou oculaires, ou des sensibilisations allergiques (eczéma, asthme...).
Certains de ces bactéricides et virucides sont très volatils et dégagent des vapeurs à température ambiante responsables de symptômes respiratoires et de troubles neurologiques.
Enfin, certains bactéricides et virucides peuvent avoir des effets cancérigènes.
De très nombreux travailleurs sont exposés aux dangers des bactéricides, notamment le personnel d’entretien des surfaces, le personnel des soins infirmiers et vétérinaires, le personnel du traitement des eaux, les laborantins.
Les pathologies irritatives et/ou allergiques des bactéricides atteignant la peau et les muqueuses oculaires et respiratoires, nécessitent d’adopter des mesures de prévention collective et de protection individuelle, car celles-ci peuvent avoir des conséquences graves, obligeant parfois à un reclassement professionnel en cas de sensibilisation.

Généralités sur les produits bactéricides

Les bactéries et virus sont omniprésents dans l’environnement et prolifèrent rapidement surtout dans les milieux humides et tièdes en contaminant l’eau, l’air, les sols et murs des locaux, les équipements et plans de travail, les installations sanitaires, les conteneurs à déchets, les denrées alimentaires, la peau et les muqueuses oculaires, rhino-pharyngées et pulmonaires des hommes et des animaux, les textiles, cuirs, papiers ... Les traitements chimiques par les bactéricides et virucides sont un des moyens les plus utilisés pour maitriser cette prolifération qui peut avoir des conséquences graves sur la santé humaine et animale, la qualité des eaux et la durée de conservation des produits.
Les substances actives des bactéricides et virucides sont des molécules chimiques exerçant une action générale ou spécifique sur les agents infectieux, avec un spectre large ou étroit.
Les produits bactéricides et virucides sont des préparations contenant une ou plusieurs substances actives : leur application est destinée à abaisser la densité microbienne ou virale présente au moment de leur utilisation en dessous d’un seuil de risque, en tuant ou inactivant les micro-organismes.
La désinfection par un bactéricide ou un virucide se différencie de la stérilisation par un niveau d’exigence biologique inférieur : les agents à visée désinfectante ou antiseptique ne sont pas stérilisants, ils réduisent fortement mais temporairement le nombre de micro-organismes sans les éliminer totalement.
L’activité bactéricide des produits de base, celle des produits utilisés dans l’industrie et en collectivité ou pour l’hygiène des mains ou dans le domaine vétérinaire, est définie par des normes européennes (NF EN 1040, NF EN 1276, NF EN 1500, NF EN 1656). La norme mesure l'efficacité d'un bactéricide selon certaines conditions : souches de bactéries considérées (spectre d'activité), temps de contact déterminant (5 minutes, 15 minutes, ....), température donnée, concentration du produit, conditions de saleté/propreté.
Un bactéricide peut aussi être un fongicide permettant de lutter contre les champignons microscopiques, les levures (levuricide) parasites ou saprophytes (provoquant notamment des mycoses) et les moisissures.
Le mécanisme d’action des bactéricides et virucides est généralement lié à une action sur les protéines de structure et les acides nucléiques des agents microbiens, à des inhibitions enzymatiques.
On distingue les produits bactéricides utilisés pour la désinfection des surfaces inertes (équipements, matériels, locaux ...), des dispositifs médicaux, des matériaux d'emballage, des produits alimentaires ou cosmétiques ... de ceux utilisés comme antiseptiques sur des tissus vivants dans la limite de leur tolérance cutanéo-muqueuse, certaines molécules étant utilisées aux deux finalités.
Les antiseptiques sont à usage externe : ils peuvent être, selon les produits et leur concentration, employés sur une peau saine de manière préventive (hygiène pour le lavage des mains, désinfection préopératoire), ou de manière curative sur une peau ou des muqueuses lésées (plaies, bain de bouche, irrigation vaginale, collyre, collutoire ...). Les antiseptiques sont à distinguer des antibiotiques qui exercent une activité biocide à l'intérieur du corps et des bactériostatiques qui modère ou arrête la croissance bactérienne sans tuer les bactéries (à noter toutefois que de hautes concentrations de nombreux agents bactériostatiques sont également bactéricides, alors que les basses concentrations d'agents bactéricides ne sont que bactériostatiques).

Les différents produits bactéricides et leurs dangers

Les produits bactéricides, désinfectants et antiseptiques, peuvent provoquer des lésions à type d’irritation et/ou de sensibilisation allergique. Le travailleur se sensibilise progressivement aux produits de façon spécifique du fait de la multiplicité des contacts cutanés non protégés, ou d’inhalations nocives.

Les affections cutanées sont les plus fréquentes, suivies des atteintes des muqueuses oculaires et bronchiques. Les dermatites de contact, allergique (eczéma, urticaire) ou d’irritation, représentent la plus grande partie des risques professionnels de ces produits, mais les désinfectants sont aussi des produits irritants des muqueuses oculaires, oro-rhino-laryngées et bronchiques et potentiellement sensibilisants. Ce sont des causes reconnues de conjonctivite, rhinite, et d’asthme professionnel pour le personnel soignant (décontamination du matériel médical, désinfection des plaies ...) ou d’entretien des sols et des surfaces, et susceptibles d’être à l’origine d’un syndrome d’irritation bronchique, si inhalés à forte concentration. L’utilisation sous forme de spray augmente le risque de sensibilisation et d’irritation des muqueuses (gêne oro-pharyngée, difficultés respiratoires...).

La déclaration en maladie professionnelle correspond au n° 65 (Lésions eczématiformes de mécanisme allergique) et au n° 66 (Rhinite et asthmes professionnels) du tableau des maladies professionnelles.

Les produits bactéricides sont répartis en plusieurs groupes de molécules, et leur usage dépend des types de surface à désinfecter, de la nature des agents microbiens à éliminer, de leur rapidité d'action souhaitée : par exemple, certaines surfaces ne supportent par les désinfectants oxydants (eau oxygénée, composés halogénés comme les dérivés d'iode ou les agents chlorés), certains microbes ou virus ne sont pas inactivés par certains bactéricides ou virucides, des agents pathogènes sont plus difficiles à éliminer que d'autres au cours du processus de désinfection, la tolérance locale du produit antiseptique dépend du patient, ....

  • Les aldéhydes

    - les aldéhydes utilisés pour leur activité antimicrobienne et virucide puissante, sont des molécules irritantes et sensibilisantes, générant des affections cutanées aiguës et chroniques. De plus, ces aldéhydes sont des composés organiques volatils qui dégagent des vapeurs à température ambiante responsables de symptômes respiratoires (asthme...).

    - L’usage et la toxicité du formaldéhyde
    En tant que bactéricide à spectre d’action très large, de nombreuses formulations de produits désinfectants, de cosmétiques, de liquides d'embaumement (thanatopraxie) et de solutions de conservation de tissus biologiques contiennent du formaldéhyde, dont l'utilisation est désormais limitée ou parfois interdite compte tenu de sa toxicité. Les laboratoires d’anatomie et cytologie pathologique, d’analyses de biologie médicale, les services de désinfection des surfaces de nombreux locaux hospitaliers (blocs opératoires, salles de soins intensifs) utilisent des préparations contenant du formaldéhyde. Il est aussi utilisé comme pédiluve de désinfection dans le domaine vétérinaire. Les industries du papier, du textile, du cuir et de la fourrure emploient le formaldéhyde comme conservateur. Le paraformaldéhyde (formaldéhyde polymérisé) chauffé libère du formaldéhyde gazeux bactéricide, ce qui est utilisé pour la désinfection des locaux et des instruments.
    Le formaldéhyde (ou aldéhyde formique), gazeux à température ambiante, est très soluble dans l’eau et il est plus communément appelé « formol » sous forme aqueuse ; il a des effets toxiques qui s’exercent par voie aérienne et localement par exposition directe : irritations cutanées et eczémas, sévères irritations des muqueuses oculaires et des voies respiratoires, et asthme, cancer du naso-pharynx reconnu comme maladie professionnelle. Il peut également avoir des conséquences neurologiques qui se traduisent par une fatigue accrue, des angoisses, des migraines, des nausées ou des vertiges. Le formaldéhyde est classé par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) comme cancérogène certain chez l’homme. La manipulation de poudre de paraformaldéhyde sans précaution est particulièrement dangereuse.

    - L’usage et la toxicité du glutaraldéhyde
    Le glutaraldéhyde est utilisé en milieu hospitalier par exemple pour la décontamination des endoscopes. Il peut également être utilisé dans le traitement de certaines maladies de la peau, comme agent de conservation de certains produits chimiques comme les adoucisseurs et les cosmétiques. Lors de la préparation des solutions, du remplissage des bacs de lavage, des changements des bidons, l’inhalation de glutaraldéhyde, très volatil, peut causer une irritation sévère des yeux, du nez de la gorge et des poumons, ainsi que des maux de tête et des troubles de la perception.

    - L’usage et la toxicité de l’ortho-phtalaldéhyde
    L'ortho-phtalaldéhyde en solution aqueuse a une activité antimicrobienne à large spectre : il est utilisé dans le secteur de la santé comme désinfectant à haute efficacité en trempage des instruments chirurgicaux. Comme il a une pression de vapeur plus basse que le glutaraldéhyde, il émet moins d'émanations nocives : il est donc moins risqué dans son utilisation et représente une nouvelle alternative intéressante. Il irrite néanmoins l'appareil respiratoire et les yeux et peut provoquer des tâches grises sur la peau.

  • Les ammoniums quaternaires
    Les propriétés des ammoniums quaternaires (chlorures d'alkyldiméthylbenzylammonium ou chlorure de benzalkonium, de dioctyldiméthylammonium ...) sont à la fois détergentes, antimicrobiennes et antifongiques et les ammoniums quaternaires sont utilisés comme conservateurs dans les produits cosmétiques, dans les textiles, dans le domaine médical notamment lorsque les surfaces ne supportent par les désinfectants oxydants, dans l’industrie pharmaceutique. Ce sont des agents de nettoyage et de désinfection très employés en particulier dans industrie agroalimentaire et en milieu hospitalier.
    Leur activité bactéricide est liée à leur capacité de dégrader les acides gras insaturés par contact, mais leur activité antivirale est réduite.
    Les ammoniums quaternaires sont des tensio-actifs cationiques qui détruisent le film lipidique protecteur cutané et sont donc tous des irritants pour la peau avec un pouvoir nocif variable selon les compositions chimiques et leur concentration. Leur toxicité est essentiellement cutanée et oculaire. Ils sont responsables de dermatite de contact (avec possibilité de brûlures cutanées à forte exposition) et d'allergie. Leur utilisation associée à des dérivés chlorés est dangereuse.

  • Les dérivés chlorés
    Ce sont des désinfectants massivement utilisés, très efficaces et peu couteux.

    - L’usage et la toxicité de l’hypochlorite de sodium
    L’hypochlorite de sodium, plus communément appelé «eau de Javel » en solution aqueuse, est un puissant oxydant et c’est un désinfectant ménager bactéricide et virucide efficace pour les toilettes, les poubelles, les sols ....
    L'hypochlorite de sodium est également le principe actif de la liqueur de Dakin, antiseptique de la peau saine, lésée et des muqueuses.
    L’hypochlorite de sodium est impropre à la désinfection du matériel médico-chirurgical.
    La toxicité des solutions d’hypochlorite de sodium est due à leur nature alcaline, à leur caractère oxydant et à leur instabilité : elles sont caustiques pour la peau et les muqueuses et provoquent des dermites irritatives, leur projection dans les yeux est très corrosive et elles libèrent du di-chlore gazeux pouvant être inhalé et donc toxique pour les alvéoles pulmonaires.

    - L’usage et la toxicité du dioxyde de chlore
    Le dioxyde de chlore est un agent oxydant bactéricide et antiseptique utilisé pour la désinfection de l’eau potable, des eaux usées et des piscines ou il est beaucoup plus efficace que le chlore pour la désinfection de l'eau contenant des virus. Le dioxyde de chlore est aussi utilisé comme agent désinfectant des denrées alimentaires. Le dioxyde de chlore doit être produit sur le lieu de l'application avec des générateurs automatisés à partir du chlorite de sodium ou du chlorate de sodium, ou généré électro-chimiquement. Les risques sont liés à des émissions accidentelles dans l'atmosphère du lieu de travail, très caustiques pour la muqueuse des voies aériennes : irritation des yeux, du nez, de la gorge responsable de la survenue d’épistaxis, d’un enrouement de la voix et d’une irritation pharyngée, troubles respiratoires pouvant aller jusqu’au bronchospasme et à l’œdème pulmonaire lésionnel à forte concentration et inhalation prolongée.

  • Les dérivés iodés
    Les dérivés iodés, dont le représentant majeur polyvidone iodée ou povidone iodée ou polyvinylpyrrolidone iodée (PVP iodée), occupent une place importante dans l’antisepsie : leur action très efficace est due au pouvoir oxydant de l'iode qui agit directement sur les protéines cytoplasmiques et les acides aminés et pénètre la paroi des micro-organismes très rapidement. Leur spectre d'activité est large et selon leur concentration : les antiseptiques dérivés d'iode sont bactéricides (Gram+, Gram-), virucides, fongicides, levuricides et sporicides.
    Sous forme de savon ou de solution alcoolique, la PVP iodée est utilisée pour les douches préopératoires, pour le lavage des mains, la détersion et désinfection de la peau saine, avant un geste invasif, une intervention chirurgicale.
    Sous forme de solution aqueuse ou de gel, la PVP iodée est utilisée pour la désinfection de la peau lésée (plaies, écorchures, et même brûlures de faible surface et du premier degré) et des muqueuses (traitement d'appoint des infections vaginales ...).
    La PVP iodée est à l’origine chez les soignants de dermites de contact et de phénomènes d’allergie (urticaire) et les contacts cutanés répétés, prolongés et non protégés peuvent éventuellement conduire à l’apparition de symptômes d’iodisme par dysfonctionnement thyroïdien chez les personnes qui y sont sensibles (coryza, larmoiement, hypersudation, hypersalivation, tachycardie, ...) et sont à éviter chez la femme enceinte ou allaitante.

  • Les alcools

    L’alcool éthylique (éthanol) est l'un des antiseptiques cutanés communs efficace contre la plupart des bactéries, mais il est très peu virucide. Il peut être utilisé seul (par exemple avant une injection parentérale) ou est souvent associé à un autre alcool, notamment l’alcool isopropylique (isopropanol) ou à un autre antiseptique comme désinfectant corporel (sur peau saine, jamais sur les muqueuses) et de surface notamment en milieu médical. Il a aussi un pouvoir dégraissant en dissolvant les lipides.
    Les solutions hydro-alcooliques sous forme de gel sont intensivement utilisées en frictions pour la désinfection des mains des soignants en milieu hospitalier pour lutter contre les infections nosocomiales manuportées.
    D’autres alcools à propriétés bactéricides (chlorobutanol, alcool benzylique) sont utilisés pour la conservation des produits pharmaceutiques (collutoire, solution nasale et buccale).
    Les alcools sont des substances très volatiles dont les vapeurs sont rapidement absorbées par inhalation, avec le risque de sensibilisation et d’irritation des muqueuses (gêne oro-pharyngée, difficultés respiratoires, irritation oculaire...).
    Le mode d'application (lingette ou chiffon imbibé, pulvérisation sous forme de spray, pansements chauds à l’alcool ...) et le milieu d’utilisation (confiné, en particulier travaux en sous-sol ...) conditionnent grandement les niveaux d'exposition respiratoire, du fait de la formation d’aérosols et de vapeurs alcooliques qui atteignent une concentration toxique dans un volume d’air restreint. En milieu confiné et de forte exposition aux vapeurs alcooliques, il y a un risque de symptômes ébrieux et de somnolence.
    L’absorption par voie cutanée de l’éthanol est très faible, même lors des frictions des mains de manière répétée et intensive avec des gels hydro-alcooliques : le seul risque cutané provient de l’altération du film hydrolipidique de la peau qui entraîne un dessèchement puis une irritation des mains, avec possibilité d’érythèmes légers surtout avec l’isopropanol qui est plus irritant que l’éthanol.
    Les alcools sont extrêmement inflammables, et en présence d’une flamme nue, d’une étincelle ou d’une source de chaleur importante, s’enflamment instantanément et durablement : le risque d’incendie existe en cas de fuite ou déversement dans de mauvaises conditions de stockage, d’étincelles ou d’arcs électriques venant de machines ou d’installations électriques défectueuse, ...

  • Les peroxydes
    Le pouvoir désinfectant des peroxydes est provoqué par dégagement d'oxygène qui attaque en particulier la membrane cellulaire et ils oxydent très fortement et rapidement la matière organique.

    - L’usage et la toxicité du peroxyde d’hydrogène et de l’eau oxygénée
    Pour la désinfection par trempage, du matériel médico-chirurgical et d'exploration fonctionnelle (endoscope, fibroscope...) et du matériel de chirurgie dentaire, il existe des produits à base de peroxyde d’oxygène stabilisé avec des ions phosphates, tartrates et salicylates et d’action simultanée avec un ammonium quaternaire (chlorure de benzalkonium) ou catalysé avec des ions d’argent pour la désinfection des cuisines, chambres froides, installations frigorifiques, des eaux pour l’élevage ou le maraichage, des citernes des transport de denrées alimentaires ...
    L'exposition professionnelle au peroxyde d'hydrogène peut avoir lieu par inhalation de poussières ou de vapeurs, ou par contact avec la peau ou les yeux. Le peroxyde d'hydrogène peut irriter les yeux, la peau et les membranes muqueuses respiratoires.
    L'eau oxygénée est une solution aqueuse de peroxyde d’hydrogène : l’eau oxygénée est utilisée pour le nettoyage des plaies, avec un pouvoir désinfectant et hémostatique. Elle est efficace contre les bactéries anaérobies, notamment pour les plaies souillées de terre, mais son action est faible contre les virus et nulle contre les bactéries aérobies.
    Le contact avec la peau ou les muqueuses peut entraîner des irritations ou des brûlures, en particulier sur la muqueuse oculaire.
    Lorsque le peroxyde d'hydrogène arrive en contact avec de substances inflammables, des ignitions spontanées peuvent avoir lieu et des explosions peuvent survenir au contact de composés organiques (alcools ...).

    - L’usage et la toxicité de l’acide peracétique
    L'acide peracétique, obtenu par mélange d'acide acétique avec du peroxyde d'hydrogène, est un désinfectant et un antiseptique puissant couramment utilisé dans les solutions désinfectantes bactéricides et fongicides (services médicaux, industries agroalimentaires et cosmétiques) avec un spectre large : bactéries, levures, virus, spores.
    Comme antiseptique, il est appliqué en compresses sur des blessures sévèrement infectées.
    Comme désinfectant, il est utilisé dans l'industrie alimentaire, où il est principalement employé en tant qu'agent nettoyant (par exemple avant mise en bouteille des boissons), pour la désinfection des instruments médicaux et pour la désinfection de l'eau des tours de refroidissement ou il empêche la formation des bio-films et permet le contrôle de la bactérie Legionella.
    L'acide peracétique est moins toxique et moins dangereux à la fois pour l’environnement et la sécurité et la santé au travail que d'autres désinfectants comme le glutaraldéhyde auquel il se substitue souvent malgré sa moindre stabilité et son surcout.
    L’acide peracétique est toutefois un irritant oculaire, cutané, respiratoire à un degré dépendant de la durée et à l'intensité de l'exposition, et il peut se révéler très corrosif pour la peau et les yeux pour les fortes concentrations et provoquer une pneumopathie par inhalation intense et prolongée.

    - L’usage et la toxicité de l’ozone
    Pour le traitement de l’eau (purification de l'eau potable, désinfection de l’eau en sortie de stations d’épuration, de l’eau des piscines ...), dans l'industrie agro-alimentaire pour la désinfection des chambres froides ou pour assurer la sécurité microbiologique des aliments, on peut l'utiliser l’ozone généré par un réacteur comme un agent oxydant puissant, moins nocif pour l'environnement que les dérivés chlorés.
    L'ozone est toutefois un gaz très nocif pour les poumons, les yeux et le cerveau : une forte concentration dans l’air ambiant, provoqué par une fuite dans des locaux mal ventilés, peut provoquer des troubles pulmonaires (toux, hypersécrétion bronchique, dyspnée, œdème aigu du poumon pour les très fortes expositions), des troubles de la vision et des troubles neurologiques (céphalées, vertiges).

  • Autres antiseptiques
    Plusieurs autres antiseptiques (chlorhexidine, héxétidine, hexamidine ...) entrent dans la composition de nombreuses solutions commerciales de désinfection cutanée et buccale, désinfection des lentilles cornéennes, utilisés pour l’antisepsie des petites plaies cutanées ou bucco-gingivales et pour les infections unguéales : très souvent pratiqués en auto-médicamentation, leurs faibles risques d’irritation cutanée et de sensibilisation concernent peu le personnel de santé.

Les mesures de prévention des risques professionnels des bactéricides

L’évaluation du risque d’exposition pour les personnes manipulant les produits bactéricides doit tenir compte de plusieurs facteurs, déterminant la gravité du risque :
- la voie d’exposition par contact direct ou par voie aéroportée,
- la forme de présentation du produit : produit concentré ou dilué, forme liquide ou poudre ;
- les caractéristiques physico-chimiques du produit : par exemple la présence de composés organiques volatils, l’acidité ou l’alcalinité...
- les conditions d’utilisation du produit : bains de trempage et solutions, vapeurs, pulvérisation (spray), projections, chiffon imprégné...
  • La prévention technique collective

    - La connaissance des produits
    L'ensemble des produits doivent être en conformité avec plusieurs réglementations fondamentales qui sont matérialisés sur l'emballage et/ou sur les documents qui accompagnent ces produits, délivrées obligatoirement et gratuitement par le fournisseur.
    C’est pourquoi, les produits bactéricides doivent posséder leur Fiche de Données de Sécurité (FDS). Ce document renseigne sur la composition, les propriétés, les caractéristiques physico-chimiques et surtout le mode d'utilisation, comme la concentration des mélanges. On y trouve également des données concernant les premiers soins, la toxicité et les précautions de manipulation. L'ensemble de ces connaissances facilite la rédaction de la méthode de désinfection ou d’antisepsie pour optimiser l’efficacité du produit tout en n’en minimisant les risques d’emploi. Ce document est remis au chef d'établissement qui le transmet au médecin du travail et doit être porté à la connaissance des responsables utilisateurs.
    Les fiches de données de sécurité qui comportent plusieurs rubriques parmi lesquelles figurent les indications suivantes :
    - identification du produit,
    - propriétés physico-chimiques et toxicologiques,
    - précautions de stockage, d'emploi et de manipulation et celles qui doivent être prises en cas d'élimination ou de destruction,
    - mesures à prendre en cas d'incendie, de dispersion accidentelle,
    - informations sur le transport ...

    Chaque classe de danger sur l’étiquette de l’emballage est représentée par un symbole imprimé en noir sur fond jaune.
    Ce symbole est accompagné de plusieurs mentions :
    - le ou les nom(s) de la ou des substance(s) qui apporte(nt) le danger,
    - un certain nombre de phrases R (phrases de risque) qui renseignent sur la nature exacte du danger :
    Exemple :
    R36 "irritant pour le yeux"
    - un certain nombre de phrases S (conseils de prudence) destinées à assurer l'utilisation du produit dans de bonnes conditions :
    Exemple :
    S37 "porter des gants appropriés",
    - le nom, l'adresse et le numéro de téléphone du fabricant.
    Bien entendu, ce type de prévention ne se concrétise que par la formation et l’information du personnel, sur la nature des produits manipulés et de leurs effets néfastes potentiels, et sur la compréhension des étiquettes des emballages.

    - Le choix des produits et de procédés
    Les substitutions de désinfectants par d’autres beaucoup moins irritant et/ou moins allergisant apparaissent comme des solutions prioritaires. Par exemple, le remplacement du glutaraldéhyde, un désinfectant pour endoscopes et autres instruments médicaux, apparaît nécessaire lorsque des symptômes d’irritation respiratoire, cutanée et oculaire de certains employés des services d’endoscopie et des salles d’opération se manifestent : l’ortho-phthalaldéhyde, l’acide peracétique tamponné, les agents chlorés sont d’autres désinfectants de haut niveau, qui sont moins toxiques pour le personnel soignant et les patients.
    De même, le formaldéhyde (formol), un désinfectant bactéricide et fongicide utilisé dans des opérations de nettoyage, est une substance très volatile, très toxique et classé cancérogène avéré, et peut être substitué par l’acide peracétique pour la désinfection de matériel médical, dans les laiteries et les brasseries, pour les désinfections d’emballages de jus de fruits.
    Par ailleurs, les produits en capsules ou en granulés diminuent les expositions par voie respiratoire par rapport aux produits en poudre ; les formulations en sachets dégradables limitent l’exposition du personnel au contact cutané.
    Il faut éviter les procédés de brumisation et préférer l’essuyage humide pour la désinfection des surfaces.
    L’utilisation de laveurs automatiques est aussi un moyen très efficace de réduire l’exposition au glutaraldéhyde.

    - La manipulation des produits
    Des mesures de prévention sont indispensables pour la manipulation des produits désinfectants, particulièrement lors de la dilution des produits concentrés.
    Il convient de respecter les dosages et les modes opératoires. Lors de la dilution d'un produit, il faut d'abord verser l'eau dans le contenant, ensuite le produit, pour éviter les projections.
    L’automatisation des mélanges suppriment les contacts avec les produits purs.
    En cas de transvasement de produits, il faut veiller à multiplier les étiquettes sur chaque emballage. Les bouteilles et emballages alimentaires ne doivent pas servir au conditionnement des produits.
    Des produits de natures différentes ne doivent jamais être mélangés entre eux (risque de dégagement de vapeurs dangereuses, par exemple de chlore gaz très toxique, risque d’incendie par auto-inflammation).
    Ne pas laisser ouverts les récipients et traîner les chiffons souillés ou les emballages vides au poste de travail.

    - Le stockage des produits bactéricides
    Le stockage des produits doit être effectué par catégorie dans les locaux prévus à cet effet, correctement ventilé et fermant à clé. Il sera limité aux quantités requises pour une période déterminée. Aucun matériel ou produit ne devra être abandonné en dehors des emplacements autorisés ou laissé sans rangement après chaque intervention.
    Des procédures de stockage non adaptées peuvent entraîner une fragilisation des emballages à l'origine de fuites ou de ruptures accidentelles, de pollutions.
    Il convient également de limiter au maximum les quantités stockées car le risque d'incident ou d'accident croît avec la durée et le volume de stockage et n’entreposer dans les ateliers que les quantités de produits ne dépassant pas celles nécessaires au travail d'une journée.
    Le stockage de certains bactéricides présente des risques tels que l’incendie, l’explosion, le risque de chute ou de renversement d'emballage avec de fortes émanations ... Toutes ces caractéristiques rendent nécessaire, outre les précautions lors de leur emploi, l’aménagement de locaux de stockage. La réduction des risques existants passe par une réflexion sur la structure du local, sur les modalités de rangement et sur les incompatibilités entre les produits. Des procédures de stockage non adaptées peuvent entraîner une fragilisation des emballages à l'origine de fuites ou de ruptures accidentelles, de pollution, de réactions dangereuses ou d'accidents ou induire une modification ou une dégradation du produit qui le rend plus dangereux.
    Le stockage des bidons et autres conteneurs, doit se faire dans un local ventilé et sur cuvette de rétention, et les récipients doivent toujours être bien refermés.
    L’interdiction de fumer dans les locaux doit être absolument respectée et signalée de manière apparente (de même que toutes les autres consignes de sécurité).
    Les stockages de volumes importants doivent être traités selon les règles applicables aux stockages industriels, en se référant, s'il y a lieu, à la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement.
      • Le sol doit être en matière ininflammable, imperméable, résistant aux produits chimiques.
      • et en légère pente vers un caniveau d’évacuation relié à une fosse de récupération.
      • Les produits chimiques doivent être isolés du sol. Pour cela, il est possible d’utiliser des caillebotis (tout stockage doit être muni d’une cuvette de rétention).
      • Il faut prévoir une réserve de matière absorbante à proximité du local.
      • Le local doit posséder un système d’extinction incendie, et une douche et un lave-œil de sécurité doivent être installés à proximité.
      • Les parois du local doivent être en matériaux ininflammables.
- la ventilation des locaux
La ventilation du local de travail, et le captage des désinfectants à la source et rejet à l’extérieur du local doit assurer un renouvellement d'air en permanence afin de limiter les risques pour la santé. La ventilation et l’aération des lieux de travail jouent un rôle essentiel pour limiter la concentration de l'ensemble des vapeurs dans l'air ambiant et les évacuer des lieux de travail, de façon à respecter les valeurs limites d’exposition et éviter ainsi les conséquences sur la santé des travailleurs.

Ainsi, les bains de glutaraldéhyde ou d’acide peracétique ouverts ou transvasés manuellement doivent être effectués dans une pièce adaptée, avec capture des vapeurs au lieu d’émission et extraction de l’air pollué, ou à défaut un renouvellement d’air suffisant dans la pièce par une ventilation mécanique.

Les installations utilisées pour l’évacuation des vapeurs doivent faire l’objet d’une analyse de risques.
Les analyses de risques sont confiées à des spécialistes de la sécurité au travail (hygiéniste, ingénieur sécurité). Les rapports d’analyses de risques, d’intervention et de maintenance seront intégrés à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise (DUS).
Les mesures et analyses peuvent être faites par l’employeur ou par un laboratoire agréé et le respect des valeurs limites doit être vérifié au moins annuellement.
Si la valeur limite d’exposition est dépassée, cela permet d’imposer un arrêt temporaire d'activité pour remédier à la situation.
Valeurs limites d’exposition aux postes de travail utilisant des désinfectants :
Valeurs VME : Formaldéhyde : 0,3 ppm ; Glutaraldéhyde: 0,05 ppm ; Ethanol: 500 ppm
Il existe deux techniques de ventilation : la ventilation locale par aspiration à la source et la ventilation générale ou la ventilation par dilution.
      • Ventilation locale : on opère par le moyen de hottes et autres systèmes locaux de déplacement de l’air.
        Des systèmes d’extraction de l’air comme des hottes et des tables aspirantes sont utilisées pour aspirer les contaminants près de la source d’émanation et filtrer l’air, ce qui prévient la contamination de l’air ambiant ; en particulier, c’est le cas des manipulations manuelles inévitables qui doivent être effectuées à un poste de travail muni d’un dispositif d’aspiration des vapeurs à leur source d’émission.
        Par exemple, les sorbonnes de laboratoire permettent la protection contre le risque chimique, pour les produits volatils toxiques par inhalation ou pour toute réaction susceptible de dégager des gaz dangereux.
        Une hotte d’aspiration dans le cas des bacs de trempage, permet d’absorber la majeure partie des vapeurs de désinfectant émise à la surface du liquide lors de la préparation de la solution et lors de l’ouverture du bac.
        Le matériel doit éviter notamment la formation d’étincelles. Les hottes ou plafonds filtrants et autres composants aérauliques comme les ventilateurs, les conduits entre autres doivent être accessibles et faciles d’entretien et de nettoyage. En particulier, les réseaux s’encrassent rapidement avec des filtres hors d’usage, une évacuation des condensats obstruée...

      • Ventilation générale : la ventilation mécanique générale, extracteur d’air pour l’aspiration des vapeurs de solvants, doit assurer un renouvellement d'air en permanence afin de limiter les risques pour la santé, en évitant l’accumulation de vapeurs nocives et explosives, par extraction et soufflage : l'air est transporté dans le local par un ventilateur de soufflage et extrait du local par un ventilateur d'évacuation. L’extraction de l'air se fait grâce à un système de collecte par ces ventilateurs et des gaines de diffusion, réseau de conduits jusqu'aux filtres et aux épurateurs dans l'installation d'air soufflé qui permettent de nettoyer l'air, puis de l’évacuer à l'extérieur par rejet dans l'atmosphère. La ventilation générale des ateliers doit être déterminée en fonction des aspirations locales pour ne pas perturber l’efficacité des captages à la source.

      • Une surveillance régulière de l'atmosphère, pour vérifier l'efficacité des mesures d'aspiration par dosages atmosphériques. Ces analyses métrologiques sont confiées à des spécialistes de la sécurité au travail (hygiéniste, ingénieur sécurité). Les rapports d’analyses, d’intervention et de maintenance seront intégrés à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise (Document Unique de Sécurité).

      • En particulier, des détecteurs fixes de gaz chlore doivent être mis en place dans les zones présentant le plus grand risque en cas de fuite, de dégagement ou d'accumulation importante de gaz, pour déclencher une alarme, visuelle et/ou sonore et également dans certains cas pour générer une action, comme l'arrêt d'un procédé, la fermeture d'une vanne. Une visite doit être effectuée, au moins tous les trois ans, par un organisme agréé. Au cours de cette visite, l'organisme doit mesurer la teneur en dioxyde de chlore des rejets gazeux venant du réacteur et/ou des unités de stockage.

      • Etant donné la toxicité de l'ozone gazeux, les locaux ou les générateurs d'ozone eux-mêmes doivent être équipés d’un analyseur d'ozone gazeux (ozonemètre) qui arrête la fabrication d'ozone lorsque la valeur seuil d'ozone dans l'air ambiant est dépassée.
  • La prévention des incendies
    - Système de détection incendie pour la détection précoce du feu et l’activation des alarmes et du système de mise en sécurité incendie actionnant les portes coupe feu pour compartimentage, le désenfumage mécanique, la signalisation des issues, l’extinction automatique et la mise à l’arrêt de certaines installations techniques.
    - Des extincteurs doivent être disponibles en nombre suffisant et vérifiés annuellement.
    - Des exercices réguliers d’évacuation du personnel.
    - Interdiction absolue de fumer.

  • Le respect des règles d’hygiène et de sécurité
    Des lavabos, postes de rinçage oculaire et des douches de sécurité doivent se trouver à proximité des postes de travail. Celles-ci permettent les mesures d'hygiène générale : lavage des mains fréquent avec lave-mains à commande non manuelle (au genou, au coude, électronique), douche en fin de poste... En effet, le respect des règles d’hygiène s’étend aux comportements individuels : ne pas avoir les mains sales afin de ne pas ingérer par inadvertance un produit toxique et ne pas manger sur le lieu de travail.
    Le contact répété des bactéricides avec la peau entraînant un dessèchement cutané prédisposant aux dermatoses : dans le cas de l’utilisation intensive des gels hydro-alcooliques pour la désinfection des mains, il est utile de restaurer la barrière cutanée par l’utilisation de crèmes hydratantes pour les mains en fin de poste.
    Le personnel doit avoir à sa disposition des vestiaires et des sanitaires correctement équipés et en nombre suffisant. Des vestiaires doubles doivent être mis à la disposition des travailleurs : l’entreposage des tenues de travail doit avoir lieu à l’abri de la poussière et des souillures (le rangement des tenues de ville et des tenues de travail doit être séparé).
    Les consignes en cas d'accident (n° d'appel d'urgence, conduite à tenir, identification des services de secours) doivent être visiblement affichées.
    Une trousse contenant le matériel de premiers secours non périmé doit être mise à la disposition du personnel, toute blessure cutanée doit immédiatement être désinfectée et pansée. Une projection importante oculaire de certains bactéricides est une urgence ophtalmologique.

  • La prévention individuelle

    La mise en place d’une protection individuelle est nécessaire car les mesures d’élimination ou de réduction des risques par la prévention collective sont insuffisantes dans les opérations d’entretien, de nettoyage ou de désinfection, puisque la manipulation et le contact avec les produits restent indispensables.
    C’est ainsi que le port d’équipements de protection individuels (EPI) s’impose car les risques ne pourront être évités ou suffisamment limités par des moyens techniques de protection collective.
    Ces équipements sont utilisés pour réduire le plus possible l'exposition aux agents chimiques nocifs des bactéricides.

    - Le port de gants
    Il y a de nombreuses possibilités de contact avec la main lors des transvasements ou de dilution ou d’application, et il s’avère indispensable de porter des gants de protection adaptés à la tâche effectuée et au produit manipulé.
    Des gants adaptés, à longues manchettes, pour éviter la pénétration des produits à l’intérieur, en vinyle, nitrile, butyle ou polyéthylène, sont préférables au latex, responsables d’allergies et de trop faible épaisseur. Le nitrile est le matériau recommandé pour le contact avec l’acide peracétique.
    Le port des gants est obligatoire lorsque l’étiquetage du produit à manipuler comporte les phrases de risque R27 (très toxique par contact avec la peau), R24 (toxique par contact avec la peau), R21 (nocif par contact avec la peau), R34 (provoque des brûlures) et R35 (provoque de graves brûlures).

    - Des vêtements protecteurs
    Une tenue vestimentaire adéquate (blouses de protection, à manches longues et résistant à l'humidité) assure la protection des membres supérieurs et inférieurs : en effet, la manipulation des solutions désinfectantes implique des risques d’éclaboussure.
    Un tablier imperméable est également conseillé pour la manipulation de substances caustiques.

    - Le port de protection oculaire
    Pour éviter une irritation de la conjonctive et protéger des éclaboussures, le port de lunettes de protection ou, dans les cas extrêmes, d’une visière qui protège en plus les autres parties du visage, est nécessaire dans les opérations de désinfection des instruments médicaux et de manipulation de grandes quantités de solutions désinfectantes.

    - Le port de protection respiratoire
    En cas d’urgence (fuites ou déversements importants, particulièrement en milieu confiné), pour des travaux exceptionnels de courte durée dans des atmosphères polluées par des vapeurs de désinfectants dans le cas de pulvérisation d’aérosols ou spray désinfectants dans des zones à hauts risques de bio-contamination, il est nécessaire de porter un appareil de protection respiratoire : masque à cartouche avec un filtre adapté produit, de type FFP3 pour les personnels fortement exposés au risque d’inhalation d’aérosols sur une courte durée.
    Types de filtre pour appareil de protection respiratoire :
    Glutaraldéhyde : A1P1 ou A2P2
    Acide peracétique : B1P1 ou B2P2
    Peroxyde d’hydrogène : B1P1 (ou NOP3)
    Formaldéhyde : B1 ou B2 si vapeurs + P3 si aérosols
    Ozone : NOP3

    - La surveillance médicale
    La détection au plus tôt des irritations cutanées et l'intervention du médecin du travail permet l'identification des travailleurs prédisposés aux allergies professionnelles et le retirement de l'exposition afin de prévenir une maladie chronique due aux contacts des bactéricides.
    En cas d'une allergie aux bactéricides, établie et invalidante (asthme notamment), le changement de poste pour une éviction totale de l'allergène concerné peut être demandé par le médecin du travail, qui, conformément à l'article L241-10-1 du Code du Travail, est habilité à proposer des mesures individuelles telles que mutations ou transformations de postes, justifiées par des considérations relatives à l'état de santé physique des travailleurs qui ne correspondent plus au travail exigé.

  • La formation et l’information du personnel
    La formation, par un organisme agréé, sur les dangers des produits utilisés et sur les moyens de se protéger, est indispensable : par exemple, comprendre les étiquettes du contenant des produits, connaître l’attitude à adopter en cas de fuite ou de déversement accidentel, savoir utiliser les E.P.I adéquats, formation aux premiers secours et incendie...


Novembre 2014