La prévention et le contrôle de l’empoussièrement


L'inhalation de poussières dans des ateliers, des chantiers pose un réel problème sanitaire. Par exemple, les poussières de bois sont à l'origine du deuxième cas de cancer professionnel reconnu en France, juste après l'amiante. En matière de prévention, les équipements de dépoussiérage, qui consistent à installer des capteurs de poussières à la sortie des appareils, sont à la base d’une protection collective efficace.


L'inhalation de poussières dans des ateliers, des chantiers pose un réel problème sanitaire. Par exemple, les poussières de bois sont à l'origine du deuxième cas de cancer professionnel reconnu en France, juste après l'amiante. En matière de prévention, les équipements de dépoussiérage, qui consistent à installer des capteurs de poussières à la sortie des appareils, sont à la base d’une protection collective efficace. À défaut de pouvoir le faire quand on se trouve sur un chantier ou que le travailleur utilise une machine mobile, il est essentiel de bien aérer et ventiler la pièce dans laquelle on travaille et porter un masque respiratoire. La protection collective est primordiale et le port d’une protection individuelle comme le masque est une solution de pis-aller car celui-ci peut être porté de manière inefficace ou seulement de temps en temps du fait de leur inconfort ou devenir rapidement défectueux.


Les situations à risques

La poussière est constituée de particules solides en suspension dans l’air. Ces particules sont soit minérales, soit organiques (végétales ou animales) et peuvent contenir aussi des substances toxiques microbiennes ou fongiques, selon leur provenance.

Les travaux en des lieux où règne une grande quantité de poussières en suspension sont très fréquents :

  • Les industries minières : travaux d’extraction ou de broyage de minéraux (roche, silice, charbon …).
  • Les industries du bois : travaux de ponçage, perçage, rabotage, sciage …
  • Les industries métallurgiques : travaux de soudure, de meulage, de fraisage …
  • Les industries agro-alimentaires : manipulation du grain, de farine …
  • Les soins aux animaux : oiseleurs, toiletteurs pour chiens et chats, fourreurs …
  • Les travaux agricoles : manipulation du foin, de la palle, du compost …


Les principaux risques

. Lorsque des particules de poussière irritantes se logent dans le nez, elles peuvent causer une rhinite allergique ou une inflammation de la muqueuse nasale.

. Certaines particules très fines réussissent à traverser la cavité nasale et à s'attaquer à la trachée et aux poumons, ou elles engendrent une inflammation des muqueuses de la trachée (trachéite) ou des bronches (bronchite). Les poumons sont constamment exposés aux risques liés à la poussière respirée et l'inhalation excessive de poussière peut causer une pneumopathie (sidérose pour les poussières de fer …). La quantité de poussière et les types de particules en cause influent sur la gravité des lésions pulmonaires : la formation d'un tissu fibreux ou cicatriciel peut porter atteinte à la fonction pulmonaire et donne lieu à une affection appelée fibrose (silicose pour les poussières de silice …).

. Des antigènes inhalés, très souvent liés à une dégradation de la matière avec développement de bactéries et de champignons, peuvent entraîner une alvéolite allergique (alvéolite des boues d'épuration, maladie des poumons des fromagers, maladie des poumons de fermier …).

. Pour les travailleurs qui passent de longues heures dans des locaux empoussiérés par les particules de bois, souvent contenant du formaldéhyde dans les industries d’ameublement, les risques de cancer des sinus de la face ont été longtemps sous-estimés. De même, plusieurs études ont mis en évidence une forte association entre exposition professionnelle aux poussières de cuir et risque de cancer naso-sinusien. Quant à l’amiante, lorsque ses fibres en suspension dans l'air sont inhalées, l'amiante peut se déposer dans le tissu pulmonaire et l'enveloppe du poumon et à long terme, peut provoquer des inflammations (asbestose) ou le cancer du poumon ou de la plèvre.

LA PROTECTION COLLECTIVE

. Les installations de dépoussiérage sont conçues pour assurer une protection collective comme l’aspiration des poussières et copeaux des machines des ateliers bois, l’aspiration des particules de meulage pour les ateliers fer, l’aspiration pour les ateliers soudure, … Elles reposent sur une extraction de l'air chargée de poussière avec un système de collecte par des ventilateurs, avant son rejet à l'atmosphère.

Dans le cas d'une installation fonctionnant avec un rejet permanent de l'air dépoussiéré à l'extérieur, elle est dotée d’un système d'introduction d'air neuf destiné à compenser les volumes d'air extraits par l'installation d'aspiration. La compensation peut être naturelle par des ouvertures existantes ou spécialement aménagées à cet effet dans des zones éloignées des postes de travail (cas généralement des petites installations).Dans les cas de moyennes ou grandes installations, la compensation doit être réalisée par une introduction mécanique au moyen d'un ventilateur raccordé à une gaine de diffusion.

Pour les machines portatives, il convient de généraliser le captage localisé des poussières à la source en utilisant par exemple un outillage muni d’un système d’aspiration intégré et s'organiser pour isoler les matériels et postes de travail qui ne pourraient être raccordés au réseau d'aspiration.

L’extraction par le captage à la source doit être réalisée avec un matériel adapté évitant notamment la formation d’étincelles.

Il est important de choisir des ventilateurs de dimensions et de type appropriés afin d'assurer l'efficacité du système de dépoussiérage. Ils doivent permettre d'obtenir une vitesse de déplacement de l'air suffisante pour capter les poussières, les aspirer et les transporter dans le réseau de conduits jusqu'aux filtres et aux épurateurs qui nettoient l'air, puis l'évacuent à l'extérieur.
Les vitesses de l'air dans les canalisations doivent être choisies pour chaque installation en fonction de la nature et des propriétés des poussières. La vitesse de transport est un facteur essentiel pour les réseaux d'évacuation d’air contenant des poussières : elle doit être supérieure à une valeur minimale de façon à éviter une sédimentation des poussières et un bouchage des canalisations. Elle est d'autant plus grande que les particules sont de masse volumique et de dimensions élevées.
Les équipements de dépoussiérage peuvent améliorer la productivité si la technique utilisée permet de récupérer et de recycler des matières premières, au moyen d’un dépoussiéreur qui sépare les particules solides du courant d’air dans lequel elles sont en suspension.
Pour prévenir un risque de pollution de l'atelier et les conséquences d'un incendie ou d'une explosion, il faut placer le dépoussiéreur à l'extérieur ou dans un local adapté.

Le respect de l'équilibrage des réseaux et une maintenance rigoureuse (vérification des filtres avec nettoyage ou changement par exemple) sont indispensables au bon fonctionnement de ces installations.

. Des mesures complémentaires d’hygiène des locaux doivent être mises en œuvre tel le nettoyage régulier du sol et des parois de l’atelier à l’aide d’un aspirateur (pas de soufflette ni de balai qui dispersent les poussières dans l’air).

. La vérification des installations de dépoussiérage est obligatoire depuis le 7 mars 2008 (décret n° 2008-244) , afin de vérifier le respect de la Valeur Limite d'Exposition Professionnelle (VME) fixée à 1 mg/m3. Les contrôles techniques destinés à vérifier le respect des valeurs limites sont réalisés au moins une fois par an par un organisme agréé qui réalise des mesures particulaires définissant la classe d'empoussièrement, les conditions aérauliques de l'enceinte (vitesse, température, hygrométrie, taux de renouvellement) et l'efficacité des moyens filtrants.

L’ Article R. 4412-76 stipule que les prélèvements sont faits sur des postes de travail en situation significative de l'exposition habituelle. La stratégie de prélèvement est établie par l'employeur, après avis de l'organisme agréé, du médecin du travail, du comité d'hygiène et de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, des délégués du personnel.

Le chef d’établissement doit établir et tenir à jour un dossier de l’installation. Ce dossier permet le suivi et le contrôle régulier de l’installation.

Il faut établir en collaboration avec le Médecin du Travail, une fiche individuelle d’exposition par salarié et tenir à jour une liste du personnel exposé.


LA PROTECTION INDIVIDUELLE

Le port d’équipements de protection des voies respiratoires ne doit être qu’un complément des mesures de protections collectives ou pour pallier une situation exceptionnelle pour laquelle il n’est pas possible de mettre en œuvre des mesures de protection collective.
Il convient alors de porter un appareil de protection respiratoire de type FFP3 pour les activités les plus génératrices de poussières comme le ponçage ou un masque jetable FFP2 pour les activités occasionnelles.




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