La prévention des troubles visuels du travail.


Les troubles visuels concernent de très nombreux salariés,
et se traduisent par de la fatigue visuelle, des troubles de l’attention
et de la concentration favorisant la survenue d’accidents du travail, occasionnés par une perception visuelle dégradée de l'environnement...


Les troubles visuels concernent de très nombreux salariés, et se traduisent par de la fatigue visuelle (larmoiements, vision altérée, picotements et rougeurs oculaires…), provoquant aussi des douleurs cervicales, maux de tête, des troubles de l’attention et de la concentration favorisant la survenue d’accidents du travail, occasionnés par une perception visuelle dégradée de l'environnement.

La vision est un des sens de plus en plus sollicité dans les activités professionnelles actuelles : les travaux minutieux, sous lumière artificielle permanente et l’omniprésence du travail sur écran,  ne provoquent pas de pathologies oculaires irréversibles, mais révèlent parfois celles passées inaperçues, car la majorité de la population présente des défauts de la vue qui nécessitent une correction de la vue.

La prévention des troubles visuels passent par des exigences de confort de l'éclairage en milieu de travail, une attention particulière sur l’ergonomie du poste de travail, une organisation du travail adaptée aux contraintes visuelles, et le dépistage des anomalies ophtalmologiques.

Les situations de travail à risques visuels

  • Dans les industries où sont effectuées des tâches minutieuses : mécanique fine et de précision, la couture, les travaux de bijouterie et d'horlogerie…ainsi que les secteurs de montage de circuits électriques ou électroniques.
  • Dans certains secteurs ou la criticité de la précision du travail effectué est une obligation impérative : soins chirurgicaux et infirmiers…
  • Dans le cas ou l’on travaille sur des objets émettant de la lumière : écrans de visualisation, lampes spéciales pour les travaux d’imprimerie, dans des procédés de fabrication de peintures, de matières plastiques, de résines ...
  • Pour les travailleurs dans l’obscurité : égoutiers, mineurs de fond, ateliers de développement photographique, travailleurs de nuit …
  • Dan le cas du travail en éclairage artificiel permanent qui induit une perte des repères temporels et spatiaux.

Les principaux risques visuels du travail

Au delà de l’inconfort visuel facilement perceptible, des conditions défavorables de vision entraînent des conséquences sous-estimées sur les risques encourus par la perte de concentration, la perturbation psychologique entrainant multiplication des erreurs, baisse de qualité dans l’exécution des taches, qui sont responsables de nombreux accidents du travail.

Un niveau de confort visuel insatisfaisant au poste de travail génère également des douleurs articulaires (dos, cou, …) liées à des positions anormales par adoption de mauvaises postures de travail.

  • La fatigue oculaire

Le travail minutieux, de lecture ou sur écran sollicite fortement la vision : le mécanisme d'accommodation, assuré par le cristallin et les muscles des yeux, permet le réglage de la mise au point de l’image sur la rétine, la convergence permet la fusion des deux images rétiniennes grâce à la contraction de muscles situés autour de l'œil, l'adaptation assure l'ajustement selon les conditions de lumière par variation du diamètre de la pupille…

L’œil n’est pas adapté pour une accommodation permanente et ces muscles se fatiguent après des efforts prolongés. De plus, de nombreux et très fréquents défauts de l'œil (myopie, hypermétropie, astigmatisme, troubles de la convergence, presbytie) rendent l'effort oculaire plus important pour un résultat médiocre lorsqu’ils sont mal ou pas corrigés.

Par exemple, l‘hypermétrope voit flou de près et cette image floue est corrigée par un effort supplémentaire d‘accommodation.

Par ailleurs, la fatigue visuelle sera d'autant plus intense que le poste est peu ergonomique.

Des variations fréquentes de l'intensité de la lumière et des contrastes entraînent également une saturation ressentie comme une fatigue visuelle.

Cette fatigue des muscles oculaires se traduit par une vue de plus en plus trouble au fur et à mesure de l'effort, des picotements et rougeurs oculaires, des larmoiements, des clignements intempestifs des paupières, des maux de tête…

  • Les troubles musculo-squelettiques induits

Les troubles visuels conduisent souvent à l’adoption de mauvaises postures de travail générant des contraintes musculo-squelettiques qui aboutissent à des douleurs cervicales et dorsales. Les travailleurs ne sont pas forcément conscients que des conditions de visibilité médiocres peuvent générer des troubles musculaires et tendineux dus aux positions inconfortables qu’ils sont obligés d’adopter pour tenter d’améliorer leur vision du travail à effectuer, pour discerner les détails, se protéger des éblouissements…

  • Les troubles psychologiques induits

L’inconfort visuel génère des troubles de l’attention et de la concentration, une perturbation de l'humeur, du fait de la perception visuelle dégradée de l'environnement et de la fatigue psychique pour acquérir, comprendre et analyser ces perceptions.
Tout cela a un impact sur la qualité de leur travail et la probabilité des risques encourus (chutes, erreurs de manipulation…).

Les mesures de prévention des risques visuels du travail

  • Un bon éclairage des locaux de travail

Un mauvais éclairage par son excès, son insuffisance, sa mauvaise répartition est un des premiers facteurs de gène et de fatigue visuelle au travail.

Or, le travail s'effectue encore trop souvent dans des conditions approximatives d'éclairage, sans véritable réflexion préalable à l'aménagement lumineux.

Un bon éclairage des locaux combine une efficacité lumineuse élevée, une durée de vie importante et un rendu des couleurs correct.
L’éclairage des locaux de travail est soumis à de nombreuses réglementations et recommandations, imposant des valeurs limites indispensables à respecter ainsi que des méthodes, les dispositions des luminaires et des valeurs d’éclairement adaptés aux différentes tâches du travailleur afin d’organiser l’ergonomie des lieux de travail lors de la conception ou la réhabilitation des locaux de travail. Les obligations de l’employeur, du maître d’œuvre et du maître d’ouvrage y sont définies de manière précise.
Il existe des recommandations de l'Association Française de l'Éclairage (AFE) et les normes AFNOR X 35-103 et EN 12665.
Les articles R4223- 3 à 10 du Code du travail précisent les conditions d’éclairage à respecter par l’employeur.

D’un point de vue réglementaire, il faut veiller :

- au respect des valeurs minimales d’éclairement,
- au rapport entre le niveau général et celui de la zone de travail,
- à la qualité du rendu des couleurs.

Un éclairage bien adapté au poste de travail doit :

- Permettre de discerner les détails fins à une distance de 30 cm de l'œil,
- Eviter l'éblouissement, direct ou réfléchi (par exemple sur les écrans),
- Ne pas créer de contraste important entre zones trop et trop peu éclairées,
- Eviter les effets d'ombre sur la zone de travail.

Dans les industries où sont effectuées des tâches de précision, ainsi que les secteurs de l'électronique, des renforts d'éclairage sur les postes de travail sont installés. Certains secteurs industriels (chimique notamment) nécessitent l'emploi d'appareils protégés. Les industries où le rendu des couleurs est important (imprimerie) nécessitent l'emploi de lampes adaptées.
Dans l'éclairage des bureaux, il faut éviter les effets d'éblouissement et de zone sombre.
On y parvient, dans les locaux professionnels comme les bureaux de dessin, en créant des plafonds translucides lumineux, ou en multipliant les tubes fluorescents sur un plafond classique. Les lampes fluorescentes permettent, bien disposées, une excellente uniformité d'éclairement. L'éclairage de bureau est souvent complété par des lampes d'appoint pour répondre au besoin de personnaliser la quantité et/ou la qualité de l’éclairage sur chaque poste de travail.
Dans l’éclairage des salles d’opération, de certaines salles d’examens et de soins, ainsi que les salles de soins des cabinets dentaires et des prothésistes dentaires, on utilise des appareils d’éclairage adaptés (forts niveaux d’éclairements, contrôle des luminances, spectre des températures de couleur, bon Indice de Rendu des Couleurs, etc.)

  • Les mesures organisationnelles

Il faut prévenir la fatigue visuelle par l'analyse :

- Des ambiances lumineuses du poste de travail,
- Du travail visuel effectué,
- Des temps de pause,
- Des capacités visuelles de chaque employé.

Des temps d'adaptation et de récupération, qui dépendent de l’intensité de l’effort visuel requis, sont indispensables pour éviter la fatigue visuelle.
Une pause visuelle régulière, qui a pour but de faire cesser les efforts d’accommodation, peut être mise à profit par des exercices oculaires, dont regarder au loin fixement un objet, regarder plusieurs fois au loin successivement à droite, à gauche et de haut en bas.

  • Le dépistage des défauts visuels par la médecine du travail

Evaluer médicalement la qualité de la vision du salarié est indispensable pour prévenir les troubles visuels, particulièrement pour les postes de travail  à haute sollicitation visuelle.

La visite médicale est l’occasion de faire le point sur la fatigue ovulaire ressentie, d’effectuer un bilan de la fonction visuelle (acuité de loin et de près, champ visuel, vision crépusculaire, vision des couleurs selon les postes).

L’examen de l’acuité visuelle de loin et du champ visuel est nécessaire pour dépister les myopies chez les salariés conduisant un véhicule (chauffeurs poids lourds ou d’autocars…) ou un engin (grues, chariots automoteurs, ...).

L’examen de l’acuité visuelle de près permet de dépister les presbyties, hypermétropies, astigmatismes, générant des troubles pour les travaux à forte charge visuelle comme le  travail sur écran, sous loupe binoculaire ou sous microscope, travaux de précision ....

Le médecin du travail indique alors au salarié s’il doit consulter un ophtalmologue afin de faire corriger sa vue et/ou entreprendre une rééducation chez un orthoptiste.

  • OFFICIEL PREVENTION : Santé - Hygiène - Médecine du travail (SST) >
    Eclairage des locaux : La règlementation en matière d'éclairage

Avril 2011



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